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Ebola en RDC : deux vaccins conçus contre la souche Bundibugyo vont rejoindre l’essai Tumaini

Ebola en RDC : deux vaccins conçus contre la souche Bundibugyo vont rejoindre l’essai Tumaini
Photo d’archive. Cette image ne montre pas l’essai Tumaini : une participante reçoit une dose d’un vaccin expérimental contre Ebola lors d’un essai clinique aux États-Unis, le 2 septembre 2014. Photo : NIAID, Wikimedia Commons, licence CC BY 2.0.
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Deux vaccins candidats mis au point spécifiquement contre la souche Bundibugyo du virus Ebola vont être ajoutés à l’essai clinique Tumaini, conduit en République démocratique du Congo depuis le 23 octobre à Bunia, dans la province de l’Ituri. L’annonce a été faite le mercredi 4 novembre 2026 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), selon un communiqué repris par Radio Okapi et ONU Info. Leur intégration reste toutefois soumise au feu vert des autorités sanitaires congolaises.

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Oxford et Moderna dans la course

Le premier vaccin retenu, baptisé ChAdOx1, a été développé par l’Université d’Oxford en partenariat avec le Serum Institute of India. Le second, appelé mRNA-1469, est conçu par le laboratoire américain Moderna. D’après l’OMS, c’est un groupe consultatif technique indépendant, chargé de classer les vaccins candidats par ordre de priorité, qui a recommandé la poursuite de leur évaluation clinique, après examen de données précliniques et de premiers résultats chez l’humain. Les fabricants en ont été informés le lundi 2 novembre.

Il s’agit, selon l’agence onusienne, de la première évaluation de vaccins visant directement le virus Bundibugyo, responsable de la flambée en cours. Jusqu’ici, aucun vaccin n’a démontré son efficacité chez l’humain contre cette souche. Le seul produit déjà testé dans l’essai Tumaini est l’Ervebo, un vaccin qui a fait ses preuves contre la souche Zaïre d’Ebola, mais dont on ignore encore s’il protège contre Bundibugyo.

Le développement accéléré de ces candidats a été financé par la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI), précise l’OMS.

Une vaccination en anneau autour des malades

L’essai Tumaini, dont le nom signifie « espoir » en swahili, est dirigé par l’Institut national de recherche biomédicale (INRB). Il bénéficie de l’appui de l’Université d’Anvers, de l’Institut de médecine tropicale d’Anvers, de l’OMS, d’Epicentre, de Médecins sans frontières et des Centres africains de prévention et de contrôle des maladies (Africa CDC).

La méthode retenue est celle de la vaccination en anneau : plutôt que de vacciner toute la population, les équipes ciblent les personnes ayant été en contact avec un malade confirmé ou avec une personne décédée de la maladie. L’objectif est de vérifier si les vaccins empêchent de nouvelles infections et, à terme, freinent la chaîne de transmission. Quatre anneaux ont déjà été constitués et plusieurs autres sont en préparation, selon l’OMS. Cette approche s’inspire de l’essai mené en Guinée il y a une dizaine d’années, lors de l’épidémie d’Afrique de l’Ouest.

En parallèle, l’essai PARTNERS, lancé en juillet sous l’égide de l’OMS, évalue des traitements. Il compare l’anticorps monoclonal MBP134, l’antiviral remdésivir et leur association pour mesurer leur effet sur la survie des patients. Un autre anticorps, le maftivimab, doit bientôt y être ajouté, tandis qu’une étude sur un traitement préventif après exposition, à base d’obeldesivir, est également en cours.

Une épidémie d’une ampleur inédite

Ces annonces interviennent alors que l’épidémie, déclarée en mai 2026, continue de s’étendre. Au 1er novembre, la RDC comptait 10 532 cas confirmés et 5 126 décès, d’après les chiffres rapportés par Radio Okapi, soit près d’un malade sur deux. Huit provinces sont touchées. L’Ituri reste la plus durement frappée, avec plus de 7 400 cas et près de 3 500 décès. Des cas ont aussi été signalés au Kenya et au Nigeria.

Le directeur général d’Africa CDC, le docteur Jean Kaseya, a de son côté fait état de plus de 10 600 cas confirmés et de près de 5 200 décès dans 67 zones de santé, selon le quotidien EcoNews cité dans la revue de presse de Radio Okapi du 6 novembre. D’après le même rapport, plus de 85 % des nouveaux cas échappent au suivi des contacts et environ deux décès sur trois surviennent dans les communautés, hors des centres de traitement.

Des résultats attendus début 2027

Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a salué une avancée rendue possible par la science et le partenariat, tout en prévenant que les vaccins ne suffiront pas, à eux seuls, à mettre fin à l’épidémie. Les premiers résultats des essais de traitement sont attendus dans les prochains mois, et ceux de l’essai vaccinal au début de l’année 2027.

Sur le terrain, la riposte reste confrontée à de lourds obstacles. Dans l’est du pays, l’insécurité liée aux groupes armés, les difficultés d’accès aux malades, les fortes pluies et la méfiance d’une partie de la population envers les équipes sanitaires compliquent la recherche des cas suspects, notamment autour de Mongbwalu, en Ituri. La rapidité avec laquelle Kinshasa autorisera l’entrée des deux nouveaux vaccins dans l’essai sera donc suivie de près.

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