La ministre d’État chargée de l’Éducation nationale, Raïssa Malu, a ouvert le 2 novembre à Kinshasa un atelier de réflexion consacré à la création des instituts de formation aux métiers de l’enseignement. Les travaux, prévus sur trois jours, doivent définir les orientations pédagogiques et l’organisation de ces futurs établissements.
L’atelier réunit des représentants du ministère, de l’UNESCO, du Partenariat mondial pour l’éducation et de l’Agence française de développement. Il s’inscrit dans le Plan quinquennal de l’éducation 2024-2029, qui prévoit un renforcement de la professionnalisation des enseignants.
La création des instituts, désignés par le sigle IFME, vise à structurer la formation initiale et continue autour des compétences nécessaires en classe. Le projet devra toutefois préciser le statut des établissements, les diplômes délivrés, les conditions d’admission et la place des structures de formation déjà actives.
Un référentiel commun pour la formation
Le contenu des programmes constitue l’un des principaux enjeux. La maîtrise des disciplines reste indispensable, mais elle doit être accompagnée par la pédagogie, l’évaluation des apprentissages, la gestion d’une classe nombreuse et l’adaptation aux besoins des élèves.
La formation pratique devra également occuper une place claire. Des stages encadrés dans les écoles permettraient aux futurs enseignants d’observer des cours, de préparer des leçons et de recevoir un retour de formateurs expérimentés avant leur affectation.
Les IFME pourraient aussi servir à la formation continue. Les méthodes d’enseignement, les programmes et les outils numériques évoluent. Un mécanisme régulier de mise à niveau éviterait que la formation s’arrête au moment de l’entrée dans la profession.
Le déploiement dépendra des moyens disponibles
La création d’un nouvel institut nécessite des bâtiments, des formateurs, des bibliothèques, des équipements et un budget de fonctionnement. Le gouvernement devra indiquer combien d’IFME seront ouverts, dans quelles provinces et selon quel calendrier.
La répartition géographique est importante pour éviter que les candidats des provinces éloignées supportent des coûts de déplacement trop élevés. Une implantation progressive peut commencer dans plusieurs bassins éducatifs, à condition que les critères de sélection soient publics et que les mêmes normes soient appliquées.
Le lien entre formation et recrutement devra aussi être clarifié. Les diplômés ont besoin de connaître les procédures d’accès à la fonction enseignante, tandis que l’État doit disposer d’une estimation fiable des postes disponibles par discipline et par province.
L’atelier de Kinshasa ouvre donc une phase de conception. Les décisions attendues concernent le modèle pédagogique, la gouvernance, le financement et le calendrier. Leur publication permettra aux enseignants, aux écoles et aux partenaires de suivre le passage du projet à la mise en œuvre.
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