À Djugu, la société civile s’inquiète du retour de familles déplacées dans des villages où la police manque à l’appel. Dans une alerte lancée le 11 septembre 2026 et relayée le lendemain par Radio Okapi, elle dénonce aussi le manque de moyens des agents déjà présents.
Tse, Logo Takpa, Joo et Kparnganza figurent parmi les localités citées. La société civile évoque plus de 50 000 déplacés regagnant leurs villages dans la zone de Bule et plus de 60 sites concernés à Djugu.
Décryptage : le retour ne signifie pas encore la sécurité
Rentrer au village ne règle pas toutes les difficultés. Une famille peut retrouver sa maison, mais avoir encore besoin de faire réparer le toit, de reprendre un champ ou de réinscrire les enfants à l’école. Sans poste de police accessible, un vol, une menace ou un litige foncier devient une difficulté supplémentaire.
La présence policière ne remplace pas l’ensemble des réponses nécessaires dans une zone touchée par les groupes armés. Elle reste cependant essentielle pour les tâches de proximité : recevoir les plaintes, sécuriser les marchés, prévenir les violences domestiques, intervenir dans les différends et orienter les victimes vers la justice.
L’alerte porte également sur les moyens de déplacement et les équipements des agents déjà déployés. Sans mobilité, la présence d’une unité ne garantit pas une intervention dans une localité éloignée. Le détail des véhicules ou des dotations nécessaires demanderait toutefois une évaluation propre à chaque poste.
Les personnes vulnérables au centre du dispositif
Le commissaire divisionnaire Ngoy Sengelwa a rappelé que la protection des femmes victimes de violences, des enfants recrutés de force et des personnes déplacées fait partie des premières obligations de la police. Ce rappel est important dans un territoire où les conséquences de la guerre se prolongent longtemps après les affrontements.
La confiance de la population dépendra toutefois des actes. Les habitants doivent savoir où se trouve le poste le plus proche, quel numéro appeler et dans quel délai une équipe peut intervenir. Les policiers, de leur côté, ont besoin d’une chaîne de commandement claire, de conditions de travail dignes et d’un contrôle qui prévient les abus.
Les mêmes difficultés sont signalées à Mambasa et Irumu. La réponse ne peut donc pas se limiter à déplacer quelques agents d’un centre urbain vers une localité pendant quelques jours. Elle demande une carte réaliste des besoins, des effectifs suffisants et une logistique durable.
Une occasion de reconstruire la confiance
Les chefs locaux, les associations de femmes et les responsables des sites de déplacés pourraient aider à repérer les besoins les plus urgents. Leur connaissance des villages serait utile pour choisir les postes à ouvrir et les axes à surveiller.
Les habitants ont besoin de réponses précises : quels postes ouvriront, avec combien d’agents et à quelle date ? Les moyens de déplacement compteront autant que les effectifs, surtout pour les villages éloignés.
Pour les familles qui rentrent, la différence se fera au quotidien : pouvoir déposer plainte, obtenir une intervention et se rendre au marché sans craindre de nouvelles violences. C’est sur ces services que le retour de la police sera jugé.
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