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RDC : les chantiers du PEQIP mettent l’école primaire au pied du mur de la qualité

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Lancée au Kasaï Oriental, la construction de 56 écoles et de 21 ouvrages d’hygiène marque une étape concrète du PEQIP. Au-delà des murs, le projet doit répondre aux classes surchargées, au manque de manuels et aux besoins d’assainissement dans les écoles publiques.

RDC : les chantiers du PEQIP mettent l’école primaire au pied du mur de la qualité
EdwinAlden.1995 — CC BY-SA 4.0 — Wikimedia Commons
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À quelques semaines de la rentrée, le Projet d’amélioration de la qualité de l’enseignement primaire entre dans une phase que les familles peuvent enfin mesurer à l’œil nu. Le lancement des travaux de construction de 56 écoles et de 21 infrastructures d’hygiène, annoncé début juillet à Tshilenge, dans le Kasaï Oriental, donne un visage concret à une réforme longtemps résumée à des chiffres, des ateliers et des promesses. Pour l’État congolais, l’enjeu dépasse la livraison de bâtiments : il s’agit de vérifier si la gratuité de l’enseignement primaire peut désormais s’accompagner de classes mieux équipées, d’enseignants mieux préparés et d’écoles plus sûres pour les enfants.

Un chantier parti du Kasaï Oriental

Le signal a été donné le 1er juillet 2026 à l’école primaire Tshiovo, dans le territoire de Tshilenge. Selon l’Agence congolaise de presse, la ministre d’État en charge de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, y a lancé les travaux de construction de 56 écoles et de 21 infrastructures d’hygiène et d’assainissement dans le cadre du PEQIP. La cérémonie s’est tenue en présence des autorités éducatives et provinciales, des élèves, des enseignants, des responsables coutumiers et des communautés bénéficiaires.

Ce choix du Kasaï Oriental n’est pas anodin. La province fait partie des zones où le projet a été préparé et suivi de près ces derniers mois. Le ministère de l’Éducation nationale a indiqué qu’une mission de suivi et d’évaluation avait débuté le 16 juin 2026 à Mbuji-Mayi, dans les provinces éducationnelles Kasaï Oriental 1 et 2, afin d’apprécier l’état d’avancement des activités. Cette séquence, moins spectaculaire qu’une cérémonie de lancement, est pourtant décisive : elle doit permettre de vérifier les sites, les procédures et la cohérence entre les besoins locaux et les ouvrages prévus.

Des salles de classe, mais aussi de l’eau et des latrines

Dans de nombreuses écoles publiques congolaises, la question de la qualité commence par des réalités très simples : s’asseoir correctement, disposer d’un tableau utilisable, apprendre dans une salle ventilée, avoir accès à des latrines séparées et à un point de lavage des mains. Le PEQIP entend répondre à une partie de ces besoins en associant la construction ou l’équipement de salles de classe à des dispositifs d’eau, d’hygiène et d’assainissement.

La Banque mondiale, qui apporte l’appui technique au projet, rappelle que l’augmentation des effectifs liée à la gratuité du primaire a accentué la pression sur les écoles. Dans son communiqué de présentation, elle souligne que près de quatre millions d’élèves supplémentaires ont fréquenté les écoles primaires publiques en 2022 2023 par rapport à 2017 2018. Cette avancée en matière d’accès a donc produit un autre défi : accueillir plus d’enfants sans dégrader les apprentissages.

Les ouvrages d’hygiène ne relèvent pas d’un confort secondaire. Dans une école où les latrines sont absentes, sales ou non séparées, les filles sont souvent les premières pénalisées, notamment à l’approche de l’adolescence. L’amélioration de l’assainissement scolaire peut réduire les absences, sécuriser l’environnement d’apprentissage et rassurer les parents. Elle ne suffit pas à elle seule, mais elle change la journée de classe.

Un financement international sous surveillance

Le PEQIP est financé par le Partenariat mondial pour l’éducation, avec l’appui technique de la Banque mondiale, et mis en œuvre par le ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté. Les montants publiés varient selon les documents et les périmètres retenus : la Banque mondiale a annoncé un financement de 67 millions de dollars du Partenariat mondial pour l’éducation, tandis que des documents opérationnels et des communications congolaises évoquent un coût total de 69 millions de dollars. Cette différence appelle surtout une lecture rigoureuse des budgets, des composantes et des frais liés à l’exécution.

Le projet ne se limite pas aux infrastructures. Les informations publiées par le ministère évoquent aussi la distribution de manuels scolaires, la formation des enseignants et le renforcement des outils de pilotage du système éducatif. En 2025, lors de la mise en place du plan d’actions opérationnel à Mbuji-Mayi, plusieurs jalons avaient été annoncés, dont la distribution de 5,3 millions de manuels entre avril et août 2026 et la formation de nombreux enseignants à l’utilisation de nouveaux supports pédagogiques.

Ces engagements seront faciles à annoncer, plus difficiles à tenir. Les livres doivent arriver dans les écoles avant d’être utiles. Les formations doivent modifier les pratiques de classe, pas seulement remplir des listes de présence. Quant aux chantiers, ils devront respecter les délais, les normes et la transparence des marchés. C’est sur ces détails que les communautés jugeront la réforme.

La gratuité cherche son deuxième souffle

Depuis l’introduction de la gratuité de l’enseignement primaire, des millions d’enfants ont retrouvé le chemin de l’école ou y sont restés plus longtemps. Mais cette politique a aussi exposé les limites du système : classes pléthoriques, déficit d’enseignants qualifiés, mobilier insuffisant, manuels rares, infrastructures vieillissantes. Le PEQIP intervient précisément dans cette zone de tension entre accès et qualité.

Pour les parents, la promesse est concrète. Une école construite ou réhabilitée réduit parfois les distances parcourues par les enfants. Des latrines fonctionnelles évitent des abandons discrets. Des manuels disponibles allègent le poids financier indirect de la scolarité. Un enseignant formé à gérer une classe à large effectif peut mieux suivre les élèves en difficulté, même si les moyens restent limités.

Le gouvernement sait cependant qu’un projet, même financé, ne règle pas seul la crise de l’école primaire. Il faudra assurer l’entretien des bâtiments, le paiement régulier des enseignants, la supervision pédagogique et la disponibilité des matériels après la première distribution. Le chantier lancé à Tshilenge sera donc observé comme un test de continuité administrative autant que comme un programme d’investissement.

Le test sera dans les écoles livrées

À ce stade, l’information disponible permet de confirmer l’entrée du PEQIP dans une phase visible : des chantiers sont lancés, des missions de suivi sont annoncées et les partenaires techniques ont clarifié les objectifs généraux. La suite dépendra de l’exécution. En RDC, les familles ont appris à distinguer la pose de la première pierre de la salle de classe effectivement occupée par les élèves.

Si les 56 écoles et les 21 ouvrages d’hygiène sont livrés dans de bonnes conditions, le projet offrira un exemple utile pour d’autres provinces. S’ils prennent du retard ou si les équipements n’accompagnent pas les bâtiments, la réforme perdra une partie de son crédit. Dans les villages et les quartiers, le débat sera moins financier que quotidien : à la rentrée, les enfants auront-ils une classe, un banc, un manuel et des latrines dignes ? C’est là que se jouera, bien plus que dans les communiqués, la crédibilité de la qualité au primaire.

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