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Walikale : Chanjikiro et Ngambi restent sous contrôle loyaliste, selon des sources locales

Walikale : Chanjikiro et Ngambi restent sous contrôle loyaliste, selon des sources locales
Patrouille de la MONUSCO à Ntoto, dans le territoire de Walikale, en août 2014. Photo d’archives, l’image ne montre pas les combats des 31 août et 1er septembre 2026.

Un calme précaire était signalé mardi à Chanjikiro et Ngambi, dans le territoire de Walikale, après une journée d’affrontements. Des sources locales affirment que les deux villages restent tenus par les FARDC et leurs alliés. Aucun bilan indépendant et complet des combats n’avait toutefois été rendu public.

Deux villages au centre d’une nouvelle poussée

Les combats ont commencé lundi 31 août dans les villages de Chanjikiro et Ngambi, situés dans la localité de Banamulema, au sein du groupement Kisimba. D’après les informations recueillies dans la zone, des combattants de l’AFC/M23 arrivés de Rusamambu, dans le groupement voisin d’Ikobo, ont attaqué simultanément des positions occupées par l’armée congolaise et des combattants wazalendo.

Des armes lourdes et légères ont été entendues pendant une grande partie de la journée. Les assaillants se seraient ensuite repliés vers Rusamambu. Mardi 1er septembre, les deux villages étaient toujours présentés comme étant sous le contrôle des forces loyalistes, mais cette situation n’a pas encore fait l’objet d’une vérification indépendante sur place.

La prudence s’impose aussi sur le bilan humain et matériel. Aucun décompte exhaustif des morts, des blessés ou des dégâts n’était disponible à la clôture de cette édition. Les versions publiées permettent de situer les affrontements et leur issue immédiate, pas d’établir avec certitude l’ensemble des pertes ni les responsabilités pour chaque tir.

Une accalmie qui ne garantit pas le retour des habitants

À Walikale, le contrôle d’un village ne suffit pas à rétablir la vie ordinaire. Les populations attendent de savoir si les lignes resteront stables, si les routes pourront être empruntées et si les champs seront accessibles sans risque. Dans une zone où les positions peuvent être attaquées à nouveau après quelques heures ou quelques jours, l’annonce d’un repli ne vaut pas encore sécurisation durable.

Les combats de Chanjikiro et Ngambi s’inscrivent dans une pression plus large sur plusieurs parties du territoire. Depuis le 29 août, des familles ont quitté Biriko, Kifuruka, Lulambo et Busurungi, dans le groupement Waloa Loanda. Elles redoutaient les effets d’affrontements signalés dans les zones voisines de Masisi et de Kalehe. Plusieurs ménages ont gagné Hombo, Walikale-centre ou Bukavu, souvent en laissant derrière eux maisons, récoltes et biens essentiels.

Ces déplacements ne proviennent pas tous du même incident et ne doivent pas être confondus. Ils montrent néanmoins que l’insécurité circule d’un axe à l’autre. Une poussée militaire dans un groupement peut fermer une route, déplacer un marché ou convaincre des familles situées plus loin de partir avant même l’arrivée des combats.

La rentrée scolaire révèle une sécurité à plusieurs vitesses

La reprise des cours, mardi, a donné une mesure très concrète de ce contraste. À Walikale-centre, des écoles ont rouvert et les premières leçons ont commencé. Dans d’autres localités du territoire, notamment autour de Kisimba, l’insécurité et les déplacements ont perturbé la rentrée.

Pour un enfant, la différence entre une accalmie et une sécurité réelle tient à des gestes simples : marcher jusqu’à l’école, retrouver son enseignant et rentrer chez lui sans traverser une zone de tirs. Pour les parents déplacés, acheter des fournitures devient secondaire lorsque le logement, la nourriture et la localisation même de la famille restent incertains.

La dispersion des ménages complique également le travail des autorités scolaires. Il faut identifier les élèves arrivés dans les zones d’accueil, leur trouver une place et éviter qu’une interruption imposée par les combats ne se transforme en abandon prolongé. Les écoles qui restent ouvertes peuvent absorber une partie des enfants, mais leurs capacités sont limitées.

Le contrôle territorial doit se traduire en protection civile

La situation de Chanjikiro et Ngambi rappelle enfin les limites d’une lecture uniquement militaire. Repousser une attaque peut empêcher la perte immédiate d’une position. Cela ne garantit ni la libre circulation, ni le retour des déplacés, ni l’acheminement de l’aide. Une présence durable, des alertes rapides et un accès sûr aux villages restent nécessaires pour réduire le coût humain des affrontements.

Les familles accueillies à Hombo ou ailleurs ont besoin d’abris, de vivres et de soins, mais aussi d’informations fiables. Des annonces contradictoires sur le contrôle des localités peuvent provoquer des retours trop précoces ou, au contraire, prolonger des déplacements qui épuisent les communautés hôtes.

Le calme observé mardi constitue donc un répit, pas encore une stabilisation. La prochaine étape se mesurera moins à une nouvelle déclaration de victoire qu’à l’absence de reprise des tirs, à la réouverture des axes et au retour volontaire des habitants. À Walikale, c’est sur ces signes quotidiens que la population jugera la portée réelle du contrôle annoncé à Chanjikiro et Ngambi.

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