L’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo a adopté, lundi 26 octobre 2026 à Kinshasa, les recommandations d’une commission d’enquête parlementaire consacrée à la gestion des frais académiques dans les établissements publics d’enseignement supérieur et universitaire. Parmi elles figure une demande adressée à la Première ministre Judith Suminwa : sanctionner la ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Marie-Thérèse Sombo. Selon le site Congoquotidien, qui cite Actu30.cd, ces recommandations ont été votées à l’unanimité et le bureau de la chambre basse devait les transmettre à la cheffe du gouvernement dès ce mardi 27 octobre.
Une enquête sur les quotités prélevées sur les frais des étudiants
La commission avait été créée à l’initiative du député national André Mushongo, élu de Tshikapa (Kasaï) et membre de l’UDPS, qui en avait fait la demande lors d’une plénière en février, rapporte Actualite.cd. Son travail portait sur les années académiques 2022-2023 et 2023-2024 et visait les universités et instituts supérieurs publics.
Au centre de l’enquête se trouvent les quotités, c’est-à-dire les parts des frais payés par les étudiants qui doivent être reversées à différentes structures. D’après Actualite.cd, les députés évoquent notamment les parts du minerval destinées au Fonds de promotion de l’éducation et de la formation (FPEF), à la Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participations (DGRAD), à l’administration centrale, aux conseils d’administration et aux services du ministère. Selon le même média, plusieurs chefs d’établissement ne reversaient pas ces sommes comme prévu, et l’argent n’aurait pas servi à améliorer les conditions d’apprentissage.
Les questions soulevées concernent aussi l’usage des frais liés à l’équipement informatique, à l’aménagement des auditoires, aux laboratoires, à la bibliothèque virtuelle, à la carte nationale de l’étudiant ou encore à la connectivité numérique du secteur. 7sur7.cd, cité dans la revue de presse de Radio Okapi, résume les préoccupations autour de trois étapes : la perception de ces recettes, leur centralisation et leur rétrocession aux structures bénéficiaires. Aucun montant n’a été rendu public dans les comptes rendus consultés.
Les accusations du député à l’origine de l’enquête
Interrogé par Actualite.cd, André Mushongo affirme que des personnes sans qualité, dont des membres de familles, géreraient des comptes de quotités. Il soutient également qu’une quotité aurait été imposée au profit d’une division provinciale de l’ESU qui, selon lui, n’existe pas, que des étudiants paient une carte nationale qui ne leur est pas remise et qu’une école doctorale aurait été créée sans base légale. Ces affirmations sont les siennes et n’ont pas été vérifiées de manière indépendante.
Le député rejette l’idée d’un règlement de comptes et présente la démarche comme un travail de contrôle parlementaire. Il explique que la commission a entendu la ministre, les conseils d’administration, l’administration générale, des associations du personnel et des responsables d’établissements, en plus de visites de terrain. Selon lui, le chef de l’État avait souhaité que l’affaire soit d’abord traitée au sein de la majorité, ce qui expliquerait que la ministre ait été entendue avant la phase d’enquête.
Les recommandations visent aussi certains responsables d’établissements publics, à qui d’autres mesures sont adressées. Les médias consultés par Nzadinews ne rapportent pas encore de réaction de la ministre Marie-Thérèse Sombo à ces recommandations.
Une décision désormais entre les mains de la Première ministre
Le vote de l’Assemblée nationale prend la forme de recommandations et non d’une motion. Selon la revue de presse de Radio Okapi, une motion de défiance serait toutefois envisagée, avec une collecte de signatures parmi les députés. André Mushongo nuance cette information : pour lui, il n’est pas encore question de motion, une telle procédure ne pouvant exister qu’après le dépôt formel d’une initiative de contrôle.
La suite dépend donc de Judith Suminwa, qui devra dire si elle donne une suite aux demandes des élus. Le dossier intervient alors que le gouvernement vient de lancer l’année académique 2026-2027, et il touche un sujet sensible pour des milliers de familles congolaises qui financent les études supérieures de leurs enfants. L’issue de cette affaire permettra aussi de mesurer le poids réel du contrôle parlementaire sur l’action des membres du gouvernement.
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