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Résolution 1325 : Kinshasa veut mesurer la place des femmes dans les décisions de paix

Résolution 1325 : Kinshasa veut mesurer la place des femmes dans les décisions de paix
Une mobilisation de femmes pour la paix à Kinshasa en septembre 2025. Photo d’archive.

Le débat sur la participation des femmes aux décisions de paix ne se résume plus à une question de représentation. À Kinshasa, un forum national consacré à l’application de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies s’est achevé vendredi après quatre jours de travaux. L’enjeu est désormais très concret : mesurer ce qui a réellement changé dans les institutions, les mécanismes de médiation et les réponses apportées aux communautés touchées par les conflits.

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La rencontre a réuni des coordinations nationales et provinciales, des responsables publics et des organisations engagées dans la prévention des violences. Elle intervient alors que l’Est du pays reste marqué par des déplacements, des attaques armées et une forte fragilité sociale. Dans ce contexte, la parole des femmes est souvent sollicitée après la crise, mais beaucoup plus rarement au moment où se négocient les priorités de sécurité.

Un bilan attendu au-delà des discours

Le forum devait examiner l’avancement du troisième plan d’action national consacré à la résolution 1325. Ce cadre prévoit une meilleure participation des femmes à la prévention des conflits, aux négociations, à la protection des civils et à la reconstruction. Son efficacité dépend cependant de résultats observables dans les provinces et pas seulement de textes adoptés à Kinshasa.

Les participantes attendent notamment des données précises sur la présence féminine dans les structures de décision. Il s’agit de savoir combien de femmes siègent dans les équipes de médiation, les comités locaux de sécurité ou les programmes de relèvement communautaire. Sans indicateurs publics et réguliers, les engagements restent difficiles à évaluer et à corriger.

Les provinces demandent une écoute plus directe

Les réalités de Goma, Beni, Butembo ou Bunia ne peuvent pas être décrites uniquement depuis la capitale. Dans ces villes, des associations féminines accompagnent les déplacés, documentent les violences, facilitent le dialogue et maintiennent parfois un lien entre des quartiers séparés par la peur. Leur expérience permet de repérer des signaux que les administrations centrales voient tardivement.

Cette proximité donne aussi aux femmes une connaissance fine des besoins quotidiens. Elles savent où l’accès à l’eau devient dangereux, quelles routes ne sont plus fréquentées et quelles familles hésitent à signaler une disparition. Les intégrer tôt dans la décision améliore donc la qualité de l’alerte et la pertinence des mesures de protection.

Une participation qui doit avoir du poids

Inviter davantage de femmes dans une salle ne suffit pas si leur avis ne modifie aucune décision. La question centrale est celle du pouvoir réel accordé aux participantes. Disposent-elles des informations nécessaires, d’un droit de proposition et d’un suivi de leurs recommandations ? Peuvent-elles contrôler l’usage des budgets consacrés à la paix et à la sécurité ?

La crédibilité du processus dépendra aussi de la diversité des profils retenus. Les femmes rurales, les jeunes, les déplacées, les personnes vivant avec un handicap et les représentantes des zones directement affectées doivent pouvoir être entendues. Une représentation limitée aux organisations les plus visibles risquerait de reproduire les mêmes distances avec le terrain.

Le financement reste le test décisif

Les plans nationaux produisent peu d’effets quand les acteurs locaux manquent de moyens pour se déplacer, recueillir des alertes ou soutenir les survivantes. Les provinces ont besoin de budgets prévisibles, assortis de règles claires et d’un contrôle public. Les partenaires peuvent accompagner cet effort, mais l’État doit rester responsable de sa continuité.

Un financement utile ne se mesure pas uniquement au montant annoncé. Il faut regarder la part réellement décaissée, les délais, les zones couvertes et les résultats obtenus. Cette transparence permettrait de distinguer les projets durables des activités ponctuelles organisées autour d’une journée commémorative.

Après le forum, la publication d’un calendrier

La prochaine étape devrait être la diffusion d’un calendrier de mise en œuvre compréhensible par le public. Il pourrait préciser les objectifs par province, les administrations responsables et les dates d’évaluation. Les organisations féminines pourraient alors suivre les engagements et signaler les retards sans attendre un nouveau forum national.

Le message porté à Kinshasa est simple : les femmes ne sont pas seulement des bénéficiaires de la paix, elles en sont des actrices. Pour que cette idée devienne une pratique, les recommandations de la rencontre devront entrer dans les décisions de sécurité, les budgets et les mécanismes de contrôle. C’est à ce niveau que se jouera la véritable portée de la résolution 1325 en RDC.

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