Le commissariat provincial de la Police nationale congolaise en Ituri accorde une semaine aux propriétaires de véhicules non immatriculés pour régulariser leur situation. Après ce délai, la Police de circulation routière annonce des contrôles à Bunia et dans le reste de la province, avec immobilisation et mise en fourrière des véhicules en infraction.
La mesure figure dans un communiqué daté du 24 septembre. La police affirme constater un nombre important de véhicules circulant sans plaque. Elle rappelle que les articles 113 et 114 de l’ordonnance-loi du 30 août 1978 portant code de la route imposent l’identification des véhicules utilisés sur la voie publique.
Le communiqué est signé par le commissaire divisionnaire Ngoy Sengelwa Kyo et contresigné par le responsable provincial du service d’information. Il ne fixe cependant pas, dans les informations rendues publiques, le coût complet de la régularisation ni les guichets qui devront absorber une éventuelle hausse des demandes.
Une mesure routière avec un enjeu sécuritaire
Une plaque ne garantit ni la prudence du conducteur ni le bon état du véhicule. Elle permet toutefois d’identifier plus facilement un engin impliqué dans un accident, une infraction ou une activité criminelle. Dans une province confrontée à des déplacements de population et à une insécurité persistante, cette traçabilité prend une importance particulière.
Pour que l’opération soit utile, les contrôles devront porter sur des critères clairement annoncés. Les policiers devront distinguer l’absence totale de plaque, la plaque illisible, la plaque falsifiée et un dossier de régularisation déjà engagé. Une application uniforme limitera les contestations et réduira le risque de paiements informels.
La police doit aussi préciser la procédure de récupération d’un véhicule placé en fourrière. Le propriétaire devrait connaître les documents exigés, les frais légaux, le lieu de paiement et le délai de restitution. Sans ces informations, une mesure destinée à restaurer l’ordre peut devenir une nouvelle source de confusion.
Sept jours pour traiter les dossiers
Le délai accordé suppose que les services administratifs soient capables d’enregistrer les demandes rapidement. Une file trop longue, une rupture de formulaires ou des frais non affichés pourraient empêcher certains propriétaires de respecter l’ultimatum malgré leur volonté de se mettre en règle.
Les autorités provinciales gagneraient donc à publier une liste des guichets, leurs horaires et les montants officiels. Un numéro de contact ou un dispositif de plainte aiderait les usagers à signaler un refus injustifié, une tentative de racket ou un faux document.
Les transporteurs professionnels sont directement concernés. Un véhicule immobilisé peut interrompre une activité quotidienne et priver plusieurs familles de revenus. Cette réalité ne justifie pas l’infraction, mais elle rend nécessaire une campagne d’information accessible avant le début des sanctions.
Contrôler sans créer de nouvelles barrières
L’efficacité de l’opération se mesurera à la diminution durable du nombre de véhicules non identifiés. Elle ne se mesurera pas au nombre de barrières installées ni au volume des amendes perçues. Des contrôles mobiles, supervisés et documentés peuvent être plus utiles que des postes permanents qui ralentissent la circulation.
Les conducteurs ont, de leur côté, la responsabilité de vérifier leurs documents et de ne pas attendre le dernier jour. Les associations de chauffeurs, les entreprises de transport et les responsables de marchés peuvent relayer les informations officielles et orienter leurs membres vers les services compétents.
Au terme des sept jours, la police devra publier un premier bilan : nombre de véhicules régularisés, véhicules immobilisés, infractions constatées et plaintes enregistrées. Cette transparence permettra de savoir si la campagne améliore réellement l’identification des véhicules ou si elle ne produit qu’une opération ponctuelle.
À lire également
- Mbuji-Mayi : la police limite la surcharge des motos transportant des élèves
- Djugu : l’absence de policiers inquiète plusieurs villages et sites de déplacés
Views: 0
