Trois jours après la rentrée, Félix Tshisekedi a parcouru trois écoles de Kinshasa pour écouter élèves et enseignants. Derrière les demandes de salles, de bancs, d’ordinateurs ou de repas, cette tournée ramène la politique éducative à une question simple : que change réellement la rentrée dans la vie d’un enfant ?
Une visite au plus près des classes
Le vendredi 4 septembre, le président Félix Tshisekedi s’est rendu au Collège Bonsomi, à l’École primaire Sona Pangu 1 et 2, puis au Lycée Monseigneur Shaumba. La tournée intervenait soixante-douze heures après la reprise des cours sur l’ensemble du territoire.
Dans chaque établissement, le chef de l’État est entré dans des salles de classe et a échangé avec les élèves. Le décor était celui du quotidien scolaire, loin des réunions officielles : des tables-bancs, des enseignants devant leurs classes et des jeunes qui parlent de leurs besoins avec leurs propres mots.
Cette proximité donne une force particulière aux demandes exprimées. Elle crée aussi une attente. Lorsqu’un problème est présenté directement au président, les familles veulent savoir quelle institution le prendra en charge, dans quel délai et avec quel budget.
À Bonsomi, des demandes très précises
Au Collège Bonsomi, situé dans la commune de N’Djili, les élèves ont demandé un nouveau bâtiment de quinze classes. Ils ont également évoqué le bitumage de l’avenue principale et la mise à disposition d’un bus scolaire.
Ces doléances montrent que l’apprentissage ne dépend pas seulement du contenu des cours. Une salle surchargée fatigue les élèves et complique le travail de l’enseignant. Une voie dégradée allonge le trajet, surtout lorsqu’il pleut. Un transport insuffisant peut transformer chaque matin en épreuve pour les familles éloignées.
Le président a appelé les élèves à viser l’excellence et leur a rappelé la place de l’éducation dans le développement du pays. Le message est mobilisateur, mais il devra rencontrer des réponses matérielles. Le suivi du bâtiment demandé, de la route et du transport dira si cette visite produit un changement durable.
Sona Pangu place la cantine au centre
À l’École primaire Sona Pangu 1 et 2, Félix Tshisekedi a visité quinze salles récemment réhabilitées. Il a aussi lancé la construction d’une cantine scolaire et remis symboliquement des bancs fabriqués dans les ateliers du Service national, au bénéfice de Sona Pangu et du Collège Bonsomi.
La cantine touche un sujet que connaissent beaucoup de parents. Un enfant qui arrive en classe sans avoir suffisamment mangé peine à rester attentif. Pour les ménages aux revenus instables, un repas servi à l’école peut soulager une dépense quotidienne tout en favorisant l’assiduité.
Le gouvernement a annoncé soixante-dix-huit cantines pilotes, soit trois par province, dans le cadre de la Stratégie nationale d’alimentation scolaire 2025-2030. Le programme veut améliorer la présence en classe et les résultats, mais aussi soutenir la production agricole locale. Il faudra donc vérifier la régularité des repas, leur qualité nutritionnelle et la place réellement accordée aux producteurs proches des écoles.
Des ordinateurs et une bibliothèque à Shaumba
La dernière étape s’est déroulée au Lycée Monseigneur Shaumba, dans la commune de Gombe. Les élèves y ont parlé du manque d’ordinateurs et du besoin d’une bibliothèque plus vaste. Ces demandes rappellent que l’école congolaise doit à la fois résoudre ses difficultés de base et préparer les jeunes à un monde où la maîtrise du numérique devient indispensable.
Installer du matériel ne suffira toutefois pas. Les ordinateurs doivent être entretenus, alimentés en électricité et intégrés aux cours. Une bibliothèque a besoin de livres adaptés, d’un espace accueillant et d’horaires qui permettent aux élèves de l’utiliser. Sans accompagnement, un équipement peut rapidement devenir une vitrine fermée.
Le chef de l’État a encouragé les finalistes à se distinguer afin d’intégrer le programme Excellentia. Pour que l’excellence ne soit pas réservée aux établissements les mieux dotés, les conditions minimales d’apprentissage doivent progresser dans toutes les communes et dans les provinces.
Le vrai test commencera après la tournée
Près de trente et un millions d’élèves étaient attendus pour cette rentrée 2026-2027. À cette échelle, les besoins dépassent forcément les trois écoles visitées. Bonsomi, Sona Pangu et Shaumba offrent toutefois un échantillon parlant : manque de classes, mobilité difficile, alimentation scolaire, déficit d’équipements numériques et espaces de lecture insuffisants.
La présidence, le ministère de l’Éducation, la ville de Kinshasa et les services concernés devront maintenant transformer ces constats en responsabilités claires. Un calendrier public des travaux, assorti d’étapes vérifiables, éviterait que les promesses disparaissent avec l’actualité.
Pour les élèves rencontrés, la visite restera un souvenir marquant. Pour leurs parents, elle sera surtout jugée à la prochaine saison des pluies, au prochain trimestre et à la fin de l’année scolaire. Une salle livrée, une cantine qui sert effectivement des repas, un ordinateur utilisable ou une route améliorée parleront plus fort que toutes les déclarations.
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