Aller au contenuAller au contenu

Uvira : deux assassinats en quelques jours relancent l’urgence sécuritaire

Uvira : deux assassinats en quelques jours relancent l’urgence sécuritaire
Vue d’Uvira au Sud-Kivu. Photo d’archive illustrant la ville, sans lien direct avec les deux assassinats. Crédit : DBlomgren, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.
Partager dans un groupe WhatsApp ou copier le lien pour votre chaîne

Deux assassinats signalés en l’espace de quelques jours à Uvira replacent la protection des habitants au centre des attentes adressées aux autorités locales et aux services de sécurité. La succession rapide des faits accroît la peur, mais elle exige surtout une réponse fondée sur les enquêtes, la prévention et l’information du public.

Votre publicité ici

Selon la société civile locale citée lundi 5 octobre par Radio Okapi, une femme âgée de 70 ans a été tuée samedi soir à son domicile dans le quartier Mulongwe. Elle aurait été atteinte par balle vers 21 h 30 par des hommes armés dont les motivations restent à établir.

Ce meurtre est intervenu deux jours après celui de Kiza Babatana, tué le 1er octobre dans le quartier Kalundu. À ce stade, aucun élément public ne permet d’affirmer que les deux affaires sont liées. Les présenter séparément reste donc indispensable tant que les enquêtes n’ont pas établi les auteurs, les mobiles et d’éventuels points communs.

La rapidité de l’enquête doit être visible

La société civile d’Uvira demande un renforcement de la protection des personnes et de leurs biens. Le commissaire supérieur Lwimbo Handokya a assuré que des dispositions étaient prises pour neutraliser les criminels. Cette déclaration doit désormais être suivie d’éléments vérifiables, sans compromettre le secret de l’enquête.

Les autorités peuvent informer la population sur les patrouilles renforcées, les numéros de signalement, les secteurs prioritaires et les consignes de sécurité. Elles doivent aussi préciser si des suspects ont été identifiés, si des armes ont été saisies et si les familles des victimes bénéficient d’un accompagnement judiciaire.

Une sécurité de proximité ne se résume pas à multiplier les barrages. Elle repose sur des patrouilles mobiles, des contacts réguliers avec les chefs de quartier, une collecte rigoureuse des alertes et un traitement rapide des informations. Des contrôles improvisés ou des prélèvements illégaux peuvent au contraire détériorer la confiance. NZADI News a déjà rappelé, à propos de la libération de six acteurs de la société civile de Fizi, que la dénonciation des abus doit pouvoir s’exercer sans représailles.

Restaurer l’autorité de l’État par des résultats

Uvira accueille provisoirement des institutions provinciales dans un environnement régional fragile. Un atelier récent y a examiné le retour de l’autorité de l’État dans les deux Kivu. Les assassinats signalés montrent que cette restauration ne peut pas rester une formule administrative.

Pour les habitants, l’autorité de l’État se mesure à la possibilité de rentrer chez soi sans être attaqué, d’alerter la police sans danger, d’obtenir une enquête crédible et de voir les auteurs répondre de leurs actes devant la justice. Elle suppose également une coordination entre la police, la justice, les autorités municipales et les responsables communautaires.

Les responsables locaux devraient publier un bilan régulier des incidents graves, tout en protégeant les victimes et les témoins. Un suivi par quartier permettrait d’identifier les heures, les lieux et les modes opératoires les plus fréquents. Cette cartographie ne résoudrait pas seule la criminalité, mais elle aiderait à orienter les patrouilles et à évaluer l’efficacité des mesures annoncées.

La peur se nourrit du silence et de l’impunité. Une communication sobre, des enquêtes professionnelles et des résultats judiciaires constituent aujourd’hui le meilleur moyen de rétablir la confiance à Uvira.

Views: 0

WhatsApp