Aller au contenuAller au contenu

Kasaï Oriental : la session budgétaire attendue sur les priorités concrètes

Kasaï Oriental : la session budgétaire attendue sur les priorités concrètes
Une avenue de Mbuji-Mayi photographiée en juillet 2024. Photo d’archive illustrant le cadre urbain du débat budgétaire provincial. Crédit : pmbuya, Mapillary via Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
Partager dans un groupe WhatsApp ou copier le lien pour votre chaîne

L’Assemblée provinciale du Kasaï Oriental doit ouvrir mercredi 30 septembre sa session ordinaire au cercle Kashala Bonzola, dans la commune de Kanshi à Mbuji-Mayi. La séance inaugurale est annoncée à 11 heures et doit être consacrée au discours d’ouverture avant l’examen des dossiers de la session.

Votre publicité ici

Selon l’Agence congolaise de presse, le budget provincial du prochain exercice figurera au centre des travaux, avec d’autres questions d’intérêt public. Cette étape peut sembler institutionnelle, mais elle engage des choix très concrets : quelles recettes la province pense mobiliser, quels projets seront financés et quels résultats devront être contrôlés par les députés.

L’ouverture n’est pas encore le vote du budget. Elle lance une période au cours de laquelle le gouvernement provincial devra présenter ses prévisions et défendre ses priorités. Les élus auront ensuite la responsabilité d’examiner les chiffres, de demander des explications et d’éviter que le document final ne soit une simple liste de besoins sans calendrier d’exécution.

Un budget doit partir des blocages déjà connus

Le Kasaï Oriental ne manque pas de dossiers urgents. À Miabi, la suspension des travaux du pont Lubi prive plus de cent élèves d’un accès sûr aux écoles de Tshijiba Centre. À Mbuji-Mayi, les attentes portent sur les routes, l’énergie, l’aéroport de Bipemba, la relance de la MIBA et la qualité des services sociaux.

Ces problèmes n’ont pas tous la même autorité responsable ni la même source de financement. Certains dépendent du gouvernement central, d’autres des services techniques nationaux ou de partenaires. Le budget provincial doit donc distinguer ce que la province peut financer directement, ce qu’elle peut cofinancer et ce qu’elle doit suivre auprès de Kinshasa.

Cette clarification éviterait de compter comme réalisation provinciale un projet payé ailleurs, ou d’inscrire une dépense sans recette crédible. Elle permettrait aussi aux habitants de savoir à quelle institution demander des comptes.

Les recettes doivent être aussi lisibles que les dépenses

Un budget solide ne se limite pas à annoncer des travaux. Il doit expliquer d’où viendra l’argent. Les députés devraient examiner les prévisions de recettes propres, les rétrocessions attendues, les transferts du pouvoir central et les appuis extérieurs. Chaque hypothèse trop optimiste risque de produire, quelques mois plus tard, des projets inscrits mais non exécutés.

La comparaison avec l’exercice précédent sera décisive. Il faut connaître les recettes réellement encaissées, les dépenses effectivement payées et les projets restés sans financement. Sans ce bilan, la province peut reconduire les mêmes lignes budgétaires sans corriger les causes des retards.

La publication d’un tableau simple renforcerait le contrôle citoyen. Pour chaque priorité, il pourrait indiquer le montant prévu, l’origine des fonds, le service responsable, la date de démarrage et l’indicateur de résultat. Une route ne se mesure pas seulement par un crédit voté, mais par les kilomètres exécutés et réceptionnés. Une action scolaire se mesure par les salles disponibles et les élèves effectivement accueillis.

Le contrôle parlementaire doit continuer après le vote

L’adoption du budget ne clôt pas le travail des députés. Elle devrait ouvrir un suivi trimestriel de l’exécution. Les commissions peuvent convoquer les responsables, vérifier les marchés, visiter les chantiers et comparer les paiements aux résultats visibles.

Ce suivi est d’autant plus important que les besoins provinciaux sont nombreux et les ressources limitées. Un retard identifié tôt peut encore être corrigé. Un projet évalué seulement à la fin de l’exercice risque de rester sans solution pendant une année supplémentaire.

La session qui s’ouvre mercredi sera donc jugée sur deux plans. Le premier concerne la qualité du budget adopté. Le second, plus exigeant, concerne la capacité de l’Assemblée à suivre son application. Pour les habitants du Kasaï Oriental, les débats institutionnels n’auront de valeur que s’ils rendent les priorités plus lisibles et les engagements plus vérifiables.

À lire également

Views: 0

WhatsApp