La République démocratique du Congo occupe la 48e place sur 54 pays dans l’Indice Ibrahim de la gouvernance en Afrique (IIAG) 2026, rendu public samedi 31 octobre au Caire par la Fondation Mo Ibrahim. Avec un score global de 34 sur 100, le pays demeure dans le groupe des dix derniers du continent, et son niveau de gouvernance a légèrement reculé sur la décennie couverte par l’étude, selon les données rapportées par Actualite.cd.
Un score loin des moyennes africaine et régionale
Le score congolais reste nettement inférieur à la moyenne du continent, établie à 50,1, et à celle de l’Afrique centrale, qui atteint 41,4. Entre 2016 et 2025, la RDC a perdu 0,3 point. Le recul est modeste, mais il place le pays à contre-courant de la tendance générale : à l’échelle africaine, la gouvernance s’est légèrement améliorée sur la même période, essentiellement grâce aux progrès réalisés dans les infrastructures, la santé et l’éducation.
Le rapport range la RDC parmi les quatre pays les plus peuplés d’Afrique dont la gouvernance globale s’est dégradée en dix ans, aux côtés du Nigeria, de l’Afrique du Sud et du Soudan, d’après le résumé publié par le quotidien ghanéen The Herald. Dans le bas du classement, l’Angola et le Congo-Brazzaville, deux voisins de la RDC, sortent cette année du groupe des dix derniers, où entrent la Libye et la Guinée-Bissau. Les Seychelles prennent la première place.
Sécurité et économie, les deux points faibles
Parmi les quatre grandes catégories de l’indice, la sécurité et l’État de droit constituent le domaine le plus fragile pour la RDC. Le pays y obtient 27,7 points, en baisse de 4,3 points sur la décennie, un résultat qui reflète la persistance des conflits armés dans l’Est.
Les fondements des opportunités économiques suivent avec 31,5 points, soit un recul de 2,8 points, alors que cette même catégorie s’est améliorée dans 44 pays africains. Plusieurs indicateurs restent très bas : l’absence d’influence indue tombe à 7,4, la protection sociale se situe à 8,3, tandis que les dispositifs de lutte contre la corruption et la fiabilité des opportunités d’emploi plafonnent chacun à 9,8. Les libertés d’association et de réunion ne dépassent pas 12,5. Quant à l’absence de corruption dans les institutions de l’État, elle progresse de 7,4 points mais reste à un faible 13,6.
Des progrès en participation et en développement humain
Le tableau n’est pas uniformément sombre. La catégorie participation, droits et inclusion gagne 4 points et s’établit à 37, alors qu’elle a reculé dans 31 pays du continent. Le développement humain reste le domaine où la RDC obtient son meilleur résultat, avec 39,8 points, en hausse de 1,9 point.
Certains indicateurs enregistrent des bonds importants. La représentation et la participation en milieu rural gagnent 33,5 points pour atteindre 54,6. La législation contre les violences faites aux femmes progresse de 20 points et atteint 80, tandis que le contrôle des maladies transmissibles gagne 13 points, à 56,1. À l’inverse, des domaines jusque là bien notés s’effritent : les ressources humaines dans l’enseignement, meilleur indicateur du pays à 81,3, perdent 11,6 points, et l’état civil recule de 12,5 points, à 62,5.
L’indice rappelle aussi quelques données de contexte pour 2025 : une population estimée à 112,8 millions d’habitants, dont près d’un tiers âgé de 15 à 34 ans, un produit intérieur brut par habitant d’environ 807 dollars américains et une croissance de 5,8 %.
Les enjeux pour Kinshasa
Le fondateur de la fondation, l’homme d’affaires soudano britannique Mo Ibrahim, a mis en garde, selon les sources consultées, contre le caractère fragile des avancées économiques et sociales : sans progrès en matière de sécurité, d’État de droit et de participation, ces gains risquent de ne pas durer et de rester plus limités.
Pour la RDC, ce constat rejoint les priorités affichées par les autorités. La publication intervient au lendemain du retrait du pays de la liste grise du Groupe d’action financière, présenté par le gouvernement comme un signal positif pour la confiance des partenaires et pour le climat des affaires. Les résultats de l’indice montrent toutefois que la lutte contre la corruption, la protection sociale et surtout le retour de la sécurité dans les provinces de l’Est restent les chantiers déterminants pour inverser la tendance lors des prochaines éditions.
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