Aller au contenuAller au contenu

RDC : le GAFI retire le pays de sa liste grise après quatre ans de surveillance renforcée

RDC : le GAFI retire le pays de sa liste grise après quatre ans de surveillance renforcée
Jacquemain Shabani lors du lancement du projet PRECAPE à Kinshasa, le 29 octobre 2026. Photo : ACP.
Partager dans un groupe WhatsApp ou copier le lien pour votre chaîne

Le Groupe d’action financière (GAFI) a retiré la République démocratique du Congo de sa liste grise, celle des juridictions placées sous surveillance renforcée. La décision a été annoncée vendredi 30 octobre à Paris, à l’issue de la réunion plénière de l’organisme, selon Actualite.cd, Mediacongo et Netic News. Le pays figurait sur cette liste depuis octobre 2022.

Votre publicité ici

Quatre ans de surveillance renforcée

La RDC avait été inscrite sur la liste grise en raison de lacunes jugées stratégiques dans la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération des armes de destruction massive. Cette inscription signifiait que le pays devait corriger ces faiblesses dans un délai convenu, sous le suivi direct du GAFI.

Pour sortir de ce dispositif, Kinshasa a exécuté un plan d’action de 23 mesures. Leur mise en œuvre a fait l’objet de dix rapports de progrès transmis à l’organisme. Selon Actualite.cd, un communiqué du GAFI indique que la RDC « a mené à bien son plan de réformes » et que la décision « consacre les progrès substantiels accomplis par le pays ».

Une mission d’évaluation du GAFI s’était rendue en RDC en septembre 2026. Elle devait vérifier sur place l’application effective des réformes et leur caractère durable, étape indispensable avant tout retrait de la liste.

Des réformes portées par plusieurs institutions

Le processus a été coordonné par le ministère des Finances, dirigé par Doudou Fwamba, en collaboration avec la Cellule nationale des renseignements financiers (CENAREF). Selon Actualite.cd, le président Félix Tshisekedi avait donné des orientations à la CENAREF sur la conduite de ces réformes.

D’autres acteurs ont été associés au travail : la Banque centrale du Congo, l’Autorité de régulation et de contrôle des assurances (ARCA), le ministère de la Justice à travers les cours et tribunaux, l’auditorat militaire ainsi que les entités du secteur privé assujetties à l’obligation de déclaration. Les mesures adoptées ont touché à la fois le cadre légal, l’organisation des institutions et les pratiques opérationnelles.

En juillet 2026, la CENAREF avait par ailleurs rejoint le Groupe Egmont, un réseau international qui permet aux cellules de renseignement financier d’échanger des informations de manière sécurisée. Cette adhésion figurait parmi les signaux attendus par les partenaires du pays.

Une « avancée historique » selon le ministère des Finances

Le ministère des Finances a salué la décision, qu’il qualifie d’« avancée historique pour la crédibilité financière du pays », selon Mediacongo. Le gouvernement estime que ce retrait ouvre de nouvelles perspectives pour l’économie nationale et renforce la crédibilité de ses réformes en matière de gouvernance et de transparence. Il a remercié le GAFI, les secrétariats du GABAC et de l’ESAAMLG, organismes régionaux chargés de la lutte contre le blanchiment, ainsi que les partenaires techniques et financiers.

Les autorités attendent des effets concrets sur le système financier. La sortie de la liste grise devrait faciliter les relations entre les banques congolaises et les banques correspondantes étrangères, fluidifier les transactions internationales et réduire progressivement la perception du risque attaché aux opérations impliquant la RDC. Ces éléments comptent pour l’attractivité du pays auprès des investisseurs.

Consolider les acquis

Le gouvernement reconnaît toutefois que la décision du GAFI ne fait pas disparaître les risques de criminalité financière. Selon Netic News, le ministre des Finances insiste sur la nécessité de maintenir les contrôles et de poursuivre les réformes afin d’éviter une nouvelle inscription.

L’efficacité du dispositif sera désormais jugée sur des résultats mesurables : la détection des opérations suspectes, les poursuites engagées devant la justice et la confiscation des avoirs issus d’activités criminelles. Dans un pays où l’exploitation illégale des minerais alimente des circuits financiers opaques, notamment dans l’Est, l’application des nouvelles règles sur le terrain restera le principal test de la crédibilité retrouvée.

À lire également

Views: 2

WhatsApp