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Sud-Kivu : le choléra fait 14 nouveaux morts en une semaine, 31 zones de santé touchées

Sud-Kivu : le choléra fait 14 nouveaux morts en une semaine, 31 zones de santé touchées
Photo d’archive. Cette image ne montre pas les malades du choléra recensés au Sud-Kivu fin octobre 2026. Image diffusée par la MONUSCO dans le cadre de la lutte contre le choléra, date non précisée. Photo : MONUSCO Photos, Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 2.0.
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L’épidémie de choléra continue de progresser au Sud-Kivu. Selon les données de la division provinciale de la santé (DPS) rapportées jeudi 5 novembre 2026 par Actualite.cd, 14 personnes sont décédées de la maladie au cours de la semaine épidémiologique 44, qui s’étend du 25 au 31 octobre. Sur la même période, environ 668 nouveaux cas ont été notifiés dans la province, où 31 des 34 zones de santé sont désormais concernées.

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Plus de 300 morts depuis janvier

Le nombre de cas hebdomadaires marque un léger recul par rapport à la semaine 43, qui en comptait 734, d’après les mêmes chiffres de la DPS. Mais la tendance de fond reste préoccupante. Depuis le début de l’année, le Sud-Kivu totalise 17 796 cas de choléra et 307 décès. Parmi ces morts, 187 sont survenues dans des structures de santé et 120 au sein des communautés, ce qui signifie qu’une part importante des malades meurt sans avoir pu recevoir de soins.

L’aggravation est nette sur les dernières semaines. Le 22 octobre, un responsable de la communication de la DPS, Claude Bahizire, avait fait état auprès de la radio KJN de 16 024 cas et de plus de 200 décès depuis janvier, avec 28 zones de santé ayant notifié au moins un cas. En moins de deux semaines, la province a donc enregistré près de 1 800 cas supplémentaires et trois nouvelles zones de santé ont été atteintes.

Les nouveaux cas de la semaine 44 proviennent notamment des zones de santé d’Uvira, Ibanda, Kimbi Lulenge, Kamituga, Mulungu et Kalonge, selon Actualite.cd. À la fin octobre, la DPS citait déjà Fizi, Ibanda et Shabunda parmi les zones les plus touchées depuis le début de l’année, avec respectivement plus de 2 540, 2 300 et 1 500 cas.

Manque d’intrants et de points de chloration

Les autorités sanitaires provinciales reconnaissent plusieurs failles dans la riposte. La DPS signale des ruptures d’intrants nécessaires à la prise en charge des malades dans certaines zones, ainsi que des retards dans l’acheminement des échantillons vers le laboratoire, ce qui ralentit la confirmation des cas et la prise de décisions.

Elle évoque aussi un manque de motivation des prestataires de soins dans certaines zones en épidémie. Enfin, les sites de chloration de l’eau sont jugés insuffisants, voire inexistants, dans des zones considérées comme prioritaires, en particulier Katana, Shabunda, Mulungu et Kalehe.

Pour expliquer la propagation, la DPS avait pointé en octobre le non-respect des mesures de prévention, les retards dans la prise en charge, l’insuffisance d’eau potable et la mauvaise gestion des déchets. Le choléra se transmet principalement par l’eau et les aliments contaminés, et peut tuer en quelques heures en l’absence de réhydratation.

Une riposte sous pression dans l’Est

Cette flambée intervient dans un contexte sanitaire déjà tendu pour l’est de la RDC, où les équipes de santé sont mobilisées sur plusieurs fronts, dont la riposte contre Ebola. Au Sud-Kivu, l’insécurité persistante et les déplacements de population compliquent l’accès aux soins, à l’eau potable et à l’assainissement, des conditions qui favorisent la circulation de la maladie.

Les autorités sanitaires recommandent à la population de respecter les règles d’hygiène, notamment le lavage des mains, de consommer uniquement de l’eau traitée ou bouillie et de se rendre rapidement dans une structure de santé dès l’apparition de diarrhées ou de vomissements.

Le principal enjeu des prochaines semaines sera de rétablir l’approvisionnement en intrants et d’étendre les points de chloration dans les zones prioritaires. La légère baisse du nombre de cas observée entre les semaines 43 et 44 devra être confirmée par les prochains bulletins de la DPS avant de pouvoir parler d’un ralentissement de l’épidémie.

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