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Miabi : le pont Lubi inachevé tient plus de 100 élèves loin de l’école

Miabi : le pont Lubi inachevé tient plus de 100 élèves loin de l’école
Des élèves devant une école primaire à Kinshasa en février 2020. Photo d’archive illustrant la scolarisation en RDC, sans lien direct avec Tshijiba Centre. Crédit : Banque mondiale, Vincent Tremeau, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
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Dans le territoire de Miabi, au Kasaï Oriental, plus de cent élèves de Bena Nganza et Bena Mbuyi ne fréquentent pas les écoles de Tshijiba Centre depuis le début de l’année scolaire 2026-2027. Le pont jeté sur la rivière Lubi, unique passage signalé entre leurs villages et le centre scolaire, reste inachevé après plus d’une année de suspension des travaux.

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L’alerte a été rapportée le 28 septembre par Radio Okapi à partir de témoignages recueillis dans la zone. La rivière mesurerait environ trente mètres à l’endroit concerné. Des parents jugent la traversée trop dangereuse pour laisser les enfants l’emprunter quotidiennement. Le résultat est immédiat : l’école existe, mais la route qui doit y conduire n’offre plus de passage sûr.

Un ouvrage de transport devenu une urgence scolaire

Le cas de Tshijiba Centre rappelle qu’un pont rural ne relève pas seulement de la circulation. Il conditionne aussi l’accès à l’éducation, aux soins et aux marchés. Dans ce secteur de Miabi, l’interruption du chantier transforme une difficulté d’infrastructure en rupture de service public.

Les enfants touchés perdent des semaines d’apprentissage alors que l’année scolaire a déjà commencé. Plus l’absence se prolonge, plus le risque de décrochage augmente. Certaines familles peuvent chercher une école plus proche, mais ce choix suppose souvent une distance supplémentaire, des frais ou un hébergement que tous les ménages ne peuvent pas assumer.

La prudence des parents n’est pas un refus de scolariser leurs enfants. Elle traduit un arbitrage entre deux risques : les laisser manquer l’école ou les exposer chaque jour à une traversée jugée périlleuse. Cette distinction doit orienter la réponse des autorités. Une campagne de sensibilisation ne suffira pas si l’obstacle matériel reste en place.

Le financement doit être expliqué publiquement

Selon les informations communiquées à Radio Okapi, l’Office des routes attend un financement pour achever la superstructure métallique et permettre le passage des piétons et des véhicules. Cette indication confirme que l’ouvrage n’est pas abandonné dans son principe, mais elle ne précise ni le montant manquant, ni le niveau d’exécution, ni la date possible de reprise.

Ce sont pourtant ces éléments qui permettraient aux habitants de suivre le dossier. Une information utile devrait détailler les travaux déjà réalisés, les pièces encore nécessaires, le coût restant, l’autorité chargée du financement et un calendrier réaliste. Sans ces repères, la suspension risque de devenir une attente indéfinie.

La province et les services techniques devraient également préciser les mesures transitoires envisageables. Toute solution provisoire doit être évaluée par des ingénieurs et sécurisée. Installer un passage improvisé sans contrôle technique pourrait déplacer le danger au lieu de le résoudre.

Le suivi doit partir du nombre réel d’enfants absents

Le chiffre de plus de cent élèves donne une première mesure de l’impact, mais il doit être vérifié école par école. Les directions scolaires peuvent établir la liste des enfants attendus, leurs villages d’origine et la durée de leur absence. Ce suivi éviterait que certains élèves disparaissent des statistiques une fois l’émotion passée.

Une réponse coordonnée entre l’administration territoriale, les services de l’éducation, l’Office des routes et les communautés permettrait de traiter simultanément le chantier et ses conséquences scolaires. Les écoles pourraient organiser un rattrapage dès que le passage sera rétabli, tandis que les autorités publieraient l’avancement des travaux.

À Miabi, l’urgence n’est donc pas de multiplier les annonces. Elle consiste à remettre en service un lien physique dont dépend l’exercice effectif du droit à l’éducation. Tant que le pont Lubi restera inachevé, la gratuité de l’école ne suffira pas aux enfants qui ne peuvent pas l’atteindre.

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