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Mpox en RDC : après l’urgence, les provinces face au test de la surveillance

Déclarée hors urgence nationale en avril 2026, la mpox n’a pas disparu en RDC. Le vrai enjeu se joue désormais dans les zones de santé, entre vaccination ciblée, laboratoires et vigilance communautaire.

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Mpox en RDC : après l’urgence, les provinces face au test de la surveillance

La question que beaucoup de familles congolaises se posent depuis la levée de l’urgence nationale est simple : la mpox est-elle réellement derrière nous ? La réponse est plus prudente que rassurante. Oui, Kinshasa a déclaré, le 2 avril 2026, la fin de l’épidémie de mpox en tant qu’urgence nationale. Non, le virus n’a pas disparu du pays. Les dernières données internationales disponibles fin juillet 2026 indiquent encore des cas confirmés en République démocratique du Congo, dans un contexte où les équipes sanitaires sont aussi absorbées par d’autres urgences, notamment à l’Est.

Que signifie vraiment la fin de l’urgence nationale ?

La décision annoncée par le ministère de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale marque un changement de phase, pas un effacement du risque. Dans son communiqué publié en avril 2026, le gouvernement affirme que la riposte a couvert 419 zones de santé dans les 26 provinces. Il avance près de 125 000 cas investigués, plus de 80 000 prélèvements réalisés et plus de 34 000 cas confirmés, avec un taux de létalité ramené à 1,39 %.

Ces chiffres racontent une mobilisation nationale exceptionnelle, mais ils doivent être lus avec méthode. Les bilans varient selon que l’on parle de cas suspects, de cas confirmés par laboratoire ou de décès confirmés. L’Associated Press, citant Africa CDC au moment de l’annonce congolaise, rapportait par exemple plus de 161 000 cas suspects durant la séquence 2024 2026, environ 37 000 confirmations et 2 286 décès suspects, dont seulement 127 confirmés par test. Cette différence ne contredit pas nécessairement le ministère : elle rappelle surtout les limites du diagnostic dans un pays immense où de nombreuses alertes arrivent tard, parfois sans prélèvement exploitable.

Pour les habitants, la nuance est importante. La fin de l’urgence nationale réduit la pression institutionnelle, mais elle ne doit pas réduire la vigilance. Le ministère lui-même indique que la mpox reste présente dans certaines zones et que le risque de résurgence demeure. C’est là que commence le dossier congolais le plus concret : transformer une riposte d’urgence en surveillance de routine.

Pourquoi les provinces restent le vrai terrain de l’épidémie ?

La mpox congolaise n’est pas une crise abstraite vue depuis Kinshasa. Elle s’est construite par territoires, routes, marchés, sites de déplacement, mines artisanales, écoles et centres de santé. L’OMS rappelle qu’en 2024, avant le basculement de la riposte, les provinces les plus touchées comprenaient notamment l’Équateur, le Sud Ubangi, le Sankuru et le Sud Kivu. Le cas de Kamituga, dans le Sud Kivu, a marqué un tournant parce qu’il a documenté une transmission interhumaine soutenue du clade I, notamment par contact étroit et sexuel, dans une zone minière très mobile.

Le Nord Kivu a ensuite ajouté une difficulté propre aux provinces en conflit : promiscuité dans les sites de déplacés, accès compliqué aux soins, mouvement permanent de populations, méfiance envers les autorités et surcharge des structures de santé. Dans ces conditions, isoler une personne malade, tracer ses contacts ou organiser une vaccination ciblée devient un travail de proximité, souvent maison par maison.

La situation de juillet 2026 invite à garder cette lecture provinciale. Dans son rapport externe du 31 juillet 2026, l’OMS classe encore la RDC parmi les pays africains ayant rapporté des cas confirmés au cours des six semaines allant du 8 juin au 19 juillet 2026, avec 30 cas confirmés et aucun décès rapporté sur cette période. L’organisation ajoute une réserve importante : l’interprétation des données congolaises doit tenir compte de retards de notification liés à l’attention portée à l’épidémie de maladie à virus Bundibugyo. Autrement dit, la baisse visible peut être réelle, mais elle peut aussi être accentuée par une surveillance moins intense.

Ce que la vaccination a changé à Kinshasa et dans l’Équateur

La vaccination a été l’un des tournants de la riposte, mais elle n’a jamais été une campagne de masse indistincte. Elle a ciblé les groupes les plus exposés, les contacts de cas confirmés, les soignants, les enfants éligibles dans certaines zones et les milieux fermés. En octobre 2024, l’UNICEF annonçait l’arrivée de 265 000 doses de vaccin MVA BN à Kinshasa, données par l’Union européenne, les États Unis et Gavi avec l’appui d’Africa CDC. Ces doses ont été orientées vers l’Équateur, le Sud Ubangi, la Tshopo, le Nord Kivu, le Sud Kivu et le Sankuru.

À Kinshasa, la logique est devenue géographique. En mars 2025, le ministère de la Santé et l’UNICEF ont annoncé une campagne destinée à protéger plus de 600 000 personnes âgées d’au moins un an dans cinq zones de santé : Nsele, Lingwala, Limete, Bumbu et Kalamu 2. Le choix de ces zones n’était pas anodin. Il incluait des quartiers densément peuplés, des écoles et des milieux fermés comme les prisons, là où la transmission par contact rapproché peut trouver un terrain favorable.

