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BCNUDH : 464 violations des droits humains en RDC en juillet, l’AFC M23 en tête des auteurs

BCNUDH : 464 violations des droits humains en RDC en juillet, l’AFC M23 en tête des auteurs
Photo d’archive. Cette image ne montre pas les faits décrits dans le rapport du BCNUDH. Une agente des droits de l’homme de la MONUSCO s’entretient avec un détenu lors d’une enquête sur une détention arbitraire à Karuba, dans le territoire de Masisi (Nord-Kivu), le 13 janvier 2012. Photo : MONUSCO Photos, Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 2.0.
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Le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) a recensé 464 violations et atteintes aux droits humains en République démocratique du Congo au cours du mois de juillet 2026, ayant fait au moins 1 081 victimes. Rendue publique le jeudi 29 octobre, cette note mensuelle fait état d’un recul d’environ 30 % par rapport au mois de juin, qui en comptait 657, selon Radio Okapi. L’est du pays reste de loin la zone la plus touchée, et la coalition AFC M23 apparaît en tête des groupes armés mis en cause.

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Le Nord-Kivu concentre plus de la moitié des cas

D’après les chiffres repris par Radio Okapi, les provinces en proie au conflit armé regroupent près de neuf violations sur dix. Le Nord-Kivu arrive largement en tête avec 270 cas, suivi du Sud-Kivu (89 cas) et de l’Ituri (52 cas). Au total, 417 cas ont été documentés dans ces zones de conflit.

Les groupes armés y sont responsables de 326 atteintes, selon la ventilation publiée par Journal des Nations. L’AFC M23 en totalise à elle seule 160, devant les ADF (40), les combattants Wazalendo (37), les Nyatura (28) et les FDLR (20). Les agents de l’État ne sont pas épargnés par le rapport : 91 violations leur sont attribuées dans ces mêmes provinces, dont 64 imputées aux Forces armées de la RDC (FARDC), 8 aux autorités pénitentiaires et 6 à la Police nationale congolaise (PNC).

Les atteintes à l’intégrité physique constituent la catégorie la plus fréquente avec 153 cas. Le BCNUDH relève également 109 atteintes au droit à la vie, dont 97 meurtres ayant coûté la vie à 172 hommes, 19 enfants et 18 femmes, ainsi qu’à quatre personnes dont le profil n’a pas été précisé. S’y ajoutent 83 atteintes à la liberté et à la sécurité des personnes et 67 au droit à la propriété.

Violences sexuelles et espace civique

Le rapport fait aussi état d’au moins 41 cas de violences sexuelles liées au conflit, qui ont touché 76 victimes : 42 femmes et 34 filles. Les trois quarts de ces victimes ont été recensées au Nord-Kivu, 15 % en Ituri et 9 % au Sud-Kivu.

Dans les provinces épargnées par les combats, le BCNUDH a documenté 47 violations, soit une baisse de 43 % par rapport à juin. Il y signale toutefois un usage excessif de la force par certains membres des forces de défense et de sécurité, ainsi que des faiblesses persistantes dans les mécanismes chargés d’établir les responsabilités. Quinze violations touchant l’espace civique ont par ailleurs été enregistrées, avec sept victimes, dont un garçon.

Une baisse à interpréter avec prudence

Le Bureau conjoint met lui-même en garde contre une lecture trop optimiste de ce recul. Selon lui, la diminution des cas documentés pourrait en partie s’expliquer par l’insécurité, qui a contraint des sources d’information à quitter les zones de conflit. Cette situation réduit la capacité des équipes onusiennes à recueillir et à vérifier les allégations sur le terrain.

Sur le front de la lutte contre l’impunité, les juridictions militaires ont engagé 18 poursuites en juillet, visant neuf militaires des FARDC, quatre agents de la PNC et cinq civils. Presque tous les prévenus ont été condamnés, à l’exception de deux civils acquittés. Six militaires ont écopé de la peine de mort, d’après Radio Okapi.

Les enjeux

Ce rapport intervient dans un contexte sécuritaire toujours tendu dans l’est du pays, malgré les processus de paix engagés avec le Rwanda et avec l’AFC M23. La publication de ces chiffres plus de trois mois après les faits illustre aussi la difficulté de documenter les abus dans des territoires où l’accès humanitaire et l’information restent limités. Les prochaines notes mensuelles du BCNUDH, consacrées aux mois d’août et de septembre, permettront de vérifier si la tendance à la baisse se confirme ou si elle traduit surtout un recul de la capacité d’observation sur le terrain.

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