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Masisi : les combats poussent de nouvelles familles vers Kyumba et Langira

Masisi : les combats poussent de nouvelles familles vers Kyumba et Langira
Un site de personnes déplacées à Masisi en septembre 2012. Photo d’archives : Steven van Damme, Oxfam East Africa, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons.

De nouvelles familles déplacées arrivent à Kyumba et Langira, dans le groupement Waloa Yungu, en territoire de Walikale. Elles fuient la reprise des affrontements dans des zones voisines du territoire de Masisi, au Nord-Kivu. Depuis le jeudi 3 septembre, les habitants de ces deux localités voient parvenir des personnes parties avec peu de biens, parfois après plusieurs heures de marche.

Les nouveaux arrivants disent venir notamment de Ngululu, Bushaire, Kishee, Bulinda et Luho. Dans ces villages et leurs alentours, l’insécurité liée aux combats impliquant l’AFC/M23, les forces gouvernementales et des groupes Wazalendo continue de déplacer la ligne de front. Pour les civils, l’incertitude suffit souvent à provoquer un départ avant même que les tirs n’atteignent leur quartier.

Des départs précipités depuis plusieurs villages

Les familles ont quitté leurs maisons à mesure que les affrontements se rapprochaient. Certaines ont pu emporter des vêtements, quelques ustensiles ou une petite réserve de nourriture. D’autres sont arrivées presque les mains vides. Les personnes âgées, les enfants et les femmes enceintes supportent difficilement les déplacements sur des pistes dégradées et dans une région où les moyens de transport sont rares.

À Kyumba comme à Langira, aucun décompte officiel consolidé n’était encore disponible au moment du signalement. Cette absence de chiffre ne réduit toutefois pas la pression observable. Les responsables locaux font état d’arrivées continues et cherchent à identifier les ménages les plus vulnérables. Un enregistrement rapide permettrait de mieux dimensionner l’aide et d’éviter que des familles isolées restent hors des mécanismes d’assistance.

Des villages d’accueil déjà fragiles

Les déplacés sont d’abord reçus par des proches, des connaissances ou des habitants qui ouvrent leur maison. Cette solidarité constitue le premier filet de protection, mais elle atteint vite ses limites. Les foyers d’accueil disposent eux-mêmes de faibles réserves alimentaires et de revenus irréguliers. Plusieurs personnes passent ainsi la nuit dehors ou dans des abris improvisés, faute de place.

La nourriture, les bâches, les couvertures, les ustensiles de cuisine et les soins figurent parmi les besoins les plus urgents. L’accès à l’eau potable et aux latrines doit aussi être surveillé, car une augmentation rapide de la population peut exposer tout le village aux maladies. Les enfants séparés de leur école risquent, eux, de rester durablement sans cours si le déplacement se prolonge.

Une crise qui dépasse Kyumba et Langira

Ce mouvement s’inscrit dans une succession de déplacements observés entre Masisi et Walikale. Quelques jours plus tôt, d’autres familles avaient gagné le groupement Waloa Loanda après des combats dans le secteur de Busurungi. Des blessés y avaient également été signalés. Dans les groupements d’Ufamandu I et d’Ufamandu II, plusieurs localités avaient déjà perdu une grande partie de leurs habitants.

La répétition de ces départs complique la réponse humanitaire. Une famille peut être déplacée une première fois, trouver refuge dans une localité, puis repartir lorsque la violence se rapproche encore. À chaque trajet, elle perd une partie de ses ressources et devient plus dépendante de l’aide ou de l’accueil communautaire.

L’appel des autorités locales

Le chef de Kyumba, Bandu Murongani Gédéon, demande une intervention urgente en faveur des personnes nouvellement arrivées. Son appel vise les autorités publiques autant que les organisations humanitaires. La priorité consiste à évaluer la situation, enregistrer les ménages et mettre à disposition des vivres ainsi que des articles de première nécessité.

Une réponse utile devra aussi soutenir les familles hôtes. Distribuer une aide uniquement aux déplacés peut créer des tensions dans un village où presque tout le monde manque déjà de nourriture. Des points d’eau supplémentaires, un appui aux structures de santé et des solutions temporaires pour la scolarité bénéficieraient à l’ensemble de la communauté.

La protection des civils reste décisive

Au-delà de l’urgence matérielle, la sécurité des axes de déplacement demeure essentielle. Les habitants doivent pouvoir quitter une zone dangereuse sans être inquiétés, accéder aux soins et conserver un contact avec leurs proches. Ceux qui souhaitent revenir dans leur village ne pourront le faire qu’après une amélioration réelle et durable de la sécurité.

À Kyumba et Langira, les prochaines heures serviront surtout à mesurer l’ampleur des arrivées. Sans accalmie autour des villages de départ, le nombre de personnes déplacées pourrait encore augmenter. La situation rappelle que chaque déplacement annoncé sur la carte correspond à des familles contraintes de reconstruire un quotidien loin de leur maison.

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