Aller au contenuAller au contenu

Kasaï Oriental : après Enabel, la relève locale devient le véritable test

Kasaï Oriental : après Enabel, la relève locale devient le véritable test
Vue de Mbuji-Mayi. Photo d’archive illustrant la ville, sans lien direct avec la cérémonie de clôture. Crédit : Kitangaza.1953, Wikimedia Commons, CC0 1.0.
Partager dans un groupe WhatsApp ou copier le lien pour votre chaîne

La clôture anticipée de plusieurs projets de coopération belge au Kasaï Oriental ne met pas seulement fin à une série d’activités. Elle ouvre surtout une période de vérification. Les équipements remis, les formations organisées et les appuis accordés produiront ils encore des résultats lorsque l’accompagnement direct du partenaire aura cessé ?

Votre publicité ici

Radio Okapi a rapporté lundi 5 octobre que plusieurs programmes mis en œuvre par Enabel au Kasaï Oriental et dans la Lomami ont été clôturés après cinq années d’intervention. Les secteurs concernés comprennent la formation des jeunes, l’entrepreneuriat, l’éducation de base, l’agriculture familiale et la lutte contre les violences sexuelles.

La cérémonie organisée à Mbuji-Mayi a notamment été marquée par la remise de motos et de matériels de bureau. Environ 3 500 kits scolaires ont aussi été distribués, tandis que des agriculteurs ont reçu des intrants et des semences. Des entrepreneurs du secteur avicole ont bénéficié d’aliments pour leurs élevages et des usagers de réseaux d’eau ont été accompagnés dans leur organisation.

Le transfert ne peut pas se limiter aux matériels

Ces résultats sont utiles, mais leur durée dépend désormais de décisions très concrètes. Une moto remise à un service doit avoir un responsable, un budget de carburant, un carnet d’entretien et une mission clairement définie. Un kit scolaire répond à un besoin immédiat, mais il ne remplace ni la présence d’un enseignant, ni une classe praticable, ni un mécanisme local d’approvisionnement.

La même question se pose pour l’agriculture. Les semences et les intrants peuvent améliorer une campagne, mais la continuité exige aussi l’accès au stockage, au transport et au marché. NZADI News a récemment montré que la crise du maïs à Mbuji-Mayi révèle aussi les faiblesses du transport et de l’approvisionnement. Sans chaîne logistique fiable, une bonne récolte ne garantit pas un prix accessible pour les ménages.

Un inventaire public des acquis est nécessaire

La province gagnerait à publier un inventaire simple de ce qui a été transféré. Ce document devrait préciser le service responsable, le lieu d’affectation, le nombre de bénéficiaires, le coût d’entretien prévu et les indicateurs à contrôler dans six ou douze mois. Cette transparence permettrait de distinguer les activités terminées des services réellement consolidés.

Le suivi doit aussi entrer dans le débat budgétaire provincial. La session budgétaire du Kasaï Oriental est attendue sur des priorités concrètes. La continuité des investissements déjà réalisés devrait donc figurer parmi les questions posées au gouvernement provincial, avec des lignes de financement identifiables et des responsabilités précises.

Tout n’est pas arrêté. Le programme PIREDD KorLom consacré notamment à la gestion durable des paysages doit se poursuivre jusqu’en 2029. Ce maintien offre un espace pour organiser la transition et éviter une rupture brutale entre les anciens projets, les services provinciaux et les communautés.

La réussite ne se mesurera pas au nombre d’objets remis le jour de la clôture. Elle se mesurera à la capacité des écoles, des agriculteurs, des entrepreneurs, des réseaux d’eau et des services publics à fonctionner encore lorsque les cérémonies seront terminées.

Views: 0

WhatsApp