Le conseil territorial de sécurité de Fizi affirme avoir supprimé plus de 20 barrières et 15 cachots illégaux sur l’axe reliant Fizi-Centre à Misisi, dans le Sud-Kivu. L’opération a été menée au cours d’une mission d’itinérance avec la coordination locale des Volontaires pour la défense de la patrie.
L’administrateur du territoire, Sammy Kalonji Badibanda, a présenté ce bilan samedi 24 octobre 2026. D’après ses déclarations rapportées par Actualite.cd, certaines barrières étaient tenues par des personnes qui se présentaient comme membres des groupes d’autodéfense.
L’autorité territoriale indique également que des structures administratives parallèles ont été démantelées. Dans plusieurs secteurs, des combattants wazalendo ont été appelés à quitter les points de prélèvement pour rejoindre les zones de front.
Des prélèvements dénoncés sur la RN5
Les barrières payantes sont régulièrement signalées sur la Route nationale numéro 5, notamment entre Makobola et Kilembwe. Les conducteurs de motos, les commerçants et les transporteurs disent devoir verser de l’argent à plusieurs postes improvisés au cours d’un même trajet.
Ces prélèvements augmentent le coût du transport des marchandises et réduisent les revenus des ménages. Ils ralentissent aussi la circulation sur un axe qui relie Bukavu, Uvira, Fizi et des localités du Maniema.
La suppression annoncée répond donc à une préoccupation ancienne de la société civile. En août, six acteurs de la société civile de Baraka avaient été libérés après une détention liée à leur opposition à une barrière où un paiement de 5 000 francs congolais par moto était dénoncé.
Les cachots illégaux posent une question judiciaire
La fermeture de 15 cachots illégaux soulève la question du sort des personnes qui y étaient éventuellement détenues. Une détention ne peut être décidée en dehors des services légalement compétents ni se poursuivre sans contrôle judiciaire.
Le bilan communiqué ne précise pas combien de personnes ont été retrouvées dans ces lieux, si elles ont été libérées ou transférées, ni si des enquêtes ont été ouvertes contre les responsables. Ces informations sont importantes pour établir la portée réelle de l’opération et prévenir la réapparition des mêmes pratiques.
Les autorités pourraient publier un état des lieux des postes maintenus sur l’axe, leur base légale et les services autorisés à effectuer des contrôles. Une liste claire permettrait aux voyageurs de distinguer un poste officiel d’une barrière irrégulière et de signaler les prélèvements illicites.
Plus de 200 volontaires annoncés pour les FARDC
Sammy Kalonji Badibanda a aussi annoncé l’enregistrement de plus de 200 jeunes volontaires souhaitant rejoindre les Forces armées de la République démocratique du Congo. Des réunions publiques ont été organisées dans plusieurs localités pendant la mission.
Leur incorporation éventuelle relève des procédures militaires nationales. L’enregistrement local ne suffit pas à confirmer une intégration dans l’armée. La vérification de l’identité, l’aptitude, la formation et l’encadrement restent nécessaires.
L’effet durable de l’opération se mesurera dans les prochaines semaines. Il faudra vérifier si les barrières restent supprimées, si les cachots ne rouvrent pas ailleurs et si les plaintes des voyageurs sont traitées. Sur la RN5, la liberté de circulation dépend autant de la sécurité que de la fin des prélèvements sans base légale.
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