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Kasaï-Central : les députés demandent la suspension de toutes les activités minières à Luiza

Kasaï-Central : les députés demandent la suspension de toutes les activités minières à Luiza
Photo d’archive. Cette image ne montre pas les sites miniers de Luiza concernés par la recommandation de l’Assemblée provinciale. Elle présente une vue aérienne de Kananga, chef-lieu du Kasaï-Central. Photo : MONUSCO/Myriam Asmani, Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 2.0.
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L’Assemblée provinciale du Kasaï-Central a recommandé, mercredi 4 novembre 2026 à Kananga, la suspension de toutes les activités minières dans le territoire de Luiza. Réunis en séance plénière, les députés provinciaux ont adopté cette mesure après l’examen d’un rapport d’enquête qui évoque une exploitation illicite des minerais, des coopératives fictives et la présence présumée d’opérateurs étrangers, selon Radio Okapi et la RTNC.

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Un rapport d’enquête sur sept sites miniers

La décision s’appuie sur les travaux d’une commission ad hoc mise en place par l’organe délibérant provincial. D’après Radio Okapi, cette mission d’investigation s’est rendue sur sept sites miniers répartis dans les secteurs de Loatshi, Kabelekese, Bushimaie et Lusanza. Son rapport, présenté aux élus lors de la plénière dirigée par le président de l’Assemblée provinciale, Guy Sabangu Kashala, fait état de plusieurs irrégularités présumées.

Le document mentionne notamment la participation supposée de ressortissants étrangers à des activités minières illégales, en particulier des Russes et des Tanzaniens, selon la radio onusienne. Il cite aussi l’existence de structures qualifiées de fictives et l’implication présumée de certaines personnalités locales dans une gestion contestée du secteur. La RTNC rapporte pour sa part que les élus dénoncent un pillage des ressources naturelles qui profiterait à un cercle restreint d’intérêts privés, au détriment des communautés locales. Ces accusations n’ont pas encore été établies par une instance judiciaire.

Le dossier n’est pas nouveau. En août 2026, un collectif de journalistes d’investigation du Kasaï-Central avait déjà présenté une enquête pointant de possibles irrégularités dans l’exploitation de l’or à Luiza, selon le média Sasa Studio. Ces journalistes évoquaient des soupçons de corruption, de trafic d’influence et des questions sur la conformité de certains documents présentés par des exploitants. Ils réclamaient un audit indépendant et davantage de transparence, sans demander la condamnation des sociétés citées. L’affaire avait été lancée à l’origine par une motion d’information déposée à l’Assemblée provinciale lors de la session de septembre 2025.

Deux résolutions adoptées par les députés

À l’issue des débats, les députés ont adopté deux résolutions. La première demande au gouverneur de la province de suspendre toutes les opérations minières dans le territoire de Luiza jusqu’à nouvel ordre. Selon la RTNC, la mesure concerne l’ensemble des acteurs du secteur : exploitants nationaux et étrangers, entreprises, coopératives et particuliers. Le média public précise qu’aucune exemption ne devrait être accordée aux réseaux d’influence ou aux opérateurs proches des autorités provinciales.

La seconde résolution crée une nouvelle commission parlementaire. Celle-ci sera chargée d’examiner les documents administratifs et les titres miniers détenus par les exploitants, et d’auditionner les personnes citées dans le rapport d’enquête. Pour les élus, ces mesures doivent permettre de faire la lumière sur la gestion du secteur et de mieux valoriser les ressources minières au profit de la province et de sa population.

Il s’agit d’une recommandation : sa mise en application dépend désormais de l’exécutif provincial. Ni le gouverneur ni les exploitants concernés n’avaient publiquement réagi au moment où ces informations ont été diffusées.

Le ministre provincial des Mines attendu devant l’Assemblée

La suite du dossier se joue dès ce vendredi 6 novembre. D’après Radio Okapi, le ministre provincial des Mines est convoqué devant les députés pour expliquer la manière dont le secteur minier est administré dans le territoire de Luiza. Son audition devrait permettre de connaître la position du gouvernement provincial sur les accusations contenues dans le rapport et sur la suspension recommandée.

L’enjeu dépasse la seule province du Kasaï-Central. L’exploitation artisanale et semi-industrielle de l’or attire depuis plusieurs années de nouveaux opérateurs dans des zones où le contrôle de l’État reste limité. Les questions soulevées à Luiza, sur la traçabilité des minerais, la régularité des titres et la répartition des revenus, rejoignent celles posées ailleurs en RDC sur la fraude minière et le manque à gagner pour les finances publiques.

Reste à savoir comment une éventuelle suspension serait appliquée sur le terrain, et quel sort serait réservé aux creuseurs artisanaux dont les revenus dépendent de ces sites. La RTNC parle d’un premier signal politique, dont la portée dépendra de sa mise en œuvre effective par les autorités compétentes et des conclusions de la nouvelle commission parlementaire.

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