L'Inspection générale de la Police nationale congolaise a annoncé l'interpellation de plus de vingt policiers ainsi que de plusieurs personnes qui exerçaient sans titre régulier des fonctions policières à Kinshasa. Les contrôles ont été menés du 28 au 30 octobre par près de soixante-dix inspecteurs dans plusieurs commissariats et sous-commissariats de la capitale.
Selon les éléments communiqués par l'IG-PNC et rapportés par Radio Okapi, l'opération visait les violations de la loi, les atteintes aux libertés individuelles et l'infiltration de personnes ne disposant pas du statut de policier.
Des officiers soupçonnés de détentions irrégulières
Parmi les personnes interpellées figurent des officiers de police judiciaire soupçonnés d'avoir ordonné ou maintenu des détentions arbitraires. Les inspecteurs ont également procédé à la libération de personnes dont la privation de liberté ne reposait pas sur une procédure régulière, selon l'Inspection générale.
Le contrôle des cachots constitue un point sensible du fonctionnement de la police. La loi impose que toute interpellation soit justifiée, enregistrée et soumise aux délais de garde à vue. Lorsque ces règles ne sont pas respectées, les citoyens concernés peuvent rester privés de liberté sans contrôle effectif d'un magistrat.
L'IG-PNC affirme que l'opération ne se limitera pas aux unités déjà visitées. Elle veut étendre les vérifications à d'autres services, notamment ceux régulièrement cités dans des plaintes pour extorsion, racket ou marchandage d'interventions policières.
Plusieurs personnes sans carte de service
Les équipes de contrôle ont aussi découvert des individus portant l'uniforme ou accomplissant des tâches de police sans carte de service ni document administratif valable. Certains auraient été recrutés localement par des responsables de sous-commissariats, sans avoir achevé la formation ni les démarches nécessaires à leur intégration.
Selon l'IG-PNC, plusieurs de ces faux agents sont soupçonnés d'extorsion et de racket. L'institution recherche également les commandants qui auraient facilité leur présence dans les unités ou leur accès à du matériel de police.
Cette situation pose un problème de traçabilité. Un citoyen confronté à un agent sans identité professionnelle vérifiable dispose de peu de moyens pour signaler un abus ou contester une mesure. La généralisation du port visible du matricule et le contrôle régulier des cartes de service pourraient réduire cette zone d'ombre.
La population invitée à signaler les abus
L'Inspection générale demande aux habitants de Kinshasa de dénoncer les cas d'abus. Elle indique que les signalements peuvent être adressés à son siège situé sur l'avenue de la Justice, dans la commune de la Gombe.
La portée de l'opération dépendra maintenant des suites disciplinaires et judiciaires. Les interpellations ne constituent pas encore des condamnations. Les personnes mises en cause doivent bénéficier des garanties de la procédure, tandis que les faits établis devront donner lieu à des décisions traçables.
La publication d'un bilan précisant le nombre de dossiers transmis à la justice, les sanctions administratives et les personnes libérées permettrait d'évaluer l'effet réel de ces contrôles sur les pratiques quotidiennes dans les commissariats de Kinshasa.
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