La candidature de Juliana Amato Lumumba au secrétariat général de l’Organisation internationale de la Francophonie entre dans sa phase décisive. Le prochain dirigeant de l’OIF doit être désigné à Phnom Penh, au Cambodge, lors du vingtième Sommet de la Francophonie prévu les 15 et 16 novembre 2026.
Félix Tshisekedi avait présenté officiellement cette candidature en mars à Kinshasa. La Présidence l’avait alors inscrite dans une stratégie visant à renforcer la place de la République démocratique du Congo au sein de l’espace francophone. À moins de deux semaines du sommet, l’enjeu se déplace désormais vers les consultations entre les États membres.
Juliana Lumumba défend un programme centré sur la coopération économique, la jeunesse, l’innovation, la circulation des talents et le rôle politique de la Francophonie. Sa candidature affronte notamment celle de la secrétaire générale sortante Louise Mushikiwabo, ainsi que celles annoncées par la Mauritanie et la Roumanie.
Une désignation fondée sur le consensus
Le secrétaire général de l’OIF n’est pas élu au suffrage direct. La décision appartient aux chefs d’État et de gouvernement réunis au sommet. Les soutiens diplomatiques, les équilibres régionaux et la capacité des candidats à rassembler au-delà de leur pays d’origine pèseront donc dans le choix final.
La RDC met en avant son poids démographique dans l’espace francophone et son engagement dans les institutions de l’organisation. Cet argument ne garantit toutefois pas une désignation. Kinshasa devra convaincre des États aux priorités différentes et distinguer les appuis formellement acquis des simples rencontres diplomatiques.
La campagne s’inscrit aussi dans un contexte de tensions entre la RDC et le Rwanda. Les autorités congolaises présentent la candidature comme un projet pour l’ensemble de la Francophonie, tandis que Louise Mushikiwabo sollicite un nouveau mandat. Le débat devra donc porter sur les programmes, la gouvernance de l’organisation et les résultats attendus, sans réduire le scrutin à un affrontement bilatéral.
Un test pour la diplomatie congolaise
Cette échéance intervient alors que Kinshasa cherche à élargir ses partenariats. Le déplacement présidentiel à Moscou a récemment illustré cette volonté de mobiliser de nouveaux soutiens sur les questions de paix, d’investissement et de coopération. NZADI News a détaillé la demande adressée par Félix Tshisekedi à la Russie sur la paix dans l’Est.
La Francophonie ne se limite pas aux relations diplomatiques. Elle intervient aussi dans la culture, l’éducation et la protection du patrimoine. Les échanges entre la RDC et l’UNESCO autour du tissage kuba montrent un autre volet de cette coopération culturelle.
Le résultat de Phnom Penh permettra de mesurer l’efficacité de la campagne conduite depuis plusieurs mois. Une victoire donnerait à la RDC une responsabilité importante dans une organisation qui regroupe des États de plusieurs continents. Un échec obligerait les autorités à évaluer les soutiens réellement obtenus et la manière dont le pays construit ses coalitions internationales.
Jusqu’au sommet, la prudence reste nécessaire. Aucune désignation ne peut être présentée comme acquise avant la décision des chefs d’État et de gouvernement. La dernière ligne droite se jouera donc dans les consultations diplomatiques et dans la capacité de chaque candidature à proposer un projet commun crédible.
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