Le Fonds monétaire international (FMI) et le gouvernement de la République démocratique du Congo sont parvenus, le mercredi 4 novembre 2026 à Kinshasa, à un accord au niveau des services sur deux revues des programmes économiques en cours. Selon le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde, cet accord pourrait ouvrir la voie à un décaissement d’environ 771 millions de dollars américains, dont près de 240 millions destinés à la riposte contre Ebola, si le Conseil d’administration du Fonds donne son feu vert en décembre.
Deux revues bouclées après deux semaines de discussions
La mission du FMI, conduite par Calixte Ahokpossi, chef de mission pour la RDC, a séjourné à Kinshasa du 22 octobre au 4 novembre. Ses échanges avec les autorités ont porté sur la quatrième revue du programme appuyé par la Facilité élargie de crédit (FEC) et sur la troisième revue de celui soutenu par la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD), rapporte Actualite.cd.
Un accord au niveau des services n’est pas encore définitif. Il doit être validé par la Direction générale puis par le Conseil d’administration de l’institution, dont l’examen du dossier est envisagé pour la mi-décembre 2026. Le site économique XTRAfrica précise de son côté que le montant de 771 millions de dollars a été avancé par le ministre et n’apparaît pas, à ce stade, dans la communication du Fonds.
Le pays applique depuis janvier 2025 un programme triennal combinant ces deux instruments. Le précédent accord avec le FMI, couvrant la période 2021 à 2024, s’était achevé en juillet 2024. Le volet FEC vise la stabilité macroéconomique, la mobilisation des recettes, la modernisation de la gestion des finances publiques et l’amélioration de la gouvernance. Le volet FRD accompagne la protection des forêts, la résilience face aux catastrophes naturelles et l’intégration du climat dans les investissements publics.
Une croissance attendue au-dessus de 5 %, mais une inflation en hausse
D’après les éléments rendus publics, les services du Fonds tablent sur une croissance du produit intérieur brut supérieure à 5 % en 2026 et à moyen terme. Cette prévision tient compte d’un ralentissement lié à l’épidémie d’Ebola et à des difficultés rencontrées par deux grandes mines, selon XTRAfrica. L’inflation, elle, devrait remonter vers 9 % d’ici fin décembre, sous l’effet de la hausse des prix des carburants et des denrées alimentaires.
La Banque centrale du Congo a maintenu son taux directeur à 12,5 % en octobre. Le FMI l’invite à se tenir prête à resserrer sa politique si les anticipations d’inflation venaient à se dégrader. Sur le plan budgétaire, Actualite.cd indique que le déficit intérieur à fin juin 2026 est resté en dessous du plafond prévu par le programme.
Le gouvernement a par ailleurs sollicité un assouplissement des plafonds de déficit pour 2026 et 2027, ainsi qu’un accès élargi aux ressources du Fonds au titre des deux facilités. Ces demandes seront tranchées par le Conseil d’administration.
Liste grise du GAFI, forêts et discipline budgétaire
La mission a salué le retrait de la RDC de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI), annoncé le 30 octobre à Paris, après une surveillance renforcée engagée en octobre 2022. Le Fonds appelle toutefois à consolider ces acquis en renforçant la gouvernance, la lutte contre la corruption et le climat des affaires. Il recommande aussi de mieux encadrer le respect des normes environnementales et sociales dans le secteur minier.
Parmi les autres priorités citées figurent l’application plus rapide des mesures de recettes inscrites au budget 2026, une meilleure maîtrise de la masse salariale, l’achèvement du compte unique du Trésor et la limitation des dépenses engagées en procédure d’urgence. Au titre de la FRD, le FMI s’est félicité de l’adoption par le gouvernement du projet de Code forestier révisé et d’un projet de loi sur les partenariats public-privé intégrant les enjeux climatiques.
Ce qui est attendu d’ici décembre
Pour Doudou Fwamba Likunde, ces résultats s’ajoutent à l’entrée du pays sur les marchés internationaux de capitaux et à sa sortie de la liste grise. Sur le réseau social X, le ministre a affirmé que l’enjeu est désormais de convertir cette confiance en investissements et en emplois, tout en faisant face aux urgences sécuritaires et sanitaires.
L’approbation du Conseil d’administration, attendue en décembre, conditionnera le versement des fonds. D’ici là, les autorités devront démontrer leur capacité à tenir les engagements de recettes et de dépenses, dans un contexte marqué par la persistance de foyers d’Ebola dans l’est et par la pression sécuritaire qui pèse sur les finances de l’État.
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