La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a présidé le mardi 27 octobre 2026 le lancement des travaux de la centrale hydroélectrique de Mbombo, à Tshibambula, à une quinzaine de kilomètres de Kananga. Une première enveloppe de 30 millions de dollars a été réunie par l’intermédiaire du Fonds de promotion de l’industrie (FPI) pour faire démarrer ce chantier destiné à améliorer l’accès à l’électricité dans le chef-lieu du Kasaï-Central.
Selon Actualite.cd, la centrale, construite sur la rivière Lulua, doit avoir une capacité de 20 mégawatts. Ce chiffre correspond à la puissance prévue et non à une production déjà disponible sur le réseau. Lors de la cérémonie, la Première ministre a lancé : « Mbombo a porté robe et va devoir devenir une réalité. »
Un montage entre le FPI et l’ANSER
Le projet repose sur un partenariat entre le FPI et l’Agence nationale de l’électrification et des services énergétiques en milieux rural et périurbain (ANSER). D’après Mediacongo, les deux institutions ont signé un contrat le 17 juillet 2026 à Kinshasa, qui prévoit la création de la société Hydro Mbombo SAS, chargée de gérer la future centrale. L’ANSER assure la maîtrise d’ouvrage et a financé les études de faisabilité.
Le coût global du projet varie selon les sources : Actualite.cd évoque tour à tour une enveloppe de 120 millions de dollars à mobiliser par le FPI et l’ANSER, et un coût estimé à 130 millions de dollars. Les 30 millions déjà réunis ne couvrent donc qu’environ un quart du besoin. Le média cite aussi l’entreprise Angélique International Limited pour les travaux de construction et un accord bancaire avec Citibank pour compléter le financement. Le ministre Justin Kalumba Mwana-Ngongo doit, de son côté, poursuivre la recherche d’autres partenaires financiers.
Des délais à surveiller
Selon le gouvernement provincial, cité par Actualite.cd, la population pourrait bénéficier de l’électricité environ dix-huit mois après le lancement des travaux. En juillet, le directeur général du FPI, Hervé Claude Batukonke, évoquait plutôt un premier mégawatt produit dans un délai de deux ans si le calendrier était respecté. Le projet a déjà connu des retards liés au financement et aux études techniques.
La centrale est présentée comme une solution de court terme pour Kananga, en attendant le barrage de Katende. D’après Mediacongo, le taux d’électrification de Kananga et de sa périphérie reste inférieur à un pour cent. Le projet comprend, outre le barrage, une base-vie, des routes d’accès et un réseau d’évacuation de l’énergie vers la ville, avec des lignes de transport, des postes électriques et des stations de distribution.
Une ville aux besoins croissants
Kananga fait face à des contraintes d’infrastructures qui touchent plusieurs secteurs. NZADI News a récemment décrit les difficultés liées aux déchets et aux caniveaux obstrués dans la ville. L’électricité peut soutenir les services de pompage, les ateliers, les commerces et les équipements publics, mais elle ne remplace pas la gestion urbaine.
Les liaisons routières comptent aussi pour acheminer le matériel lourd. La mise en service du pont Kaluebo sur l’axe Tshikapa-Kananga améliore un passage important, même si l’accès au site de Mbombo exige ses propres voies logistiques.
Pour les habitants, le principal indicateur restera la disponibilité réelle du courant. La mobilisation du solde du financement, l’avancement physique du chantier, la prise en compte des effets sur la rivière et les communautés riveraines, ainsi que la date effective de mise en service, permettront de mesurer si l’engagement pris à Tshibambula se concrétise.
À lire également
- Kananga : les déchets bouchent les caniveaux pendant que le recyclage cherche son échelle
- RN1 : le pont Kaluebo sécurise le passage entre le Kasaï et le Kasaï-Central
Views: 0
