La Journée mondiale du tourisme, célébrée ce dimanche 27 septembre, remet les chutes de Zongo au centre d’une question concrète pour le Kongo Central : comment transformer la fréquentation d’un site spectaculaire en revenus durables pour les communautés voisines, sans dégrader le patrimoine naturel qui attire les visiteurs ?
À la veille de cette journée, une excursion organisée à Zongo a de nouveau mis en lumière ce site situé dans le territoire de Mbanza-Ngungu, à environ 140 kilomètres de Kinshasa. Les chutes, alimentées par la rivière Inkisi, constituent l’une des destinations de proximité les plus connues des habitants de la capitale. Leur accessibilité permet des séjours courts, mais cette proximité ne garantit pas automatiquement des retombées équilibrées pour l’économie locale.
Selon l’Agence congolaise de presse, le thème retenu cette année invite à réfléchir au rôle du numérique et de l’intelligence artificielle dans la transformation du tourisme. Pour Zongo, cette orientation peut se traduire par des outils simples : informations fiables sur l’état de la route, réservation transparente, présentation des tarifs, cartographie des services, promotion des artisans et signalement des règles de sécurité.
La visibilité en ligne ne suffit toutefois pas. L’expérience du visiteur dépend aussi de la qualité de l’accueil, de la propreté, de la signalisation, de l’accès à l’eau, des premiers secours et de l’entretien des voies. Les autorités provinciales, les opérateurs privés et les représentants des communautés ont intérêt à définir des responsabilités claires. Une destination peut gagner rapidement en notoriété, puis perdre la confiance du public si les services ne suivent pas.
L’enjeu économique dépasse les droits d’entrée. Le transport local, la restauration, l’hébergement, le guidage, la vente de produits agricoles et l’artisanat peuvent créer une chaîne de valeur autour du site. Pour que cette activité bénéficie réellement au territoire, les prestataires locaux doivent pouvoir accéder aux visiteurs et être associés à l’organisation de l’offre.
La protection de l’environnement reste le second pilier. L’augmentation des visites peut accentuer les déchets, l’érosion des sentiers et les comportements dangereux près de l’eau. Des zones de circulation clairement indiquées, des points de collecte, une sensibilisation visible et un suivi de la capacité d’accueil sont nécessaires. La promotion touristique ne doit pas conduire à présenter la nature comme une ressource sans limite.
La Journée mondiale du tourisme offre donc à Zongo une occasion de dépasser la communication ponctuelle. Un plan local associant sécurité, environnement, formation et suivi des revenus permettrait de mesurer les effets réels de la fréquentation. Le succès ne se compterait plus seulement en visiteurs, mais aussi en emplois créés, en services améliorés et en patrimoine préservé.
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