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Mbandaka : le choléra fait 14 morts et 129 cas, des bateaux venus de Kinshasa mis en cause

Mbandaka : le choléra fait 14 morts et 129 cas, des bateaux venus de Kinshasa mis en cause
Photo d’archive. Cette image ne montre pas l’épidémie de choléra à Mbandaka : elle montre un marché de Mbandaka, ville portuaire au bord du fleuve Congo. Photo : Oxfam East Africa, Wikimedia Commons, licence CC BY 2.0.
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Une flambée de choléra frappe Mbandaka, chef-lieu de la province de l’Équateur. Selon le bulletin épidémiologique publié vendredi 30 octobre par la Division provinciale de la santé, au moins 129 cas et 14 décès ont été enregistrés en quelques jours dans les zones de santé de Bolenge et de Wangata. Les autorités sanitaires relient cette poussée à l’arrivée récente de bateaux partis de Kinshasa.

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Bolenge, épicentre de la flambée

D’après les chiffres rapportés par Radio Okapi et Actualite.cd, la zone de santé de Bolenge est la plus touchée, avec 104 cas notifiés depuis le début de cette poussée. Une partie des malades a été transférée vers le centre de traitement du choléra (CTC) de Wangata, qui prenait en charge 41 patients au moment de la publication du bulletin. Le CTC de Bolenge se situe à environ neuf kilomètres du centre-ville.

Le bilan, présenté comme provisoire, fait état de 68 guérisons : 47 au CTC de Bolenge et 21 à celui de Wangata. Sept nouveaux malades ont encore été admis dans les deux structures. Fait préoccupant relevé par les services de santé : sur les 14 décès, 11 sont survenus dans la communauté, avant toute prise en charge médicale, et 3 seulement dans les centres de traitement. Ce constat traduit un retard dans le recours aux soins, alors que le choléra peut être soigné efficacement par la réhydratation lorsqu’il est pris à temps.

Des bateaux venus de Kinshasa mis en cause

Selon les autorités sanitaires citées par Actualite.cd, la flambée est liée à l’accostage de trois bateaux partis des ports de Maluku et de Kingabwa, à Kinshasa, en direction de Kisangani, Mbandaka et Basankusu. L’un d’eux, le HB Hanawa, est arrivé à Mbandaka environ une semaine avant la publication du bilan. Sur quelque 800 passagers recensés à bord, une centaine aurait présenté des symptômes compatibles avec le choléra.

Le fleuve Congo, principale voie de circulation des personnes et des marchandises entre Kinshasa et les provinces du nord-ouest, joue ainsi un rôle dans la propagation de la maladie. Le choléra se transmet par l’eau et les aliments contaminés, et la promiscuité lors de longs trajets fluviaux peut faciliter sa diffusion d’un port à l’autre.

Contrôles renforcés aux ports et appel à la prévention

Une réunion stratégique s’est tenue jeudi 29 octobre à Mbandaka autour du maire de la ville, Yves Balo, avec les médecins chefs des trois zones de santé concernées, les services spécialisés et le commissaire fluvial. Un dispositif de contrôle des embarcations a été installé au port de la mission catholique d’Iyonda, dans la zone de santé de Bolenge, ainsi qu’à l’ancien port de l’Onatra à Mbandaka. Il doit permettre d’effectuer des contrôles sanitaires et d’isoler les passagers présentant des signes suspects.

Le maire a appelé la population au strict respect des mesures de prévention. Parmi elles figurent le lavage régulier des mains au savon, le traitement ou l’ébullition de l’eau de boisson, l’interdiction des salutations physiques et la désinfection des motos-taxis ayant transporté des malades. Le Programme national de communication pour la promotion de la santé (PNCPS), appuyé par l’Association des communicateurs pour la santé de l’Afrique (ACSA), section Équateur, a intensifié la sensibilisation dans les quartiers et les médias.

Un pays déjà sous forte pression sanitaire

Cette flambée survient dans un contexte national difficile. Selon des données de l’Organisation mondiale de la santé relayées mi-octobre par ONU Info, plus de 51 000 cas suspects de choléra et près de 1 500 décès avaient été signalés depuis le début de 2026 dans 21 provinces de la RDC, le Sud-Kivu, le Nord-Kivu et le Haut-Katanga concentrant près de 60 % des cas. Dans le même temps, le système de santé est mobilisé par l’épidémie d’Ebola due à la souche Bundibugyo, qui a dépassé la barre des 10 000 cas confirmés.

Pour Mbandaka, l’enjeu des prochains jours sera de contenir la propagation vers d’autres quartiers et localités riveraines, et de convaincre les malades de se rendre rapidement dans les centres de traitement. Le contrôle sanitaire des bateaux en provenance de Kinshasa, ainsi que l’accès à l’eau potable, restent les leviers principaux pour éviter que la ville ne devienne un nouveau foyer durable de la maladie le long du fleuve.

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