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Kolwezi : sans acheteurs pour leurs minerais, les creuseurs artisanaux reprennent la rue

Kolwezi : sans acheteurs pour leurs minerais, les creuseurs artisanaux reprennent la rue
Photo d’archive. Creuseurs artisanaux de cobalt en République démocratique du Congo, en 2020. Cette image ne montre pas les manifestations de Kolwezi. Photo : International Institute for Environment and Development (IIED), Wikimedia Commons, licence CC BY 2.5.
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La colère des exploitants miniers artisanaux a de nouveau gagné les rues de Kolwezi, dans la province du Lualaba, ce lundi 26 octobre. Après près d’une semaine de tensions, les creuseurs dénoncent toujours l’absence d’acheteurs pour leurs minerais et réclament des débouchés accessibles, alors que l’État resserre le contrôle de la commercialisation dans le secteur minier artisanal.

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Les quartiers Mutoshi et Kasulo ont été parmi les plus touchés. Des pneus ont été incendiés et des actes de vandalisme signalés. Des tirs ont été entendus jusque dans le centre de la ville, selon Actualite.cd, sans qu’aucune victime ne soit rapportée. Les forces de sécurité, déployées dans plusieurs secteurs, ont empêché les manifestants d’avancer vers le centre. De nombreux magasins sont restés fermés et les écoles n’ont pas fonctionné.

Des minerais stockés sans preneurs

Sur le terrain, plusieurs creuseurs affirment détenir des quantités de minerais qu’ils ne parviennent plus à vendre. Leurs revendications sont claires : la réouverture immédiate de toutes les entités de traitement, la fin de l’obligation de vendre au centre de négoce de Musompo, jugé trop éloigné, et la création des 33 zones d’exploitation artisanale promises. Ils contestent également les évaluations du Centre d’expertise, d’évaluation et de certification des substances minérales précieuses et semi-précieuses (CEEC).

La gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka Saïni, assure pour sa part qu’aucune entité de traitement n’a été fermée. Elle invite les exploitants à passer par les coopératives reconnues par l’État pour vendre aux entreprises autorisées. Chico Kebonte, conseiller du ministre national des Mines, présente les contrôles en cours comme une opération d’assainissement destinée à protéger les intérêts des creuseurs eux-mêmes.

Une opération de contrôle venue de Kinshasa

Les tensions sont liées à la mission d’une commission interservices dépêchée par le gouvernement central. Elle réunit notamment des représentants du ministère des Mines, des services de sécurité et de renseignement et de la justice militaire. Son action découle des instructions données le 10 juillet par le président Félix Tshisekedi : retirer les policiers et militaires impliqués dans les activités minières et démanteler les réseaux de fraude et d’exploitation illégale.

L’objectif affiché est de déplacer les creuseurs qui travaillent dans des concessions industrielles vers des zones d’exploitation artisanale. Selon le média économique Bankable, cinq des dix-neuf entités de traitement recensées dans la province avaient été inspectées au 20 octobre. La société Metalkol affirme de son côté que l’extraction illégale sur ses périmètres dépassait 2 000 tonnes de minerai par jour, au profit d’unités de traitement exploitées par des opérateurs chinois. Le 26 septembre, sept ressortissants chinois soupçonnés d’achats illégaux de minerais dans des concessions industrielles avaient déjà été expulsés de Kolwezi.

Kamilombe, un accord encore fragile

Sur le site de Kamilombe, appartenant à la Gécamines, un accord a été signé la semaine dernière par le responsable de la coopérative qui encadre les creuseurs. Il prévoit leur départ vers un nouveau site situé à environ 35 kilomètres. En échange, le gouvernement s’est engagé à payer par virement bancaire les minerais déjà extraits ainsi que ceux des puits encore en activité, et à garantir les conditions d’évacuation de ces stocks. Le départ des exploitants était prévu ce lundi.

Malgré ces engagements, la crise n’est pas réglée. Pour les familles qui vivent de l’exploitation artisanale du cuivre et du cobalt, chaque jour sans vente signifie une perte directe de revenus. Le succès de la réforme dépendra de la capacité des autorités à proposer des circuits de vente proches, des prix lisibles et des paiements rapides, et à expliquer clairement sur le terrain ce que les creuseurs ont à gagner dans le circuit légal.

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