La 14e session de la Conférence des gouverneurs des provinces de la République démocratique du Congo se tiendra à Matadi, chef-lieu du Kongo Central, du 15 au 19 décembre 2026. L’information figure dans une série d’ordonnances présidentielles lues le mardi 27 octobre à la Radiotélévision nationale congolaise (RTNC), selon Actualite.cd. Les travaux seront placés sous le thème de la gouvernance territoriale et de la réforme institutionnelle.
Un thème centré sur la gouvernance des provinces
D’après le texte rapporté par Actualite.cd, l’article 2 de l’ordonnance fixe le thème de cette session : « Gouvernance territoriale et réforme institutionnelle ». Le pouvoir présente ce chantier comme l’un des piliers de la stabilité du pays, de son développement économique et de la refondation de l’État. La rencontre doit réunir le gouvernement central et les exécutifs provinciaux autour des questions de gestion et de développement des 26 provinces.
Le choix de ce thème n’est pas anodin. Il intervient alors que les relations entre gouverneurs et assemblées provinciales restent tendues dans plusieurs provinces, avec des motions, des blocages budgétaires et des querelles de compétence qui ralentissent l’action publique. La session de Matadi devrait donc servir de cadre pour discuter du fonctionnement des institutions provinciales et de leurs rapports avec Kinshasa.
Une annonce faite dès la session de Bandundu
Le choix de Matadi n’est pas une surprise. Il avait été annoncé par le président Félix Tshisekedi lui-même lors de la clôture de la 13e session, organisée à Bandundu, dans la province du Kwilu, du 24 au 27 mars 2026. Le chef de l’État avait alors indiqué que la session suivante se tiendrait dans le Kongo Central, avant une autre étape à Kananga, chef-lieu du Kasaï Central.
Officiellement consacrée à la transformation agricole et au développement rural, la session de Bandundu avait été marquée par un discours ferme du président sur la gouvernance provinciale. Selon Congo Quotidien, Félix Tshisekedi avait dénoncé les « logiques de confrontation, de captation ou de blocage » qui, à ses yeux, prennent le pas sur la bonne gestion dans certaines provinces. Il avait estimé que ces conflits entre exécutifs et assemblées provinciales freinent le développement et découragent les investisseurs, tout en rappelant l’article 200 de la Constitution, qui consacre la libre administration des provinces.
Le cadre légal de la Conférence
La Conférence des gouverneurs est régie par la loi organique n° 08/015 du 7 octobre 2008. Présidée par le chef de l’État, elle sert d’espace de concertation entre l’exécutif national et les gouverneurs de province. Elle émet des avis et formule des propositions sur les politiques publiques et la législation, avec pour mission de renforcer l’unité nationale et l’harmonie entre le pouvoir central et les provinces, ainsi qu’entre les provinces elles-mêmes.
La loi prévoit que ses sessions se tiennent à tour de rôle dans les différentes provinces, selon un calendrier établi. Une réunion peut toutefois être déplacée en cas de force majeure. Après le Grand Bandundu en mars, c’est donc au tour du Kongo Central d’accueillir les gouverneurs, les membres du gouvernement et les délégations provinciales.
Les enjeux pour Matadi et pour la décentralisation
Pour Matadi, ville portuaire et principale porte maritime du pays, l’accueil de cette session représente un défi logistique en matière d’hébergement, de sécurité et de transport, à moins de deux mois de l’échéance. Les autorités provinciales devraient être sollicitées pour préparer les infrastructures nécessaires à l’accueil des délégations venues de toutes les provinces.
Sur le fond, la session de décembre sera suivie de près par les acteurs de la décentralisation. Les gouverneurs pourraient y revenir sur des questions anciennes, comme la rétrocession des recettes aux provinces, le partage des compétences avec le pouvoir central et la stabilité des institutions provinciales. Reste à savoir si les recommandations attendues à Matadi se traduiront par des réformes concrètes, ou si elles rejoindront la liste des engagements pris lors des sessions précédentes sans réel suivi.
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