Les affrontements entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appuyées par les combattants wazalendo, et les rebelles du Front pour la refondation de la nation (FRN) se sont étendus ce vendredi 6 novembre 2026 à un nouveau territoire du Sud-Kivu. Selon Actualite.cd, des combats ont éclaté dans le territoire de Kabare, à la lisière du parc national de Kahuzi-Biega, alors que les hostilités se poursuivaient à Walungu, Mwenga et Fizi. Au total, cinq des huit territoires de la province sont désormais concernés, malgré le cessez-le-feu censé s’appliquer dans le cadre du processus de paix de Doha.
Kabare, un nouveau front au pied du mont Biega
D’après les sources d’Actualite.cd, des éléments du FRN ont affronté vendredi les wazalendo à Kasirusiru et à Bugulumiza, deux localités jusque-là tenues par ces groupes d’autodéfense, non loin de Tshivanga, au pied du mont Biega. Tshivanga et Kafurumaye se trouvent pour leur part sous le contrôle des rebelles. Le site Reporter.cd faisait déjà état, dès jeudi matin, d’accrochages dans le groupement de Luhago, autour des villages d’Irega, Kacuba et Mwegerera.
Des observateurs cités par Actualite.cd estiment que l’objectif des rebelles serait d’ouvrir un couloir passant par Kalonge en direction de Shabunda, afin d’atteindre la province du Maniema. Ces combats perturbent aussi la circulation sur la route nationale numéro 3, qui relie Bukavu à Hombo puis à Walikale, au Nord-Kivu.
Walungu, Mwenga et Fizi toujours sous tension
Dans le territoire de Walungu, les combats ont repris tôt vendredi matin à Nzibira, cité minière, et sur l’axe menant à Lutunkulu, selon des sources locales. Le marché de Kankinda a été perturbé, tandis que les habitants de Nyamarhege, village situé à une dizaine de kilomètres et toujours occupé par le FRN, vivent dans la crainte. La veille déjà, Actualite.cd rapportait que des voyageurs et des habitants étaient restés bloqués sur cet axe, qui relie Walungu à Mwenga et à Shabunda, en raison de tirs entendus dans presque toute la zone.
Dans le territoire voisin de Mwenga, des affrontements sont signalés à Cidasa et à Kalambi, deux villages contrôlés par le FRN. Reporter.cd mentionne également des combats dans les environs de Kionvu, Kigongo et Kasika.
Plus au sud, sur les hauts plateaux de Fizi, la région de Minembwe connaît des combats qualifiés d’intenses. Partis de Kakenge, à une dizaine de kilomètres de Minembwe, ils se sont étendus à Rugomero, Nyarurango, Nyaruhinga et Nyamabuguma, en direction de Rugezi. Selon Actualite.cd, des bombardements survenus jeudi vers Kakenge ont fait au moins deux morts. Chaque camp rejette sur l’autre la responsabilité de la reprise des hostilités.
Des conséquences humanitaires déjà visibles
À Uvira, la situation est décrite comme calme mais fragile après les combats de la semaine dernière dans les montagnes de Luvungi. Une note humanitaire du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), publiée jeudi et citée par Actualite.cd, indique que 26 écoles primaires ont fermé leurs portes, privant près de 6 000 enfants de cours.
Ces fronts ne sont pas nouveaux. Fin octobre, Radio Okapi, relayée par Mediacongo, signalait déjà des combats entre les FARDC et le FRN dans les hauts plateaux de Fizi et à Walungu, avec l’usage de drones et d’artillerie lourde selon la société civile. Le gouverneur Jean-Jacques Purusi avait alors dénoncé une « guerre médiatique » menée par les rebelles pour semer la panique et appelé la population au calme.
Les enjeux des prochains jours
L’élargissement des combats au Sud-Kivu intervient alors que des affrontements se poursuivent aussi dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu, autour de Mahanga. Sur le terrain sud-kivutien, aucun bilan global ni communication officielle des FARDC ou du FRN n’était disponible vendredi. La multiplication des fronts fait craindre de nouveaux déplacements de population dans une province déjà éprouvée par l’insécurité et par une épidémie de choléra. Elle fragilise aussi le processus de Doha, dont le cessez-le-feu reste largement théorique dans plusieurs zones de l’Est. Les prochains jours diront si la route vers Shabunda et le Maniema devient l’un des enjeux militaires majeurs de ce conflit.
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