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Beni : entre 24 et 35 civils tués dans une attaque attribuée aux ADF à Cantine-Aloya

Beni : entre 24 et 35 civils tués dans une attaque attribuée aux ADF à Cantine-Aloya
Visite professionnelle dans des installations de la REGIDESO. Photo d’illustration : Romain Shabani, Wikimedia Commons, domaine public CC0. Image recadrée.
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Une nouvelle attaque attribuée aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) a frappé la localité de Cantine-Aloya, à la limite des territoires de Beni et de Lubero, au Nord-Kivu, dans la nuit du jeudi 5 au vendredi 6 novembre 2026. Les bilans provisoires publiés par les médias et les organisations locales varient de 24 à 35 civils tués, dans une zone qui connaissait une relative accalmie depuis plusieurs mois.

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Une incursion nocturne au cœur de la localité

Selon des sources locales citées par Radio Moto et Reporter.cd, les premiers coups de feu ont été entendus vers 23 h 50 le jeudi. Radio Okapi situe le début de l’attaque vers 23 heures, tandis qu’un chef de village interrogé par Actualite.cd affirme avoir entendu des tirs dès 21 heures. Cantine-Aloya se trouve dans le groupement Baswagha-Madiwe, à une soixantaine de kilomètres à l’ouest de la ville de Beni, d’après Radio Okapi.

Les assaillants ont atteint le centre commercial de la localité et plusieurs quartiers, notamment ceux appelés Lubumbashi, Kananga et Yambi-Yaya, selon Radio Okapi. D’après Radio Moto, ils seraient venus du secteur de Bapere, en territoire de Lubero, où des exactions avaient déjà été signalées les jours précédents. Une partie des victimes aurait été tuée par balle et d’autres à l’arme blanche.

Les dégâts matériels sont importants. Radio Moto fait état de plus de 50 maisons d’habitation et commerces incendiés, ainsi que de motos et d’un véhicule calcinés. Le Baromètre sécuritaire du Kivu (KST), cité par Actualite.cd, recense pour sa part 17 habitations, 15 boutiques et deux centres de santé brûlés.

Des bilans encore provisoires et divergents

Radio Okapi, citant la société civile locale, évoque au moins 24 civils tués. Justin Paluku Kavalami, animateur des forces vives de Baswagha-Madiwe, a annoncé à Radio Moto un bilan provisoire de 33 corps, qualifiant l’attaque de « véritable sabotage ». Le KST avance de son côté le chiffre de 35 morts, dont 17 enfants, selon Actualite.cd. Plusieurs habitants restaient portés disparus vendredi matin, d’après Reporter.cd, ce qui laisse craindre une nouvelle hausse du bilan.

Le chef du village de Mugogo, Muhindo Abibu 2 Gérard, rescapé de l’attaque, a déclaré à Actualite.cd avoir prévenu l’armée après avoir entendu des rumeurs de menace : « Tout a commencé par des rumeurs. Et j’ai alerté les autorités militaires. » La société civile regrette, selon Radio Okapi, que les alertes sur des mouvements suspects lancées les jours précédents n’aient pas permis d’empêcher le drame.

Fuite des habitants et poursuite des assaillants

De nombreux habitants ont fui vers Mabalako, Kyatsaba, Beni ou Butembo, et les activités économiques étaient paralysées vendredi, rapportent Radio Okapi et Radio Moto. Au centre de santé de Kelekele, plusieurs malades, dont des cas suspects d’Ebola, ont quitté l’établissement par crainte pour leur sécurité, selon Actualite.cd. Cette situation inquiète dans une région que la MONUSCO décrit comme l’un des principaux foyers de l’épidémie.

D’après des sources locales citées par Radio Okapi, les FARDC, l’armée ougandaise (UPDF) et des combattants Wazalendo ont lancé vendredi matin des opérations de poursuite contre les assaillants, qui se seraient repliés vers la forêt. L’armée n’avait pas encore communiqué officiellement en fin de journée. L’administrateur du territoire de Beni s’est rendu sur place pour constater les faits, sans s’exprimer publiquement à ce stade, selon Radio Moto.

Une série d’attaques en 48 heures

Cette tuerie s’inscrit dans une série d’incursions attribuées aux ADF. Reporter.cd recense trois localités frappées en 48 heures : Maikengu, dans le secteur de Bapere, le mercredi 4 novembre, Nyanza, en territoire de Mambasa en Ituri, le jeudi matin, puis Cantine-Aloya dans la nuit suivante.

L’attaque survient au lendemain de la visite à Beni du chef de la MONUSCO, James Swan, qui avait affirmé jeudi devant le gouverneur que « la protection des civils reste notre priorité », selon Radio Okapi. Elle relance les questions sur l’efficacité des opérations conjointes Shujaa, menées depuis novembre 2021 par les FARDC et l’UPDF, et sur la capacité des forces présentes à réagir aux alertes précoces. Les organisations locales demandent un renforcement urgent de la sécurité dans le sud du territoire de Beni et le nord de Lubero, ainsi qu’une assistance pour les familles déplacées.

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