31 août 2026 • 15 h 30 WAT • Redaction Nzadinews.net
Chapô — La vaccination des personnels de première ligne a commencé le 27 août à l’Hôpital général de référence de Makiso. L’utilisation d’Ervebo offre une option supplémentaire dans la riposte, mais son efficacité contre le virus Bundibugyo responsable de l’épidémie n’est pas encore établie chez l’être humain.
Les soignants ciblés en priorité
La campagne a été lancée jeudi 27 août à l’Hôpital général de référence de Makiso, à Kisangani, en présence du ministre national de la Santé, Samuel-Roger Kamba, et des autorités sanitaires provinciales. Elle vise d’abord les personnes susceptibles d’être exposées au virus dans l’exercice de leur métier : médecins, infirmiers, hygiénistes, laborantins, équipes d’ambulance et autres intervenants de première ligne.
Cette priorité répond à un double impératif. Il faut protéger les personnels indispensables à la prise en charge des malades, mais aussi réduire le risque qu’un établissement de santé devienne un lieu de transmission. La confiance de la population dépend en grande partie de la capacité des structures médicales à accueillir, isoler et orienter rapidement les cas suspects sans exposer les patients ordinaires.
Un premier lot de 2 000 doses a été annoncé pour la zone concernée par la riposte : 1 500 pour la Tshopo et 500 pour le Bas-Uélé. À Kisangani, les zones de santé de Makiso, Kabondo et Mangobo figurent parmi les secteurs prioritaires. Bafwasende, où les contraintes d’accès et de sécurité compliquent déjà le travail sanitaire, doit également retenir une attention particulière.
Ervebo n’est pas homologué contre Bundibugyo
Le vaccin utilisé, Ervebo, a été développé et homologué contre l’espèce *Zaire ebolavirus*. Or, l’épidémie en cours est attribuée au virus Ebola Bundibugyo. Cette différence est essentielle : la protection d’Ervebo contre Bundibugyo n’a pas été démontrée chez l’être humain et la vaccination ne doit donc pas être présentée comme une garantie d’immunité.
Son emploi dans ce contexte s’inscrit dans une démarche de riposte encadrée et de production de connaissances. Les autorités sanitaires doivent expliquer clairement cette limite aux bénéficiaires, recueillir un consentement éclairé et assurer un suivi rigoureux. Une communication imprécise pourrait créer un faux sentiment de sécurité, alors que les gestes de prévention restent indispensables après l’injection.
Une épidémie qui continue de mettre le système sous pression
Au 26 août, le bilan consolidé faisait état de 5 794 cas confirmés et de 2 786 décès, soit une létalité d’environ 48,1 %. Soixante zones de santé réparties dans six provinces avaient notifié des cas. Dans la Tshopo, sept zones de santé sur vingt-trois étaient déjà touchées.
Ces chiffres montrent que la vaccination des soignants n’est qu’un volet d’une réponse beaucoup plus large. Les distances, l’état des routes, les déplacements de population et les difficultés de télécommunication ralentissent la détection et l’acheminement des échantillons. À Bafwasende, les incidents visant les équipes sanitaires ont aussi rappelé que la sécurité des intervenants conditionne directement la continuité des soins.
Le vaccin ne remplace pas les gestes de protection
Dans chaque structure, le triage dès l’entrée doit rester systématique. Les agents ont besoin d’équipements de protection adaptés, d’espaces d’isolement fonctionnels, de procédures sûres pour les prélèvements, la désinfection et la gestion des déchets. La recherche des contacts, la confirmation rapide des cas et les enterrements dignes et sécurisés demeurent également déterminants.
La population doit, pour sa part, recevoir des consignes simples : signaler rapidement une fièvre accompagnée de symptômes évocateurs, éviter tout contact non protégé avec les fluides corporels et ne pas manipuler un défunt suspect sans équipe formée. Les relais communautaires et les responsables locaux peuvent limiter les rumeurs si les informations sont régulières, cohérentes et données dans les langues comprises sur place.
Des résultats à mesurer dans la durée
Le succès de l’opération ne se résumera pas au nombre de doses administrées. Il faudra publier la couverture atteinte parmi les personnels ciblés, documenter le respect de la chaîne du froid, surveiller les effets indésirables et suivre les expositions survenues après vaccination. La rapidité de détection des cas parmi les soignants constituera un autre indicateur important.
À Kisangani comme dans les zones plus éloignées, la campagne peut renforcer la riposte si elle reste accompagnée d’une information honnête sur ses limites. Face à Bundibugyo, la prudence scientifique n’affaiblit pas l’action : elle protège la confiance indispensable entre les équipes médicales et les communautés.
Vaccination contre Ebola à Pinga, au Nord-Kivu, en 2019. Photo d’illustration : MONUSCO Photos/Force Pinga, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons. L’image ne représente pas le lancement organisé à Kisangani.

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