Des hommes armés ont tenté d’incendier le Centre de traitement Ebola (CTE) géré par Médecins sans frontières (MSF) à Beni, dans la province du Nord-Kivu, au cours de la nuit du vendredi 6 au samedi 7 novembre 2026. Selon la police nationale, citée par Actualite.cd, l’intervention des forces de sécurité a permis de faire échouer l’opération. Des coups de feu ont retenti dans le quartier et provoqué la panique parmi les habitants. Aucune victime n’a été signalée et le centre n’a pas été détruit.
Des bouteilles d’essence retrouvées sur place
D’après Nasson Murara, chargé de communication de la police nationale à Beni, les assaillants avaient apporté des bouteilles remplies d’essence pour mettre le feu à la structure sanitaire. Ces engins incendiaires n’ont pas explosé. Ils ont été récupérés par les enquêteurs du commissariat urbain de Beni et versés au dossier.
Les auteurs de l’attaque n’ont pas encore été formellement identifiés et l’enquête se poursuit. Samedi matin, le calme était revenu autour du centre, selon les mêmes sources.
La police avance toutefois une piste pour expliquer cet acte. Vendredi, une jeune femme testée positive au virus Ebola est décédée dans ce centre. Selon les forces de l’ordre, elle était l’épouse d’un membre présumé du groupe Mzalendo. Des proches de ce dernier auraient d’abord tenté, sans succès, de récupérer son corps par tous les moyens, avant de revenir pendant la nuit pour s’en prendre au CTE.
La police nationale a fermement condamné ces agissements. Elle a demandé à la population de ne pas s’attaquer au personnel soignant ni aux structures qui accueillent les malades.
Un centre ouvert en août pour renforcer la riposte
Le centre visé est le deuxième CTE de Beni. Il a été mis en service le 10 août 2026 avec l’appui de MSF Hollande et dispose de 32 lits destinés à isoler et soigner les cas suspects et confirmés, d’après Actualite.cd. Il complète un premier centre de 20 lits installé à l’Hôpital général de référence de Beni et ouvert le 4 juillet.
La zone de santé de Beni reste l’un des foyers les plus touchés par l’épidémie due au virus Bundibugyo, déclarée le 15 mai dernier. Depuis la résurgence de la maladie dans la ville, plus de 800 cas y ont été notifiés et plus de la moitié des patients sont morts, selon Actualite.cd. À l’échelle du pays, les autorités comptabilisent plus de 10 700 cas confirmés et plus de 5 200 décès, principalement dans l’est, d’après des chiffres rapportés par l’agence Xinhua.
Une riposte fragilisée par la méfiance et l’insécurité
Cette tentative d’incendie s’ajoute à une série d’incidents qui compliquent le travail des équipes sanitaires dans le territoire. Le 24 septembre, au cimetière de Katula-Paida, une contestation autour d’un enterrement sécurisé avait dégénéré : des projectiles avaient été lancés contre l’équipe de riposte et des tirs des forces de sécurité avaient fait au moins un mort, selon Reuters et des médias locaux. Les bilans étaient alors restés contradictoires.
Les violences armées pèsent aussi sur la lutte contre la maladie. Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), l’attaque meurtrière de la nuit du 5 au 6 novembre à Cantine-Aloya, dans le territoire de Beni, a détruit un centre de santé. Des personnes ayant été en contact avec des malades d’Ebola ont fui un centre d’observation, ce qui complique leur suivi, et les équipes ont dû suspendre leurs activités dans la zone. OCHA a appelé toutes les parties à protéger les civils et à garantir un accès sûr aux travailleurs humanitaires et au personnel de santé.
Les enjeux
Les autorités locales et les soignants insistent sur le respect des mesures barrières et sur la collaboration de la population avec les équipes de riposte. L’Organisation mondiale de la santé, qui a classé cette épidémie comme une urgence de santé publique de portée internationale, rappelle régulièrement que les enterrements sécurisés et l’engagement des communautés sont essentiels pour couper les chaînes de transmission.
Les conclusions de l’enquête ouverte par la police de Beni sont attendues. Elles devront établir les responsabilités dans cette attaque contre une structure de soins, alors que la protection des centres de traitement apparaît plus que jamais comme une condition pour contenir l’épidémie dans le Nord-Kivu.
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