L’Équateur offre un autre exemple de terrain. Dans la zone de Bolenge, près de Mbandaka, ainsi qu’à Bikoro et Ingende, l’OMS a documenté en 2026 l’appui conjoint de la Banque africaine de développement et de l’OMS. Entre janvier et juillet 2025, un financement d’un million de dollars a soutenu la détection, les équipements de protection, la prévention et la confirmation rapide des cas. Trois laboratoires ont été installés ou équipés, 4 800 cartouches GeneXpert mises à disposition, 370 relais communautaires mobilisés et plus d’un million de personnes sensibilisées. L’OMS indique aussi que 13 406 personnes y ont été vaccinées, dont 3 718 agents de première ligne.

Pourquoi les enfants et les soignants restent au centre du risque ?

La mpox a souvent été présentée comme une maladie de contact, mais en RDC elle a aussi révélé une vulnérabilité très forte des enfants. L’OMS signalait déjà en mai 2024 que les moins de 15 ans représentaient une part importante des cas confirmés, tandis que l’UNICEF indiquait, à la fin septembre 2024, que les enfants de moins de 15 ans comptaient pour environ 60 % des cas suspects et 80 % des décès. À Kinshasa, l’UNICEF a ensuite rapporté que les enfants et adolescents représentaient 47 % des cas confirmés au moment de la campagne de mars 2025.

Ces proportions ne disent pas que le virus ne touche que les enfants. Elles montrent plutôt l’effet combiné de la promiscuité familiale, du retard de consultation, des difficultés d’hygiène et de la fragilité des très jeunes patients face aux complications. Dans une maison où plusieurs enfants dorment sur une même natte, où l’eau manque et où la maladie est d’abord prise pour une éruption banale, le temps perdu devient un facteur de risque.

Les soignants, eux, paient le prix de la première ligne. À Mbandaka comme à Goma, le risque commence au triage, au pansement, au nettoyage des surfaces et à la gestion des déchets médicaux. Les équipements de protection ne sont donc pas un détail logistique. Ils conditionnent la continuité des soins. Un centre de santé où l’infirmier a peur d’approcher le patient devient rapidement un point faible de toute la chaîne de riposte.

Le maillon discret des laboratoires et des relais communautaires

La grande leçon de la mpox en RDC tient peut-être dans un mot peu spectaculaire : confirmation. Sans prélèvement, une alerte reste une suspicion. Sans laboratoire accessible, les provinces envoient leurs échantillons loin, parfois trop tard. L’OMS notait en 2024 que la faible proportion de cas testés et la forte positivité des prélèvements suggéraient une sous détection. C’est précisément ce que la décentralisation du diagnostic cherche à corriger.

Le recours à GeneXpert, déjà connu dans le pays pour d’autres maladies, a apporté une réponse pratique. Là où les cartouches existent, où le personnel est formé et où l’électricité tient, le résultat peut guider plus rapidement l’isolement, la recherche des contacts et la vaccination autour du cas. Mais cette avancée reste fragile si les consommables s’épuisent, si les données ne remontent pas au niveau national ou si les relais communautaires ne sont plus financés.

Dans les villages de l’Équateur, les quartiers de Kinshasa ou les sites de déplacés du Nord Kivu, ces relais sont souvent les premiers à entendre qu’un enfant a des lésions, qu’un malade se cache par honte ou qu’un contact refuse d’être suivi. La surveillance congolaise ne se joue donc pas seulement dans les tableaux de bord du Centre des opérations d’urgence de santé publique. Elle dépend aussi de personnes qui parlent la langue locale, connaissent les familles et savent distinguer une rumeur d’une alerte utile.

Ce que la RDC doit maintenir après la phase d’urgence

L’analyse rédactionnelle conduit à une conclusion opérationnelle : la RDC a gagné du temps et de la capacité, mais elle n’a pas encore réglé le problème structurel. Le pays doit maintenir la notification rapide des cas, le diagnostic en province, la vaccination ciblée autour des foyers, la protection des soignants et la communication communautaire. Ces actions coûtent moins cher qu’une nouvelle flambée nationale.

Le rapport de l’OMS de juillet 2026 insiste sur la poursuite de la surveillance et sur l’intégration de la prévention de la mpox dans les soins primaires, la santé sexuelle, la protection communautaire et les services de laboratoire. Pour la RDC, cela signifie éviter que la mpox ne redevienne invisible dès qu’une autre urgence sanitaire occupe l’agenda. Le pays connaît bien ce piège : choléra, rougeole, polio, Ebola et déplacements armés se concurrencent dans les mêmes provinces et parfois dans les mêmes familles.

La fin de l’urgence nationale est donc une étape politique et sanitaire réelle. Mais, pour une mère de Nsele, un infirmier de Bolenge, un relais de Bukavu ou un déplacé près de Goma, le critère décisif reste plus simple : savoir où se faire examiner, obtenir un résultat fiable, protéger les proches et ne pas être abandonné après le communiqué officiel. C’est à ce niveau, très local, que se jouera la prochaine phase de la mpox en RDC.

Rédaction NZADI News

Article préparé avec une assistance automatisée, puis soumis aux contrôles éditoriaux de NZADI News : recoupement des sources, vérification des faits, contexte congolais et relecture de cohérence.

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