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Butembo : les commerçants en grève contre la multiplication des taxes, le centre-ville paralysé

Butembo : les commerçants en grève contre la multiplication des taxes, le centre-ville paralysé
Photo d’archive. Cette image ne montre pas la grève des commerçants de Butembo : on y voit un marché de Butembo, au Nord-Kivu, où travaillent des commerçantes. Photo : Myra vah, Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0.
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À Butembo, dans la province du Nord-Kivu, les opérateurs économiques maintiennent depuis le lundi 2 novembre 2026 une grève qui a vidé une partie du centre commercial de la ville. Ils protestent contre la multiplication des taxes, la pression fiscale et les tracasseries attribuées à plusieurs services de l’État. Selon Actualite.cd, le mouvement se poursuivait ce mardi 3 novembre pour une deuxième journée, sans perspective de sortie de crise.

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Des galeries fermées jusqu’à nouvel ordre

D’après Radio Moto Butembo-Beni, les commerçants ont décidé de garder fermés leurs galeries, boutiques, dépôts et kiosques jusqu’à nouvel ordre. Lundi, de nombreux magasins du centre-ville sont restés portes closes toute la journée. Les petits commerçants se plaignent également de contrôles menés directement sur leurs lieux de travail.

La liste des services mis en cause est longue. Selon Actualite.cd, les grévistes visent notamment la Direction générale des impôts (DGI), la Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participations (DGRAD), la Direction générale des recettes du Nord-Kivu (DGRNK) et la Direction générale des douanes et accises (DGDA). Ils citent aussi les services de l’Environnement, du Tourisme et de l’Économie, l’Inspection du travail, la Société nationale d’assurances (SONAS), la Société congolaise des droits d’auteur et des droits voisins (SOCODA) ainsi que les services des Postes et télécommunications.

Patrick Tsongo, porte-parole occasionnel des associations et syndicats d’opérateurs économiques de Butembo, parle d’une surtaxation sur le terrain. Il accuse la DGI de brandir des menaces de régularisation qu’il juge sans fondement, et reproche à la DGRAD de dépêcher ses agents accompagnés d’éléments de la police (CPCC). Selon lui, la lutte dépasse le seul cercle des commerçants et concerne une population déjà éprouvée par la guerre, les massacres et les pillages.

Un compromis qui n’a pas tenu

La grève avait pourtant semblé évitée. Annoncé le jeudi 29 octobre par une coalition de quatorze syndicats et associations, dont la Fédération de commerce et industrie (FCI), le mouvement devait démarrer le 2 novembre. Le samedi 31 octobre, une réunion au bureau de liaison du gouvernorat à Butembo, en présence de l’abbé Patrick Kasolene, conseiller du gouverneur militaire du Nord-Kivu, avait débouché sur l’annonce d’un report. Selon Radio Moto, l’autorité provinciale s’était engagée à se saisir des problèmes soulevés, et une nouvelle rencontre avec le maire avait été fixée au lundi.

Cette réunion, tenue à l’hôtel de ville le 2 novembre, s’est achevée sans accord. Les opérateurs économiques affirment avoir formulé des propositions, mais estiment que ni le maire ni les responsables des services concernés n’y ont apporté de réponse concrète. Ils ont donc lancé la grève et demandent à leurs membres de rester chez eux. Selon Reporter.cd, ils réclament désormais l’implication directe du gouverneur militaire du Nord-Kivu pour obtenir une solution durable. À ce stade, aucune réaction publique de la mairie ni des régies financières visées n’a été rapportée par la presse locale.

Une contestation qui gagne le Grand Nord

Le mouvement de Butembo s’inscrit dans un malaise plus large dans le Grand Nord du Nord-Kivu. Selon Actualite.cd, les activités commerciales avaient déjà été paralysées à Beni le jeudi 29 octobre : boutiques, magasins et pharmacies y avaient fermé pour protester contre la multiplication des taxes. Les commerçants de Beni contestent en particulier la perception de la taxe professionnelle annuelle, dont le gouverneur militaire avait annoncé la suspension dans une lettre datée du 10 septembre 2025. Ils affirment que certains montants sont passés de 10 000 à 50 000 francs congolais, et d’autres de 50 000 à 200 000, voire 300 000 francs congolais.

Au poste frontalier de Kasindi, des camions seraient par ailleurs bloqués depuis près d’un mois à la suite de hausses de taxes et de frais douaniers, toujours selon Actualite.cd. Lors de l’annonce de la grève, les opérateurs de Butembo avaient aussi plaidé pour un allègement fiscal en invoquant l’insécurité et l’épidémie d’Ebola qui touchent la région, d’après Radio Moto.

Les enjeux

Butembo est l’un des principaux pôles commerciaux de l’est de la RDC, et une fermeture prolongée de ses commerces pèserait sur l’approvisionnement des ménages comme sur les recettes publiques que les services de l’État cherchent justement à collecter. L’issue dépend désormais de la réponse de l’autorité provinciale, sollicitée par les grévistes. Dans une région soumise à l’état de siège et frappée par l’insécurité et Ebola, la question de l’équilibre entre mobilisation des recettes et survie des activités économiques reste entière.

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