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Ituri : sept civils tués à Amani, l’alerte liée aux ADF gagne le Haut-Uele

Ituri : sept civils tués à Amani, l’alerte liée aux ADF gagne le Haut-Uele
Patrouille des FARDC dans l’Est de la RDC. Photo d’archive : MONUSCO/Abel Kavanagh, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons.
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Au moins sept civils ont été tués à Amani, dans le territoire de Mambasa, lors d’une attaque attribuée aux ADF par des sources locales. Les incendies d’habitations et les déplacements s’ajoutent à une succession de violences. Dans le Haut-Uele, la société civile alerte aussi sur des enlèvements d’enfants.

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Un bilan encore provisoire à Amani

Le village d’Amani, dans le territoire de Mambasa, a été attaqué samedi 29 août. Les premiers témoignages recueillis sur place font état d’au moins sept civils tués. Plus de vingt maisons auraient également été incendiées. Face à la crainte d’une nouvelle incursion, des familles ont quitté la zone.

Plusieurs personnes sont par ailleurs portées disparues. À ce stade, leur nombre exact et leur situation n’étaient pas établis. Une autorité territoriale a confirmé l’attaque et annoncé le déploiement des forces de sécurité. En revanche, aucune communication militaire détaillée n’a encore livré de bilan consolidé ni identifié publiquement les auteurs.

Les organisations locales attribuent l’assaut aux Forces démocratiques alliées, ADF. Les témoignages disponibles ne permettent toutefois pas encore de confirmer cette piste, qui n’est étayée ni par les résultats d’une enquête ni par une revendication authentifiée.

À Mambasa, les attaques se succèdent

Amani vient s’ajouter à une série de violences signalées dans les villages de Ngombari, Kalonge, Seseo, Masikida et Ngolo. Au moins seize personnes auraient été tuées dans ces localités au cours de la semaine précédente. D’autres habitants auraient été enlevés.

Le tableau dressé par la société civile de Mambasa est plus large encore. Selon son décompte, plus de 300 civils ont perdu la vie depuis mars dans des dizaines de villages du territoire. Il ne s’agit pas d’un bilan officiel exhaustif et ce chiffre n’a pas encore été confirmé. Il donne néanmoins la mesure de l’alerte exprimée par des communautés confrontées à des attaques répétées, souvent loin des services de sécurité.

Cette insécurité atteint aussi les activités agricoles. Dans cette zone productrice de cacao, des cultivateurs auraient abandonné leurs champs ou interrompu le traitement des récoltes. Aux maisons incendiées et aux déplacements s’ajoute donc le risque d’une nouvelle perte de revenus pour des ménages déjà fragilisés.

La même inquiétude s’installe dans le Haut-Uele

La menace signalée ne s’arrête plus aux limites de l’Ituri. Dans la province voisine du Haut-Uele, des sources de la société civile évoquent plus d’une centaine d’enfants qui seraient toujours retenus par des combattants présumés des ADF.

Près de 90 enlèvements sont avancés dans la zone de Mahaa, une trentaine à Boke et un nombre encore indéterminé à Suka ya Mboka. Ces bilans restent déclaratifs et chaque cas doit être vérifié. Des familles disent être sans nouvelles, tandis que des acteurs locaux redoutent l’exposition de certains mineurs au recrutement forcé.

Les déplacements avaient déjà pris de l’ampleur en juillet. Des sources locales estimaient alors que plus de 10 000 personnes avaient fui certaines zones des territoires de Watsa et de Wamba. Elles décrivaient des départs vers Watsa-Centre, Gombari, Moku et Giro, considérés comme relativement plus sûrs.

Une pression militaire, mais des villages toujours exposés

Les FARDC et l’armée ougandaise poursuivent leur coopération dans les opérations contre les ADF. Des captifs ont été libérés et des positions combattantes ciblées au cours des derniers mois. Pourtant, les attaques continuent. Dans les zones rurales et forestières, la sécurisation durable reste difficile.

Des acteurs locaux estiment que des unités des ADF se dispersent en groupes mobiles afin d’éviter les opérations conjointes et de chercher de nouveaux espaces entre l’Ituri, le Haut-Uele et la Tshopo. Cette lecture est aussi avancée pour expliquer la multiplication des alertes dans des régions jusque-là moins directement touchées.

En août, les autorités de l’Ituri et du Haut-Uele ont convenu de renforcer le partage des renseignements et la coordination aux limites des deux provinces. Les résultats se jugeront sur des éléments concrets : la protection des villages, la libération des personnes enlevées et la sécurisation des routes empruntées par les civils.

La rentrée scolaire sous la menace

La rentrée du 1er septembre approche dans ce climat de peur. Dans certaines localités du Haut-Uele, des parents hésitent à envoyer leurs enfants à l’école. Ils redoutent de nouveaux enlèvements ou des attaques sur les chemins reliant les villages aux établissements.

Une rupture scolaire viendrait alourdir les effets des déplacements et des pertes économiques. Protéger les écoles suppose aussi de sécuriser les villages, les marchés, les champs et les axes routiers.

À Amani comme dans le Haut-Uele, trois urgences se dégagent : vérifier les bilans, retrouver les disparus et protéger la population, sans transformer en certitude ce qui repose encore sur des témoignages. La répétition des alertes appelle désormais une réponse coordonnée au-delà des frontières provinciales.

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