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Mambasa : 36 anciens otages reviennent, l’inquiétude demeure pour les enfants captifs

Mambasa : 36 anciens otages reviennent, l’inquiétude demeure pour les enfants captifs
Des enfants anciennement associés à un groupe armé en RDC. Photo d’archive, sans lien direct avec les personnes citées.

Le retour de 36 personnes retenues dans la forêt apporte un soulagement fragile à Mambasa, dans la province de l’Ituri. Des rescapés ont rejoint la localité d’Etabe après avoir été libérés ou avoir réussi à quitter leurs ravisseurs. Derrière ces retrouvailles, une autre inquiétude demeure : selon plusieurs témoignages recueillis localement, des enfants seraient encore gardés par les combattants présumés des ADF.

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Les récits disponibles proviennent principalement des survivants et d’acteurs de la société civile. Ils doivent donc continuer à être vérifiés par les services compétents. Cette prudence ne diminue pas l’urgence. Elle permet de distinguer les faits déjà établis des informations qui restent à confirmer, notamment le nombre exact de mineurs concernés et les lieux où ils pourraient se trouver.

Un retour marqué par l’épuisement

Parmi les personnes revenues figure un couple arrivé à Etabe après plusieurs jours passés en captivité. Les témoignages évoquent des déplacements imposés dans une zone forestière difficile d’accès et une séparation entre certains adultes et des enfants. Pour les familles, le retour ne met pas immédiatement fin à l’épreuve. Il faut retrouver un logement, recevoir des soins et reprendre contact avec les proches.

Les rescapés peuvent également présenter des blessures invisibles. La peur, les souvenirs de violence et l’incertitude sur le sort des autres captifs exigent un accompagnement psychologique discret. Une prise en charge limitée à l’interrogatoire sécuritaire laisserait une partie importante du problème sans réponse.

Le sort des enfants au centre des alertes

Des représentants locaux affirment que des enfants âgés de 7 à 15 ans auraient été maintenus dans les rangs du groupe. Certains pourraient être utilisés pour transporter des biens, surveiller des positions ou accomplir d’autres tâches imposées. Ces affirmations restent fondées sur des récits de témoins et ne peuvent pas encore être considérées comme un bilan officiel.

La protection de ces mineurs nécessite une coordination entre l’armée, les services de protection de l’enfance, les autorités territoriales et les organisations humanitaires. Une opération mal préparée pourrait exposer davantage les captifs. À l’inverse, une attente prolongée risque de les maintenir sous emprise et de compliquer leur retour dans leurs communautés.

Des familles qui cherchent encore des réponses

À Mambasa, de nombreuses familles vivent avec des informations incomplètes. Elles reçoivent parfois un nom, un lieu supposé ou un message transmis de bouche à oreille. Cette circulation de rumeurs peut créer de faux espoirs et alimenter la panique. Un point d’information officiel et régulièrement mis à jour aiderait à centraliser les signalements de disparition.

Le respect de la confidentialité est tout aussi important. Publier l’identité d’un enfant ou les détails d’une évasion peut compromettre une opération et exposer ses proches à des représailles. Les autorités doivent informer sans révéler ce qui pourrait mettre une vie en danger.

La présence de l’État attendue sur le terrain

Le gouverneur militaire de l’Ituri s’est rendu dans le territoire de Mambasa alors que les alertes sécuritaires se multiplient. Cette visite doit permettre d’entendre les communautés et d’évaluer les besoins. Les habitants attendent toutefois des mesures qui durent au-delà d’un déplacement officiel : sécurisation des axes, patrouilles adaptées, alerte communautaire et soutien aux villages les plus isolés.

La forêt et l’état des routes compliquent le déploiement. Les forces de sécurité ont besoin de renseignements fiables, mais la confiance des habitants dépend de leur comportement et de la protection des témoins. Chaque abus ou fuite d’information affaiblit cette coopération.

Reconstruire après la captivité

Le retour des 36 personnes est une étape, pas la fin de l’histoire. Une réponse complète doit associer soins médicaux, soutien psychologique, réunification familiale et aide à la reprise d’une activité. Les enfants qui reviendront auront besoin d’un parcours spécifique afin d’éviter la stigmatisation et de retrouver progressivement l’école.

La priorité reste la recherche des personnes encore portées disparues. Dans le même temps, la parole des rescapés doit être recueillie avec précaution, sans pression et sans exposition médiatique excessive. À Mambasa, la sécurité se mesurera aussi à la capacité de rendre aux survivants une vie normale et de protéger les enfants dont le sort reste inconnu.

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