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Tshopo : la vaccination des soignants contre Ebola démarre à Kisangani

Tshopo : la vaccination des soignants contre Ebola démarre à Kisangani
Vaccination contre Ebola à Pinga, au Nord-Kivu, en 2019. Photo d’illustration : MONUSCO Photos/Force Pinga, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons. L’image ne représente pas le lancement organisé à Kisangani.
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Depuis le 27 août, les personnels de première ligne peuvent se faire vacciner à l’Hôpital général de référence de Makiso. Ervebo ajoute un outil à la riposte, mais une limite demeure : son efficacité contre le virus Bundibugyo responsable de l’épidémie n’est pas encore établie chez l’être humain.

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Protéger d’abord ceux qui prennent en charge les malades

Jeudi 27 août, l’Hôpital général de référence de Makiso, à Kisangani, a accueilli le lancement de la campagne en présence du ministre national de la Santé, Samuel-Roger Kamba, et des autorités sanitaires provinciales. Les premières doses sont destinées aux personnes les plus exposées par leur travail : médecins, infirmiers, hygiénistes, laborantins, équipes d’ambulance et autres intervenants de première ligne.

Le choix est logique. Sans soignants disponibles et protégés, toute la chaîne de prise en charge se fragilise. Il s’agit aussi d’éviter qu’un centre de santé, où l’on vient chercher de l’aide, ne devienne à son tour un lieu de transmission. La confiance des habitants se joue dès l’accueil d’un cas suspect, puis dans sa mise à l’écart et son orientation, sans exposer les autres patients.

Le premier lot annoncé compte 2 000 doses, dont 1 500 pour la Tshopo et 500 pour le Bas-Uélé. À Kisangani, Makiso, Kabondo et Mangobo figurent parmi les zones de santé prioritaires. Bafwasende réclame la même vigilance, alors que les difficultés d’accès et l’insécurité y compliquent déjà le travail des équipes.

Ervebo, une protection à ne pas surestimer

Ervebo a été développé et homologué contre l’espèce *Zaire ebolavirus*. L’épidémie actuelle, elle, est attribuée au virus Ebola Bundibugyo. La distinction n’a rien de théorique : aucune protection d’Ervebo contre Bundibugyo n’a encore été démontrée chez l’être humain. Recevoir une dose ne peut donc pas être présenté comme une garantie d’immunité.

Dans ce contexte, l’utilisation du vaccin relève d’une riposte encadrée, qui doit aussi permettre d’acquérir des connaissances. Les bénéficiaires doivent être informés sans ambiguïté, donner un consentement éclairé et faire l’objet d’un suivi rigoureux. Faute d’explications claires, la vaccination pourrait susciter un sentiment de sécurité trompeur et conduire à relâcher les précautions après l’injection.

Une riposte qui dépasse largement Kisangani

Au 26 août, le bilan consolidé atteignait 5 794 cas confirmés et 2 786 décès, pour une létalité d’environ 48,1 %. Des cas avaient été notifiés dans soixante zones de santé réparties entre six provinces. Sept des vingt-trois zones de santé de la Tshopo étaient déjà touchées.

Derrière ces chiffres, les obstacles sont très concrets. Les distances, l’état des routes, les déplacements de population et les difficultés de télécommunication retardent la détection des malades comme l’acheminement des échantillons. À Bafwasende, les incidents visant des équipes sanitaires ont rappelé une autre évidence : lorsque les intervenants ne peuvent pas travailler en sécurité, les soins s’interrompent.

Dans les centres, les gestes de protection restent le socle

La vaccination ne dispense d’aucune précaution. Le triage à l’entrée des structures doit rester systématique. Les agents ont besoin d’équipements de protection adaptés, d’espaces d’isolement fonctionnels et de procédures sûres pour les prélèvements, la désinfection et la gestion des déchets. Il faut, dans le même temps, rechercher les contacts, confirmer rapidement les cas et organiser des enterrements dignes et sécurisés.

Les consignes adressées aux habitants doivent rester simples et constantes : signaler rapidement une fièvre accompagnée de symptômes évocateurs, éviter tout contact non protégé avec les fluides corporels et ne pas manipuler un défunt suspect sans équipe formée. Des relais communautaires bien informés peuvent contenir les rumeurs, surtout si les messages sont réguliers et transmis dans les langues comprises sur place.

Après les premières injections, les preuves compteront

Le nombre de doses administrées ne suffira pas à juger l’opération. Il faudra connaître la couverture parmi les personnels ciblés, documenter la chaîne du froid, surveiller les effets indésirables et suivre les expositions survenues après la vaccination. La rapidité avec laquelle un cas est détecté chez un soignant donnera, elle aussi, une indication utile.

À Kisangani et dans les zones plus éloignées, Ervebo peut renforcer la riposte à condition que ses limites soient dites franchement. Face à Bundibugyo, cette prudence scientifique ne freine pas l’action. Elle préserve la confiance dont les équipes médicales ont besoin pour travailler avec les communautés.

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