Un an après l’effondrement meurtrier d’une tranchée sur le site minier de Mulondo, dans le territoire de Mutshatsha (province du Lualaba), les creuseurs artisanaux vont pouvoir reprendre le travail. Le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a supervisé le lundi 2 novembre la mise en œuvre d’un accord entre la coopérative COMIKAN et l’opérateur industriel PAJECLEM, qui cède deux carrés miniers aux exploitants artisanaux, rapporte Actualite.cd.
Deux carrés miniers pour les artisanaux
Selon le média, l’accord prévoit que les activités de la coopérative COMIKAN reprennent dans un périmètre clairement délimité, constitué des deux carrés miniers mis à disposition par PAJECLEM. La société, qui a succédé à CHEMAF sur ce site, garde en revanche ses prérogatives sur le reste de la concession.
Louis Watum Kabamba, qui a joué le rôle de médiateur entre les deux parties, s’est rendu sur place pour inspecter les espaces concernés. Il était accompagné du ministre provincial des Mines du Lualaba et de membres de la commission interservices chargée de l’assainissement du secteur minier. Le ministre a donné des orientations pour encadrer cette nouvelle organisation et éviter que de nouveaux conflits n’éclatent entre creuseurs et opérateur industriel.
Le directeur général de COMIKAN a salué l’aboutissement de la démarche. D’après Actualite.cd, il a aussi appelé les membres de la coopérative à faire preuve de responsabilité et à respecter les règles qui encadrent désormais leurs activités sur le site.
Plus d’un an de blocage après le drame
Le site de Mulondo avait été le théâtre d’un drame en novembre 2025. Un mouvement de panique parmi les creuseurs avait provoqué l’effondrement d’une tranchée, faisant une trentaine de morts selon Actualite.cd. Le bilan a varié selon les sources : plusieurs médias congolais avaient alors évoqué plus de trente victimes, certains avançant des chiffres plus élevés, sans qu’un décompte définitif ne fasse l’unanimité.
À l’époque, selon des informations rapportées par Actualite.cd et Congo Quotidien, la panique aurait été déclenchée par des tirs de militaires chargés de sécuriser la zone, les creuseurs s’étant entassés dans une tranchée profonde en tentant de fuir. Cette version n’avait pas été confirmée officiellement. Le ministre des Mines avait alors promis que toute personne impliquée devrait répondre de ses actes, des sanctions étant attendues après le rapport final.
Depuis, la situation était restée tendue. Les exploitants de COMIKAN et PAJECLEM ne s’entendaient pas sur l’accès au site ni sur les conditions d’une reprise. Résultat : les creuseurs artisanaux sont restés à l’écart de Mulondo pendant plus d’un an, privés de leur principale source de revenus.
La cohabitation entre artisanaux et industriels en question
Le cas de Mulondo illustre une tension récurrente dans le Lualaba et le Haut-Katanga, où des milliers de creuseurs travaillent sur ou à proximité de concessions attribuées à des sociétés industrielles. Peu après le drame de 2025, le ministre Louis Watum avait annoncé, lors d’une mission à Kolwezi, l’identification de 64 zones d’exploitation artisanale jugées viables dans la province, avec des arrêtés déjà signés. L’objectif affiché était de réduire les conflits entre coopératives et investisseurs en offrant aux artisanaux des espaces légaux.
La question de la sécurisation des sites reste sensible. Cette semaine encore, l’ONG Justicia Asbl a dénoncé la présence d’environ 5 000 militaires et policiers sur des sites miniers du Haut-Katanga et du Lualaba, malgré l’interdiction présidentielle de juillet.
Une solution qui reste à éprouver
Le compromis trouvé à Mulondo pourrait servir de modèle pour d’autres sites disputés. Mais, comme le souligne Actualite.cd, sa réussite dépendra de l’application effective des engagements pris, du respect par chacun des périmètres attribués et des garanties de sécurité offertes à tous les acteurs présents sur le site.
Plusieurs points n’ont pas été rendus publics à ce stade, notamment la durée de l’accord, la localisation précise des deux carrés et les mesures de sécurité prévues pour éviter qu’un drame comparable ne se reproduise. Les familles des victimes de 2025 attendent toujours, de leur côté, les conclusions et les sanctions promises par les autorités.
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