31 août 2026 à 09 h 00 — Redaction Nzadinews.net
Chapô — Au moins sept civils ont été tués à Amani, dans le territoire de Mambasa, lors d’une attaque attribuée aux ADF par des sources locales. Les incendies d’habitations et les déplacements s’ajoutent à une succession de violences, tandis que la société civile alerte sur des enlèvements d’enfants dans le Haut-Uele.
Un bilan provisoire à Amani
L’attaque signalée samedi 29 août dans le village d’Amani, en territoire de Mambasa, a fait au moins sept morts parmi les civils, selon les premiers témoignages recueillis localement. Plus de vingt maisons auraient également été incendiées, poussant des familles à quitter la zone par crainte d’une nouvelle incursion.
Plusieurs personnes sont en outre signalées disparues. Leur nombre exact et leur situation n’étaient pas établis au moment de la rédaction. Une autorité territoriale a confirmé l’attaque et annoncé le déploiement de forces de sécurité, mais aucune communication militaire détaillée n’a encore fourni un bilan consolidé ni identifié publiquement les auteurs.
Les organisations locales attribuent l’assaut aux Forces démocratiques alliées, ADF. Cette attribution doit rester présentée comme telle tant qu’elle n’a pas été étayée par les résultats d’une enquête ou par une revendication authentifiée.
Une succession d’attaques à Mambasa
L’incursion d’Amani intervient après plusieurs violences signalées dans les villages de Ngombari, Kalonge, Seseo, Masikida et Ngolo. Au moins seize personnes auraient été tuées dans ces localités au cours de la semaine précédente, et d’autres habitants auraient été enlevés.
La société civile de Mambasa affirme que plus de 300 civils ont perdu la vie depuis mars dans des dizaines de villages du territoire. Ce chiffre provient d’un décompte local et n’a pas encore été confirmé par un bilan officiel exhaustif. Il traduit néanmoins l’ampleur de l’alerte exprimée par les communautés confrontées à des attaques répétées et à un accès limité aux services de sécurité.
Les déplacements affectent aussi les activités agricoles. Dans cette zone productrice de cacao, des cultivateurs auraient quitté leurs champs ou interrompu le traitement de leurs récoltes. Les incendies et l’abandon temporaire des villages risquent ainsi d’aggraver la perte de revenus des ménages déjà fragilisés par l’insécurité.
Le Haut-Uele confronté à la même inquiétude
La menace signalée ne s’arrête plus aux limites de l’Ituri. Dans le Haut-Uele voisin, des sources de la société civile évoquent plus d’une centaine d’enfants qui seraient toujours retenus par des combattants présumés des ADF.
Près de 90 enlèvements sont avancés dans la zone de Mahaa, une trentaine à Boke et un nombre encore indéterminé à Suka ya Mboka. Ces bilans restent déclaratifs et doivent être vérifiés individuellement. Les familles concernées affirment être sans nouvelles, tandis que des acteurs locaux redoutent que certains mineurs soient exposés au recrutement forcé.
En juillet, des sources locales avaient déjà estimé que plus de 10 000 personnes avaient fui certaines zones des territoires de Watsa et de Wamba. Elles décrivaient des mouvements de populations vers Watsa-Centre, Gombari, Moku et Giro, présentés comme relativement plus sûrs.
Une pression militaire qui ne suffit pas à protéger tous les villages
Les FARDC et l’armée ougandaise poursuivent leur coopération dans le cadre des opérations menées contre les ADF. Des captifs ont été libérés et des positions combattantes ont été ciblées au cours des derniers mois. La persistance des attaques montre toutefois que les zones rurales et forestières restent difficiles à sécuriser durablement.
Des acteurs locaux estiment que des unités des ADF se dispersent en groupes mobiles pour éviter les opérations conjointes et chercher de nouveaux espaces entre l’Ituri, le Haut-Uele et la Tshopo. Cette lecture est également avancée pour expliquer l’apparition d’alertes dans des régions qui étaient jusque-là moins directement touchées.
Les autorités de l’Ituri et du Haut-Uele ont convenu en août de renforcer le partage des renseignements et la coordination aux limites des deux provinces. L’efficacité de cette coopération devra être mesurée par la protection des villages, la libération des personnes enlevées et la sécurisation des routes empruntées par les civils.
La rentrée scolaire sous la peur des enlèvements
La proximité de la rentrée scolaire du 1er septembre accentue l’inquiétude. Dans certaines localités du Haut-Uele, des parents hésitent à envoyer leurs enfants à l’école, redoutant de nouveaux enlèvements ou des attaques sur les chemins reliant les villages aux établissements.
Cette peur risque d’ajouter une rupture scolaire aux déplacements et aux pertes économiques. La sécurisation des écoles ne peut donc pas être dissociée de celle des villages, des marchés, des champs et des axes routiers.
À Amani comme dans le Haut-Uele, l’urgence consiste à vérifier les bilans, retrouver les disparus et protéger les populations sans présenter comme acquis ce qui reste fondé sur des témoignages. La répétition des alertes impose désormais une réponse coordonnée dépassant les frontières administratives provinciales.
Patrouille des FARDC dans l’Est de la RDC. Photo d’archive : MONUSCO/Abel Kavanagh, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons.
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