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Haut-Katanga et Lualaba : Justicia Asbl dénonce 5 000 militaires et policiers sur les sites miniers

Haut-Katanga et Lualaba : Justicia Asbl dénonce 5 000 militaires et policiers sur les sites miniers
Photo d’archive. Cette image ne montre pas les sites miniers cités par Justicia Asbl. Échantillon de métatorbernite, un minéral provenant de la mine de Musonoi, à Kolwezi (Lualaba). Photo : Robert M. Lavinsky, Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 3.0.
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L’ONG Justicia Asbl a de nouveau alerté, lundi 2 novembre, sur la présence de militaires et de policiers dans les mines du Haut-Katanga et du Lualaba. Selon cette organisation de défense des droits humains basée à Lubumbashi, quelque 5 000 éléments des forces de défense et de sécurité seraient toujours déployés sur des sites miniers, plus de trois mois après l’interdiction annoncée par le président Félix Tshisekedi en juillet dernier.

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Des unités identifiées sur plusieurs carrières

D’après les informations relayées par Radio Okapi, l’enquête de Justicia Asbl porte notamment sur les sites de Menda, Mupampala, Kyona 2, Kipense, Sokoroshi et Kakanda Nord. L’ONG affirme y avoir constaté la présence d’éléments de la Garde républicaine, de la 22e région militaire, de l’auditorat militaire ainsi que de plusieurs unités de la Police nationale congolaise.

Les conclusions de cette enquête, publiées dès le 29 octobre, avaient déjà été rapportées par Mediacongo. Le média précisait que la Garde républicaine représenterait le contingent le plus important, devant la 22e région militaire. Il citait aussi des carrières situées dans la concession de Boss Mining au Lualaba, ainsi que les sites de Kisankala et Kamasani, dans le périmètre de l’entreprise Comide, où une large partie de la concession serait occupée par des hommes en uniforme selon l’ONG.

Pour Justicia Asbl, cette présence ne correspond pas toujours à un besoin de sécurisation exprimé par les sociétés minières. L’organisation soutient que certains militaires et policiers participeraient, directement ou indirectement, à l’exploitation des minerais pour le compte de structures privées ou de personnalités politiquement exposées. Aucun nom n’a été rendu public et ces accusations n’ont pas, à ce stade, fait l’objet d’une réaction officielle de l’armée, de la police ou des entreprises concernées.

Une directive présidentielle restée sans effet, selon l’ONG

En juillet 2026, le chef de l’État avait ordonné le retrait des militaires et policiers non autorisés des sites miniers. Dans la foulée, des instructions avaient été données pour évacuer certains périmètres miniers du Lualaba. Mais pour Justicia Asbl, ces décisions sont restées largement lettre morte sur le terrain.

L’ONG s’était déjà fait entendre en octobre. Le 9 octobre, le gouvernement avait suspendu le commissaire provincial de la police du Lualaba et le commandant de la Légion nationale d’intervention, accusés d’avoir autorisé le déploiement irrégulier de policiers au profit de l’entreprise RMC Mining, à Kolwezi. D’après le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, cette affectation violait les directives présidentielles. Justicia Asbl avait salué la mesure, tout en réclamant des poursuites judiciaires et son extension aux autres concessions du Grand Katanga.

Le président de l’organisation, Timothée Mbuya, met aussi en avant un risque économique. Cité par Radio Okapi, il estime que « les cuivres et les cobalts congolais ont tendance à devenir des minerais produits sur fond de violations des droits humains ». Une perception qui, selon lui, pourrait nuire à l’image de la production congolaise sur les marchés internationaux.

Gouvernance minière et devoir de vigilance en jeu

Justicia Asbl demande aux autorités de faire appliquer effectivement les décisions de retrait des personnels de sécurité et de renforcer la transparence dans la gestion du secteur extractif. L’ONG estime que ces mesures permettraient de réduire les risques d’abus contre les creuseurs et les riverains, et de rapprocher l’exploitation minière des normes nationales et internationales.

L’enjeu dépasse les frontières des deux provinces. Le Haut-Katanga et le Lualaba concentrent l’essentiel de la production congolaise de cuivre et de cobalt, deux métaux très recherchés pour la transition énergétique. Les acheteurs internationaux exigent de plus en plus des garanties sur les conditions d’extraction, et la présence d’hommes armés sur les sites est un critère scruté dans les audits de chaîne d’approvisionnement.

Reste à savoir si les autorités militaires et policières donneront suite à ces nouvelles alertes. La suspension des officiers du Lualaba en octobre avait montré que le gouvernement pouvait sanctionner des cas précis. La question posée par la société civile katangaise est désormais celle d’un retrait général et vérifiable, accompagné de poursuites contre les responsables de déploiements jugés illégaux.

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