Les Forces armées de la République démocratique du Congo ont appelé les jeunes Congolais qu’elles disent enrôlés de force par l’AFC M23 à quitter ce mouvement. L’appel concerne aussi les militaires et les policiers capturés lors de la prise de Goma et de Bukavu, selon un communiqué signé par le porte-parole de l’armée, le général-major Sylvain Ekenge.
Dans ce message daté du 28 octobre, les FARDC demandent aux personnes concernées de saisir toute occasion de rejoindre les institutions nationales. L’armée affirme qu’un accueil et un traitement approprié leur seront accordés, sans préciser publiquement les procédures ni les points de contact prévus.
Un message adressé à plusieurs catégories
Le communiqué distingue les jeunes civils présentés comme recrutés contre leur volonté et les membres des forces de défense et de sécurité capturés à Goma et Bukavu. Les autorités militaires leur demandent de se désolidariser des groupes qui contrôlent certaines zones de l’Est.
Les affirmations sur les recrutements forcés sont attribuées aux FARDC. Elles devront être documentées individuellement pour établir les circonstances de chaque enrôlement, l’âge des personnes concernées et les responsabilités éventuelles.
La question est sensible dans une région où des familles sont séparées par les déplacements, les combats et les changements de contrôle territorial. Pour les personnes qui souhaiteraient quitter un groupe armé, les risques de représailles et les difficultés de déplacement peuvent compliquer toute tentative de retour.
L’accueil et la vérification au centre du dispositif
L’efficacité de cet appel dépendra des mécanismes mis en place sur le terrain. Les autorités devront expliquer comment les personnes seront identifiées, protégées et orientées. Une distinction claire est nécessaire entre les civils recrutés sous contrainte, les mineurs, les militaires capturés et les combattants ayant rejoint volontairement un groupe armé.
Les programmes de désarmement, de démobilisation et de réinsertion peuvent contribuer à la sortie des groupes armés, mais ils exigent des procédures crédibles. L’accompagnement psychosocial, la réunification familiale, la formation professionnelle et le suivi communautaire sont particulièrement importants pour les jeunes.
Pour les militaires et policiers capturés, le retour suppose également une vérification administrative et sécuritaire. Les garanties annoncées par l’armée devront être appliquées de manière transparente afin d’éviter les arrestations arbitraires et de faciliter les témoignages utiles sur les conditions de captivité.
Une situation sécuritaire toujours instable
L’appel intervient alors que les tensions demeurent fortes dans plusieurs territoires du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Kinshasa accuse le Rwanda de soutenir militairement l’AFC M23, une accusation régulièrement rejetée ou contestée par Kigali selon les périodes et les déclarations officielles.
Les populations civiles restent exposées aux déplacements, aux restrictions de circulation et aux difficultés d’accès aux services de base. Dans ce contexte, tout dispositif de retour devra être coordonné avec les services civils, les autorités locales et les acteurs de protection.
Le communiqué marque une tentative de réduire les effectifs adverses par un appel public. Ses effets seront mesurés par le nombre de retours effectivement enregistrés, la sécurité des personnes accueillies et la publication de procédures vérifiables.
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