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Goma : face à James Swan, le FRN de Joseph Kabila rejette le renouvellement du mandat de la MONUSCO

Goma : face à James Swan, le FRN de Joseph Kabila rejette le renouvellement du mandat de la MONUSCO
Photo d’archive. Cette image ne montre pas la rencontre du 3 novembre 2026 à Goma : elle montre une activité de sensibilisation de la MONUSCO au campus Salomon de l’Université de Goma, le 21 mai 2022. Photo : MONUSCO Photos, Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 2.0.
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Le Front pour la refondation de la nation (FRN), la rébellion dirigée par Joseph Kabila, s’oppose à une nouvelle prolongation du mandat de la MONUSCO. Le mouvement l’a fait savoir au chef de la mission onusienne, James Swan, reçu le mardi 3 novembre à Goma, au Nord-Kivu, selon le compte rendu de la rencontre fait par son vice-président Bertrand Bisimwa et rapporté par Actualite.cd.

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Un mandat jugé sans fondement par la rébellion

Autour de Joseph Kabila se trouvaient notamment ses deux vice-présidents, Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa, ainsi que Moïse Nyarugabo et plusieurs officiers du mouvement. D’après Bertrand Bisimwa, c’est James Swan qui a mis sur la table la question de l’avenir de la mission, dont le mandat actuel arrive à échéance le 20 décembre 2026.

La réponse du FRN a été sans détour. Pour ses dirigeants, un renouvellement ne serait « fondé sur aucune base ». Après 28 ans de présence en RDC, le mouvement estime que le bilan de la mission est « un échec total » et qu’« un mandat de plus ne changerait absolument rien » à la situation du pays. Il souhaite donc que la MONUSCO poursuive le retrait engagé depuis plusieurs années, plutôt que de voir sa présence reconduite.

Le FRN fait toutefois une distinction. Il ne remet pas en cause, à ce stade, le rôle d’appui logistique et technique confié à la mission dans le cadre du processus de Doha, qui consiste à soutenir le mécanisme de vérification du cessez-le-feu. En revanche, il refuse que cette mission serve de justification à un redéploiement des casques bleus au Sud-Kivu. Bertrand Bisimwa affirme que les zones contrôlées par le mouvement dans cette province sont déjà stabilisées et rappelle que la MONUSCO n’avait pas répondu, selon lui, à une demande de protection des habitants lors d’exactions signalées à Uvira.

La Constitution et le front militaire au menu

La rencontre a également porté sur la présentation du nouveau front, sur les négociations de Doha et sur le projet de révision de la Constitution porté par le pouvoir. Le FRN dit avoir repris à son compte les engagements pris auparavant par l’AFC/M23 dans le processus facilité par le Qatar, en héritant, selon Bertrand Bisimwa, de leur actif comme de leur passif.

Le mouvement demande aux Nations unies d’intervenir auprès du président Félix Tshisekedi au sujet de son intention de changer la Constitution. Son argument : la Déclaration de principes, l’accord-cadre et les protocoles signés à Doha reposent sur le texte actuel. « Tout le processus de paix de Doha va tout simplement s’effondrer » s’il est modifié, a averti Bertrand Bisimwa.

Sur le plan militaire, le FRN accuse les forces gouvernementales et leurs alliés, parmi lesquels il cite les Wazalendo et l’armée burundaise, de mener des attaques au sol et par drones sur plusieurs fronts : Katogota, Lufungi, Mwenga, Kasika, Shabunda, Bunyakiri, Walikale, Pinga, Lubero, Minembwe, Masisi et Kalehe. À Minembwe, il dénonce un blocus rétabli depuis environ un mois, qui empêcherait l’acheminement de vivres et de médicaments, et fait état de morts et de blessés sans avancer de bilan. Ces accusations n’avaient pas reçu de réponse des parties mises en cause au moment de la publication du compte rendu, et les déclarations de James Swan à l’issue de l’échange n’ont pas été rendues publiques.

Une décision attendue au Conseil de sécurité en décembre

La position du FRN tranche avec celle de Kinshasa. Selon Actualite.cd, le gouvernement congolais plaide pour un renouvellement du mandat, en invoquant la menace sécuritaire persistante dans l’Est et le besoin d’appui pour appliquer le protocole d’accord conclu au sujet des FDLR. À l’approche de l’échéance, les autorités multiplient les séances de travail avec la mission afin de défendre un mandat aligné sur leurs priorités.

Le cadre actuel découle de la résolution 2808, adoptée par le Conseil de sécurité le 19 décembre 2025. Elle autorise notamment la MONUSCO à soutenir le cessez-le-feu permanent et le mécanisme de vérification convenu à Doha. La mission a déjà accompagné les premières missions de vérification à Minembwe, au Sud-Kivu, et à Masisi, au Nord-Kivu.

Le FRN a demandé à James Swan de relayer ses préoccupations auprès du Conseil de sécurité et de la communauté internationale. Les quinze membres du Conseil devront se prononcer en décembre sur l’avenir de la mission. Leur décision dira si la MONUSCO garde un rôle dans les territoires tenus par la rébellion, ou si le retrait réclamé par le FRN s’accélère, alors que le processus de Doha reste fragile.

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