Pendant trois jours, du 28 au 30 octobre 2026, près de 190 acteurs de la santé se sont réunis à Kisangani, chef-lieu de la Tshopo, pour passer au crible la riposte contre la 17e épidémie de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo. Cette revue intra-action, coordonnée par l’Institut national de santé publique (INSP), a dressé un bilan contrasté : le recul des cas se confirme dans plusieurs zones, mais de nouveaux foyers inquiètent sur l’axe Beni, Mabalako et Mandima. Plusieurs décisions ont été prises pour corriger les faiblesses relevées, selon Actualite.cd.
Une évaluation à mi-parcours de la riposte
La rencontre a été ouverte par le directeur de cabinet du ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, au nom du ministre, rapporte le site AfricaNews RDC. Experts de la coordination multisectorielle, responsables provinciaux et partenaires techniques et financiers y ont pris part. L’objectif annoncé était d’analyser les interventions menées depuis le début de l’épidémie, de repérer les stratégies qui ont fonctionné, d’examiner les difficultés rencontrées et de formuler des recommandations concrètes pour adapter les plans d’action aux réalités du terrain.
Cette épidémie est due à la souche Bundibugyo du virus Ebola. D’après le rapport de situation de l’INSP daté du 10 octobre, elle avait alors touché sept provinces (Ituri, Nord-Kivu, Haut-Uele, Tshopo, Sud-Kivu, Bas-Uele et Sud-Ubangi) et 65 zones de santé sur les 167 du pays. Le même document faisait état de 8 978 cas confirmés et de 4 336 décès confirmés, soit une létalité d’environ 48 %, ainsi que de 2 356 personnes guéries.
Des signes de reflux, mais des foyers persistants
Le docteur Steve Ahuka, gestionnaire de l’incident pour cette épidémie, a fait état d’une baisse générale du nombre de cas et de décès, selon Actualite.cd. Certaines zones de santé, dont celle de Kisangani, ont dépassé le seuil de 42 jours sans nouveau cas, soit deux périodes d’incubation maximales. La province du Sud-Ubangi devait elle aussi atteindre prochainement ce cap. En Ituri, considérée comme l’épicentre de l’épidémie, des zones de santé ont franchi la barre des 21 jours sans cas.
Le tableau n’est toutefois pas uniforme. Sur l’axe Beni, Mabalako et Mandima, les participants ont constaté une hausse des cas au cours des trois dernières semaines. À Bafwasende, dans la Tshopo, des chaînes de transmission ont été reliées à une résistance d’une partie de la communauté face aux équipes de riposte. Ces observations interviennent alors que des difficultés logistiques, notamment un manque de carburant, avaient été signalées fin octobre dans le territoire de Beni.
Quarantaine, suivi des contacts et chefs de village
Parmi les acquis jugés à préserver, la revue a retenu la vaccination et la prophylaxie post-exposition, que les participants recommandent de maintenir et d’étendre à davantage de sites. Le rapport de situation de l’INSP du 10 octobre montrait pourtant des disparités : la vaccination avançait au Haut-Uele, tandis qu’elle était suspendue en Ituri dans l’attente d’un nouvel approvisionnement.
Les faiblesses identifiées ont donné lieu à plusieurs décisions. L’alimentation des personnes placées en quarantaine dans certains centres de traitement Ebola a été jugée insuffisante et doit être renforcée. Le suivi des contacts, maillon essentiel pour casser les chaînes de transmission, devra bénéficier de moyens supplémentaires afin d’atteindre les indicateurs fixés. Enfin, les participants ont adopté une approche qui associe davantage les autorités coutumières : les chefs de village seront intégrés aux réseaux de relais communautaires. Présentée par son gouverneur Jean Bakomito, l’expérience du Haut-Uele a été citée en exemple sur ce point.
Les enjeux des prochaines semaines
La suite de la riposte dépendra de la capacité des équipes à contenir les nouveaux foyers du Nord-Kivu et de l’Ituri tout en consolidant les zones déjà sorties de la transmission active. L’adhésion des communautés, la disponibilité des vaccins et le financement de la logistique restent des conditions déterminantes. Une zone de santé ne peut être déclarée libre d’Ebola qu’après 42 jours consécutifs sans nouveau cas, ce qui laisse encore de longues semaines de vigilance avant d’envisager la fin de cette épidémie, l’une des plus meurtrières qu’ait connues le pays.
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