Le Sénat de la République démocratique du Congo a ouvert, vendredi 6 novembre 2026 à Kinshasa, l’examen du projet de loi de programmation militaire (LPM) pour la période 2027-2030. Réunis en plénière sous la direction de leur président, Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge, les sénateurs ont confié le texte à la Commission Défense, Sécurité et Frontière, qui doit rendre son rapport dans un délai de cinq jours, selon Actualite.cd qui cite la cellule de communication de la chambre haute.
Un texte déjà passé par l’Assemblée nationale
Le projet arrive au Sénat après un parcours entamé l’été dernier à l’Assemblée nationale. Le mardi 14 juillet 2026, le Vice-Premier ministre, ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants, Guy Kabombo Muadiamvita, l’avait présenté et défendu devant les députés réunis en séance plénière, comme l’avaient rapporté plusieurs médias congolais, dont Infos-Express. D’après Actualite.cd, le texte a ensuite été adopté en première lecture par la chambre basse.
Quelques jours plus tard, le 20 juillet, les commissions Défense et Sécurité des deux chambres avaient entamé des auditions conjointes. Selon Congo-Press, le ministre y avait dressé un état des lieux des Forces armées de la RDC (FARDC), reconnaissant d’importantes lacunes en matière de formation, d’équipement et d’infrastructures. Plusieurs officiers généraux et supérieurs avaient, à cette occasion, demandé aux parlementaires de doter l’armée de moyens financiers, matériels et logistiques suffisants pour accélérer sa professionnalisation.
La procédure prévue au Sénat est désormais encadrée par l’article 128, alinéa 2, de son règlement intérieur. Une fois le rapport de la commission présenté, la plénière devra se prononcer sur le texte.
Six programmes pour moderniser les FARDC
La loi de programmation militaire est un instrument à la fois stratégique et financier, étalé sur plusieurs années. Elle doit permettre de planifier l’équipement, la modernisation et la montée en puissance de l’armée, en s’insérant dans le budget de l’État. Elle remplace la précédente programmation, qui couvrait la période 2022-2025 et qui est arrivée à échéance. Le gouvernement justifie cette nouvelle loi par la nécessité d’adapter le cadre légal aux réalités opérationnelles actuelles, après avoir relevé les insuffisances qui avaient freiné l’exécution de l’ancien texte.
Le projet est articulé autour de six programmes : l’administration générale, présentée comme un moyen de placer l’humain au centre de la défense ; l’instruction, la formation et la recherche militaires ; les équipements et matériels ; la modernisation des infrastructures ; l’entraînement, les opérations et le renseignement militaire ; enfin, le développement d’une industrie de défense nationale.
Devant les députés, Guy Kabombo Muadiamvita avait affirmé que cette loi définit les priorités nationales en matière de défense. Il avait également insisté pour que la programmation soit effectivement prise en compte dans les lois de finances, condition indispensable à sa mise en oeuvre. Les articles consultés ne mentionnent toutefois aucun montant global pour la période 2027-2030.
Un financement à consolider
En parallèle, le gouvernement mise sur le Fonds de soutien au développement des FARDC (FSD-FARDC), créé par ordonnance présidentielle après son adoption en Conseil des ministres. Ce fonds doit mobiliser des ressources supplémentaires en faveur de l’armée. Une campagne de sensibilisation est menée auprès de partenaires et de donateurs, publics comme privés, selon les déclarations du ministre de la Défense rapportées par la presse.
Les enjeux d’un vote attendu
L’examen de ce texte intervient dans un contexte sécuritaire tendu. Dans l’est du pays, les FARDC font face depuis plusieurs semaines à des combats contre la rébellion du Front pour la Refondation de la Nation (FRN), notamment au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, tandis que d’autres groupes armés restent actifs en Ituri et dans le territoire de Beni.
Si le Sénat adopte le texte dans les mêmes termes que l’Assemblée nationale, il pourra être transmis au chef de l’État pour promulgation. En cas de divergences, une harmonisation entre les deux chambres sera nécessaire. Au delà du vote, la principale question restera celle de l’exécution : la crédibilité de cette nouvelle programmation dépendra des crédits effectivement inscrits et décaissés dans les budgets annuels, à commencer par celui de 2027, actuellement en discussion au Parlement.
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