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Mugunga : les femmes veulent peser davantage dans les décisions de paix au Nord-Kivu

Mugunga : les femmes veulent peser davantage dans les décisions de paix au Nord-Kivu
Une femme déplacée échange avec une délégation au camp de Mugunga en avril 2013. Photo d’archive directement liée au lieu, elle ne montre pas l’activité du 25 septembre 2026. Crédit : MONUSCO et Sylvain Liechti, Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0.
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À Mugunga, dans la commune de Karisimbi à Goma, une mobilisation organisée vendredi 25 septembre a replacé les femmes et les jeunes au centre du débat sur la paix au Nord-Kivu. L’activité était portée par la Synergie des Femmes pour la Paix et la Sécurité, avec des responsables communautaires, des organisations partenaires et des habitants.

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Le message choisi, formulé en swahili puis traduit en français, présentait la paix comme une responsabilité partagée. La rencontre a aussi abordé le vivre-ensemble, la participation aux mécanismes locaux de sécurité et la prévention de la maladie à virus Ebola.

Selon les organisatrices citées par La Prunelle RDC, la mobilisation ne concernait pas uniquement les femmes. Des filles, des jeunes et des hommes y ont participé. Cette ouverture traduit une réalité locale : les femmes jouent un rôle important dans l’alerte, l’accompagnement des déplacés et la médiation, mais elles ne peuvent porter seules la responsabilité de la paix.

De la sensibilisation à la décision

La Synergie s’appuie notamment sur la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies, consacrée aux femmes, à la paix et à la sécurité. Ce cadre demande que les femmes participent aux décisions, et pas seulement aux activités de sensibilisation organisées après les crises.

À Mugunga, la question est concrète. Les familles ont connu les déplacements, la perte de revenus, la séparation et l’insécurité. Les femmes sont souvent les premières à organiser l’accès à l’eau, la recherche de soins, l’accueil des enfants et la circulation de l’information. Cette expérience devrait leur donner une place réelle dans les comités locaux de protection et les mécanismes de dialogue.

La présence dans une réunion ne suffit pas. Il faut savoir si les propositions formulées modifient les priorités, les budgets et les décisions de sécurité. Les autorités communales et provinciales devraient donc préciser comment les représentantes de Mugunga seront associées au suivi des alertes et à l’évaluation des réponses.

Paix et prévention sanitaire liées sur le terrain

L’ajout de messages sur Ebola peut sembler éloigné du thème de la paix. Il correspond pourtant aux difficultés quotidiennes des communautés. Une épidémie se propage plus facilement lorsque la confiance envers les institutions est faible, que les habitants se déplacent rapidement ou que les services de santé sont difficiles d’accès.

Les femmes engagées dans les quartiers peuvent aider à expliquer les signes d’alerte, orienter vers les structures de soins et lutter contre la stigmatisation. Leur proximité ne remplace pas les équipes médicales, mais elle peut faciliter un signalement précoce et réduire la circulation de fausses informations.

Cette articulation exige de la prudence. Les bénévoles communautaires doivent recevoir des informations vérifiées et savoir à quel service transmettre une alerte. Elles ne doivent pas être exposées sans protection ni chargées de responsabilités qui relèvent des autorités sanitaires.

Un suivi attendu après la journée

Les journées de mobilisation attirent l’attention, mais leur effet dépend des étapes suivantes. Les organisatrices peuvent établir une liste courte de demandes mesurables : nombre de femmes intégrées aux comités, calendrier des rencontres avec les autorités, mécanisme de remontée des alertes et moyens accordés aux initiatives locales.

Un compte rendu public permettrait aux participantes de vérifier ce qui a été retenu. Il éviterait aussi que les mêmes revendications soient répétées chaque année sans réponse précise. Les partenaires qui financent les activités devraient, eux aussi, rendre compte des résultats au-delà du nombre de personnes présentes.

À Mugunga, la mobilisation rappelle que la paix ne se construit pas uniquement dans les négociations nationales. Elle dépend aussi de la confiance dans les quartiers, de la capacité à prévenir les violences et de la place accordée à celles qui vivent directement les conséquences des crises. La prochaine étape se jouera donc simple : voir si les femmes entendues vendredi participent aux décisions prises demain.

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