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Walikale : 71 militaires des FARDC désormais jugés pour révolte et meurtre

Walikale : 71 militaires des FARDC désormais jugés pour révolte et meurtre
Photo d’archive. Cette image ne montre pas le procès des militaires à Walikale. Elle a été prise à Walikale le 28 novembre 2011, lors des élections présidentielle et législatives en RDC. Photo : MONUSCO/Sylvain Liechti, Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 2.0.
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Le nombre de militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) poursuivis devant le tribunal militaire de garnison de Goma, qui siège en audience foraine à Walikale (Nord-Kivu), est passé à 71. Selon Radio Okapi, le procès, ouvert le 26 octobre, s’est poursuivi le mardi 3 novembre au stade de l’instruction juridictionnelle. Tous les prévenus appartiennent au 3415e régiment d’infanterie et répondent notamment de révolte militaire, d’abandon de poste et de dissipation de munitions de guerre.

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Un dossier qui s’est élargi en une semaine

Au départ, la procédure, menée en flagrance, visait 54 militaires. D’après Radio Okapi, ils étaient poursuivis pour révolte militaire, dissipation de munitions de guerre, violation de consignes, refus d’obéissance et meurtre. Lors de l’audience d’ouverture, le tribunal avait procédé à l’identification des prévenus, et des sources militaires avaient insisté sur la gravité particulière de ces infractions en temps de guerre.

Le dossier s’est ensuite élargi. Le capitaine Mwinyi Justin, officier chargé du renseignement (S2) du même régiment, a été ajouté à la liste des prévenus pour non-dénonciation d’infraction. Le 2 novembre, seize autres militaires ont à leur tour été déférés devant la juridiction, ce qui porte le total à 71 personnes poursuivies.

Des tirs entre militaires à la frontière de Masisi

Les faits remontent à la deuxième quinzaine d’octobre, dans le groupement Waloa Loanda, une zone du territoire de Walikale qui touche celui de Masisi et où l’armée combat la rébellion. Le 20 octobre, à Ntoto, un groupe de militaires venus du front a voulu traverser la localité. Selon le chef de groupement cité par Actualite.cd, des éléments de la police militaire ont tenté de les arrêter, ce qui a provoqué une confrontation puis un échange de tirs. D’après Radio Okapi, les militaires interpellés cherchaient à quitter la zone de combat sans autorisation.

Le premier bilan communiqué faisait état de deux morts, un militaire et un civil, et de deux blessés, eux aussi un militaire et un civil, évacués vers le centre de santé local. Le porte-parole de la 34e région militaire, le major Dieudonné Kasereka, avait alors confirmé l’incident, assuré que la situation était sous contrôle et annoncé des mesures contre les militaires impliqués. Dans son compte rendu du 3 novembre, Radio Okapi évoque désormais des fusillades survenues les 16 et 20 octobre à Ngora, dans le même groupement, et un bilan de deux militaires et un civil tués. Les identités des victimes n’ont pas été rendues publiques.

Un régiment déjà condamné en septembre

Ce n’est pas la première fois que le 3415e régiment se retrouve devant la justice militaire. Le 1er septembre dernier, le même tribunal, également en audience foraine à Walikale, avait condamné dix de ses militaires pour la mort de leur commandant de compagnie, le capitaine Musanga Bebeto, tué le 30 octobre 2025 à Lukole, dans le territoire de Masisi, lors d’opérations contre l’AFC/M23. Selon Radio Okapi, deux d’entre eux avaient été condamnés à mort, trois à dix ans de servitude pénale principale et cinq à dix mois, avec de larges circonstances atténuantes. Quatre condamnés devaient en outre verser solidairement 50 000 dollars américains à la partie civile.

Cette répétition des affaires au sein d’une même unité illustre les difficultés de discipline que rencontre l’armée sur certains fronts du Nord-Kivu, où les troupes sont engagées depuis de longs mois face aux groupes rebelles. Les autorités militaires multiplient les audiences foraines, organisées au plus près des lieux des faits, pour juger rapidement les cas d’abandon de poste ou de violences commises par des soldats.

Ce procès se tient dans un contexte sécuritaire toujours tendu dans la province, marqué notamment par la reprise de Kazinga signalée par des sources locales dans le Masisi et par l’attaque attribuée aux ADF à Maikengu, dans le territoire de Lubero.

Un verdict attendu dans les prochains jours

Lors de l’ouverture du procès, le verdict était annoncé pour le début du mois de novembre. L’arrivée de seize nouveaux prévenus et la mise en cause d’un officier pourraient toutefois allonger l’instruction. Les débats devront notamment établir les responsabilités individuelles dans les tirs mortels, que les premières informations ne permettaient pas de préciser. Pour les familles des victimes, et en particulier celle du civil tué, l’issue de ce procès sera aussi un test de la capacité de la justice militaire à sanctionner les violences commises par des soldats contre la population et contre leurs propres frères d’armes.

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