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Ngaliema : un nouvel incendie remet les secours et la sécurité électrique sous pression

Ngaliema : un nouvel incendie remet les secours et la sécurité électrique sous pression
Rue et espace commercial à Kinshasa en décembre 2019. Photo d’archive, elle ne montre pas l’incendie de Ngaliema du 2 octobre 2026. Crédit : Marc Vick, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0. Recadrage éditorial.
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Un incendie a touché jeudi matin plusieurs installations commerciales et une église dans la commune de Ngaliema, à Kinshasa. Le sinistre a été signalé sur l’avenue de l’École, dans le secteur compris entre la place commerciale Brikin et l’arrêt Blandine. Les premiers témoignages recueillis sur place ne font état d’aucune perte en vie humaine, mais les dégâts matériels n’avaient pas encore été chiffrés de manière officielle.

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Les flammes auraient commencé vers 6 h 30. Des habitants, des commerçants et des fidèles ont tenté de ralentir leur progression avec les moyens disponibles. Plusieurs heures après le début du feu, des témoins affirmaient ne pas avoir encore vu arriver les services d’incendie. Cette information décrit les observations des personnes présentes. Elle devra être confrontée au compte rendu de la protection civile et des autorités de la ville.

L’origine du sinistre reste inconnue. Certains riverains évoquent un court-circuit ou un raccordement électrique irrégulier, mais aucune conclusion technique n’a été rendue publique. Présenter l’une de ces hypothèses comme un fait établi serait prématuré. Seule une inspection des câbles, des compteurs et du point de départ du feu peut déterminer la cause.

Mesurer le délai réel d’intervention

Le premier enseignement de cet incendie concerne le temps de réponse. Lorsqu’un feu se déclare dans une zone dense, quelques minutes peuvent décider du nombre de bâtiments atteints. La ville devrait publier l’heure de l’alerte, l’heure de départ des secours, leur heure d’arrivée et les obstacles rencontrés. Ce relevé simple permettrait de distinguer un retard de transmission, un manque d’équipement, un problème de circulation ou une difficulté d’accès au quartier.

L’adresse précise des casernes opérationnelles et le nombre de véhicules disponibles par zone restent également déterminants. Une brigade annoncée sur le papier ne protège pas un quartier si son camion est immobilisé, si sa réserve d’eau est insuffisante ou si son itinéraire est bloqué. Un tableau mensuel sur les interventions donnerait aux habitants une vision plus claire des capacités réelles.

La commune de Ngaliema a déjà été marquée par des incendies graves. Après le drame de la salle La Panacée, les pouvoirs publics ont promis des contrôles renforcés dans les lieux recevant du public. Le nouveau sinistre pose désormais une question complémentaire : ces contrôles couvrent-ils aussi les rangées de commerces, les églises installées au milieu des habitations et les branchements électriques partagés ?

Contrôler les installations sans attendre un autre feu

Une inspection utile ne doit pas se limiter à vérifier la présence d’un extincteur. Elle doit examiner la puissance réellement consommée, l’état des conducteurs, la protection des tableaux électriques, la séparation entre les activités à risque et les voies d’évacuation. Dans un alignement de boutiques et de terrasses, une installation défaillante peut exposer plusieurs parcelles en même temps.

Les commerçants ont aussi besoin de règles applicables. Imposer un matériel coûteux sans contrôle du marché peut favoriser des extincteurs contrefaits ou périmés. La protection civile, la SNEL, les communes et les associations professionnelles devraient établir une liste courte d’exigences, un calendrier de mise en conformité et une procédure de vérification.

La campagne Lisu Pro, lancée pour inspecter les lieux accueillant du public, offre un cadre possible. Son efficacité dépendra toutefois de la publication des résultats. Il faut connaître le nombre d’établissements visités, les manquements relevés, les délais accordés et les fermetures éventuellement décidées. Sans suivi, une opération de contrôle risque de devenir une succession d’annonces.

Préserver les preuves avant le nettoyage

Après un incendie, la pression est forte pour déblayer rapidement et reprendre les activités. Pourtant, un nettoyage trop précoce peut faire disparaître le point de départ du feu et compliquer l’enquête. La zone la plus touchée devrait être documentée par des photographies, un plan sommaire et des prélèvements avant toute reconstruction.

Les propriétaires et locataires doivent aussi recevoir un procès-verbal clair. Ce document est utile pour les responsabilités, les assurances éventuelles et les demandes d’assistance. Il évite que le bilan reste une addition de chiffres contradictoires.

À Ngaliema, l’urgence immédiate est d’aider les personnes qui ont perdu leur outil de travail. L’urgence durable consiste à transformer chaque incendie en information exploitable. Connaître la cause, le délai d’intervention et les failles communes permettrait de prévenir le prochain sinistre, au lieu de recommencer le même débat après chaque feu.

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