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Maï-Ndombe : le moratoire demandé sur les baleinières doit financer leur remplacement

Maï-Ndombe : le moratoire demandé sur les baleinières doit financer leur remplacement
Lebon Nkoso Kevani, gouverneur du Maï-Ndombe. Crédit : RTNC.
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La demande de moratoire formulée par le gouverneur du Maï-Ndombe sur l'interdiction des embarcations en bois pose un problème réel : comment améliorer la sécurité sans couper brutalement les communautés de leur principal moyen de transport ?

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Dans une correspondance adressée le 9 octobre au vice-Premier ministre chargé des Transports, Lebon Nkoso Kevani met en garde contre les effets d'une application immédiate de l'interdiction. Selon les éléments rapportés par la RTNC, il redoute des perturbations dans le transport des personnes et des marchandises, une hausse des prix ainsi que des pénuries de denrées et de produits pharmaceutiques.

La décision nationale, prise le 6 octobre et rendue publique le lendemain, doit interdire à partir du 15 novembre les unités flottantes en bois sur le fleuve Congo, ses affluents, les autres cours d'eau et les lacs du pays. L'objectif de sécurité est difficilement contestable dans un pays marqué par des naufrages répétés. Mais une interdiction sans solution de remplacement risque de déplacer le danger plutôt que de le supprimer.

Le moratoire ne doit pas devenir un report sans conditions

Dans le Maï-Ndombe, les voies navigables assurent une part essentielle des déplacements et de l'évacuation des produits agricoles et halieutiques. Retirer rapidement les baleinières de la circulation sans capacité suffisante de remplacement peut isoler des villages et renchérir le coût du transport.

Un moratoire peut donc être défendable, mais seulement s'il est limité dans le temps et accompagné d'obligations précises. Chaque embarcation autorisée pendant la transition devrait être enregistrée, inspectée et soumise à des règles vérifiables sur le chargement, les équipements de sauvetage, l'éclairage et les horaires de navigation.

La RDC a déjà engagé des efforts pour sécuriser ses voies d'eau. NZADI News a notamment présenté la relance du balisage du fleuve Congo et de la rivière Kasaï. Ce travail doit être complété par le contrôle des unités, la formation des équipages et la disponibilité de moyens de secours.

Transformer la proposition de Nioki en calendrier industriel

Lebon Nkoso propose de confier à la Société de développement forestier, installée à Nioki, la construction d'embarcations métalliques. Cette piste doit maintenant être documentée. Combien d'unités peuvent être produites, à quel coût, dans quel délai et avec quel financement ? Sans réponses publiques à ces questions, la proposition restera une intention.

Le gouvernement avait annoncé en août 2024 un programme de fabrication d'embarcations à coque en acier avec l'ONATRA et la Régie des voies fluviales. Le Maï-Ndombe devait figurer parmi les premières provinces bénéficiaires. Le débat actuel offre l'occasion de publier l'état d'avancement de ce programme et d'expliquer les éventuels retards.

La prévention des naufrages exige aussi un système d'alerte rapide et une capacité d'enquête. Le naufrage d'une barge à Nganda Musolo a rappelé la difficulté d'établir rapidement un bilan fiable. Chaque accident devrait produire des conclusions accessibles aux transporteurs et aux voyageurs.

Protéger à la fois les vies et les échanges

La transition peut être organisée par étapes. Les unités les plus dangereuses doivent être retirées en priorité. Les axes sans solution alternative doivent recevoir des bateaux de remplacement avant l'échéance. Les propriétaires qui respectent les normes peuvent être accompagnés vers la transformation ou l'acquisition d'une coque adaptée.

Le débat ne doit pas opposer la sécurité aux besoins économiques. Il doit obliger l'État, la province et les opérateurs à présenter une trajectoire commune. Un moratoire utile serait un contrat de transition avec des dates, des contrôles, un financement et des résultats publiés.

Sans plan de remplacement, l'interdiction risque d'être contournée. Sans exigences de sécurité, le moratoire risque de prolonger les mêmes dangers. Le Maï-Ndombe a besoin d'une solution qui maintienne les échanges tout en retirant progressivement de la circulation les unités incapables de protéger leurs passagers.

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