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Lubero : 45 maisons incendiées à Maikengu après une attaque attribuée aux ADF, des familles fuient

Lubero : 45 maisons incendiées à Maikengu après une attaque attribuée aux ADF, des familles fuient
Abris de personnes déplacées à Masisi, au Nord-Kivu, en 2012. Photo réelle d’archive, elle ne montre ni Maikengu ni Kambau après l’attaque du 3 novembre 2026. Steven van Damme pour Oxfam East Africa, Wikimedia Commons, licence CC BY 2.0.
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Des centaines de familles ont quitté les villages de Maikengu et Kambau, dans le secteur de Bapere, territoire de Lubero, après une attaque attribuée à des combattants présumés des Forces démocratiques alliées (ADF), mardi 3 novembre, dans le groupement Bapakombe. Selon un bilan provisoire publié par Radio Moto, 45 maisons d’habitation, des commerces et trois motos ont été incendiés à Maikengu.

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Le chef du secteur de Bapere, Kombi Nepa Nepa, a confirmé l’attaque à Radio Okapi. Selon lui, les assaillants ont frappé Maikengu tôt le matin avant de se diriger vers Babusua, et les militaires déployés dans la zone sont intervenus pour les repousser. Actualite.cd rapporte de son côté que l’armée a commencé à déployer des éléments dans le secteur dans la matinée.

D’après la société civile citée par Radio Okapi, des habitations, des boutiques et des pharmacies ont été incendiées, et une grande quantité de médicaments aurait été emportée. Le fonctionnaire délégué de l’État à Nziapanda, cité par Actualite.cd, affirme que les assaillants, accompagnés de femmes et d’enfants, ont pillé puis brûlé des maisons et des commerces.

Un bilan humain encore incertain

Les informations divergent sur les victimes. Radio Okapi indique qu’aucune perte en vie humaine n’avait été signalée par les autorités locales, et Radio Moto rapporte qu’aucun décès n’avait été notifié jusqu’au soir du mardi. Le site Reporter.cd cite en revanche le président de la société civile du secteur de Bapere, Samuel Kaeni, selon qui plusieurs civils ont été tués, sans nombre précis. Deux notables interrogés par Actualite.cd estimaient pour leur part que le bilan humain pourrait être moins lourd que lors de l’attaque de juin 2024 contre le même village, qui avait fait 42 morts.

Aucun bilan officiel consolidé n’avait été publié au moment de la rédaction. Les FARDC et l’administration du territoire n’avaient pas communiqué de chiffres sur d’éventuelles victimes.

Des déplacés vers Njiapanda

Selon Paluku Seba Soucis, président de la société civile du groupement Bapakombe, cité par Radio Moto, les habitants de Kambau, Pawanja et Liboyo se sont déplacés en masse vers Njiapanda, une grande agglomération de la chefferie des Baswagha. Des familles qui campaient dans les champs autour de Kambau, où elles récoltaient le riz et préparaient la saison des haricots, ont elles aussi fui. Le nombre exact de déplacés n’a pas été communiqué.

Un soignant basé à Kambau a signalé à Actualite.cd l’arrivée de personnes venues de Maikengu. La perte de pharmacies et de stocks de médicaments risque de compliquer la prise en charge des malades dans une zone où les centres de santé sont éloignés les uns des autres.

Le retour des ADF à Bapere

Radio Okapi présente cette incursion comme la troisième attaque attribuée aux ADF en deux semaines dans le secteur. Selon Actualite.cd, les ADF reviennent ainsi à Bapere environ huit mois après leur retrait, consécutif à une opération militaire menée en mars. Le média rappelle qu’un rapport de l’organisation américaine The Sentry accuse le groupe d’exploiter l’or de la zone.

La société civile appelle les autorités militaires et les Wazalendo à sécuriser les villages et redoute de nouvelles attaques contre Maikengu et les localités voisines. La situation économique du Grand Nord est déjà fragile : à Butembo, les commerçants ont récemment fermé leurs activités pour contester la multiplication des taxes. De nouveaux déplacements peuvent encore perturber les récoltes, l’approvisionnement et les échanges entre Lubero, Butembo et les zones rurales.

Dans les prochains jours, l’enjeu sera d’établir un bilan vérifié des victimes et des dégâts, de recenser les familles déplacées et d’évaluer leurs besoins. Pour les habitants, le retour dépendra de la sécurisation durable des villages et de la possibilité de reprendre les travaux agricoles sans craindre une nouvelle incursion.

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