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Human Rights Watch : les sanctions contre le Rwanda ne suffiront pas à protéger les civils de l’Est

Human Rights Watch : les sanctions contre le Rwanda ne suffiront pas à protéger les civils de l’Est
Photo d’archive. Cette image ne montre pas l’analyse de HRW sur les sanctions. Vue de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, en 2015. Photo : MONUSCO Photos, Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 2.0.
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L’organisation Human Rights Watch (HRW) estime que les sanctions américaines prises contre le Rwanda, accusé de soutenir la rébellion de l’AFC M23 dans l’est de la République démocratique du Congo, ne suffiront pas à elles seules à protéger les populations civiles. Dans une analyse publiée le vendredi 30 octobre, sa chercheuse senior Clémentine de Montjoye appelle Washington et ses partenaires à accompagner ces mesures d’actions concrètes, y compris envers Kinshasa, pour mettre fin aux exactions. Sa prise de position a été relayée samedi 31 octobre par Actualite.cd.

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Le ministère rwandais de la Défense et Zigama dans le viseur

La réaction de HRW intervient deux jours après l’annonce, le mercredi 28 octobre, de nouvelles sanctions du département américain du Trésor. Elles visent cette fois le ministère rwandais de la Défense ainsi que Zigama Credit and Savings Society, une institution financière liée aux services de sécurité rwandais. Selon le Trésor, cité par HRW, Zigama aurait facilité des paiements destinés à l’armée rwandaise et au M23, pour des transactions évaluées à plusieurs dizaines de millions de dollars. Une de ses agences aurait également aidé à acheminer vers Kigali de l’or extrait dans des zones de l’est du Congo contrôlées par la rébellion.

Concrètement, ces mesures gèlent les avoirs et intérêts des entités visées aux États-Unis et les privent, dans les faits, de l’usage du dollar américain dans leurs transactions internationales. Le Trésor justifie sa décision par une liste d’abus attribués au M23 : exécutions illégales, violences sexuelles, recrutement et travail forcés, détentions arbitraires, transferts forcés de population et actes de torture.

Cette décision s’inscrit dans une série de mesures prises par Washington depuis 2025. D’après le rappel d’Actualite.cd, les États-Unis avaient sanctionné en février 2025 James Kabarebe, alors ministre d’État rwandais chargé de l’Intégration régionale, ainsi que Lawrence Kanyuka, porte-parole du mouvement rebelle. Le 2 mars 2026, les Forces de défense rwandaises (RDF) et quatre de leurs hauts responsables avaient à leur tour été inscrits sur la liste noire américaine. En juin, d’autres sanctions ont visé des acteurs du trafic de minerais congolais vers le Rwanda. HRW rappelle par ailleurs que l’ancien président Joseph Kabila a été sanctionné en avril, quelques semaines avant d’annoncer la création d’une coalition politico-militaire incluant le M23, le Front pour la refondation de la nation (FRN).

HRW demande aussi des comptes à Kinshasa

Pour Human Rights Watch, la pression exercée sur Kigali ne doit pas faire oublier les responsabilités de l’armée congolaise. La chercheuse souligne que les Nations unies ont désigné le M23 comme le principal auteur des violations des droits humains documentées en RDC en 2025, les forces armées congolaises arrivant en deuxième position.

L’organisation exhorte donc les États-Unis et les autres gouvernements concernés à presser les autorités congolaises d’enquêter sur les membres de leurs propres forces impliqués dans des abus et de les poursuivre en justice. Elle leur demande aussi de veiller au respect du droit international humanitaire par l’armée et de mettre fin au soutien apporté à des groupes armés auteurs d’exactions. Selon HRW, des milliers de soldats rwandais combattent aux côtés du M23 depuis la résurgence de ce mouvement à la fin de l’année 2021.

La protection des civils au cœur des négociations

Sur le terrain, les combats se poursuivent dans plusieurs zones de l’Est malgré l’accumulation des sanctions, opposant notamment l’armée congolaise à des groupes armés soutenus par Kigali. HRW plaide pour que la protection des civils et la reddition des comptes deviennent des éléments centraux des processus de paix en cours, au lieu de rester des questions secondaires.

L’enjeu, pour les partenaires de la RDC, sera de transformer cette pression financière en résultats concrets pour les populations du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, régulièrement exposées aux tueries, aux enlèvements et aux déplacements massifs. Reste à savoir si Washington élargira ses mesures et si Kinshasa donnera suite aux appels à poursuivre ses propres militaires mis en cause.

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