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Beni : douze ans après les premiers massacres des ADF, les victimes réclament justice

Beni : douze ans après les premiers massacres des ADF, les victimes réclament justice
Des soldats des FARDC en patrouille à Beni le 3 décembre 2014. Photo réelle d’archives, elle ne montre pas la commémoration de 2026. Crédit : MONUSCO, Abel Kavanagh, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons.
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Douze ans après les premières tueries massives attribuées aux ADF dans la région de Beni, des survivants et des familles de victimes demandent toujours justice, réparation et accompagnement. Le 15 octobre 2014, une trentaine de civils avaient été tués dans le quartier Ngadi, à la périphérie de la ville de Beni, au Nord-Kivu.

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Les violences se sont ensuite étendues à d’autres parties du territoire de Beni, au territoire de Lubero et à l’Ituri. Cette continuité explique pourquoi la commémoration ne se limite pas au souvenir d’une seule attaque. Elle pose aussi la question du traitement judiciaire des crimes, du soutien aux familles et de la protection des populations encore exposées.

Les familles demandent une réponse complète

Selon des représentants de la société civile cités par Radio Okapi, les conséquences restent lourdes pour les veuves, les orphelins et les personnes déplacées. Certaines victimes ont besoin d’un suivi psychologique et d’une aide à la réinsertion économique. Des femmes et des enfants confrontés à la stigmatisation après des violences sexuelles rencontrent également des difficultés durables.

La réparation attendue ne se résume donc pas à une indemnisation. Elle concerne aussi l’accès aux soins, la reconnaissance des préjudices, la conservation des preuves, l’identification des responsables et la protection des témoins. Sans ces éléments, la mémoire des massacres risque de rester séparée d’un véritable processus de justice.

La sécurité demeure une condition essentielle

Le travail judiciaire dépend aussi de l’accès aux zones touchées et de la sécurité des enquêteurs, des victimes et des magistrats. Dans l’Est de la RDC, la persistance de groupes armés complique la documentation des crimes et le retour des déplacés dans leurs villages.

Les opérations militaires contre les ADF peuvent réduire leur capacité d’action, mais elles ne remplacent pas les enquêtes ni les mécanismes de réparation. Les deux dimensions doivent avancer ensemble : protéger les populations contre de nouvelles attaques et traiter les crimes déjà commis.

La demande formulée à Beni est précise. Les familles veulent que les victimes soient nommées, que les dossiers progressent et que l’accompagnement annoncé atteigne réellement les personnes concernées. Douze ans après Ngadi, cette attente reste un indicateur concret de la réponse de l’État aux violences dans l’Est.

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