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Rentrée parlementaire : Kabuya propose 18 heures face à la marche de la C64

Rentrée parlementaire : Kabuya propose 18 heures face à la marche de la C64
L’intérieur du Palais du Peuple en novembre 2011. Photo d’archives : MONUSCO/Myriam Asmani, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons. L’image ne montre pas les préparatifs du 15 septembre 2026.

À cinq jours de la rentrée parlementaire, Augustin Kabuya a demandé que la cérémonie d’ouverture de l’Assemblée nationale commence à 18 heures le 15 septembre. Le député de Mont Amba et président intérimaire de l’UDPS invoque la marche annoncée le même jour par la Coalition Article 64, dont le point de chute doit être le Palais du Peuple.

La proposition ne change pas la date constitutionnelle. Elle cherche à séparer dans le temps l’arrivée des élus et la mobilisation de l’opposition. Mais un nouvel horaire, à lui seul, ne règle ni le parcours des cortèges, ni l’accès au Parlement, ni la présence annoncée d’une autre marche favorable au pouvoir. Au 10 septembre, les comptes rendus consultés ne faisaient état d’aucune décision du bureau de l’Assemblée nationale sur la demande.

La Constitution fixe la date, pas une heure précise

L’article 115 de la Constitution prévoit que la seconde session ordinaire du Parlement s’ouvre de plein droit le 15 septembre et se clôture le 15 décembre. Le texte fixe donc un jour, mais n’impose pas une heure pour la cérémonie. La demande de Kabuya, formulée dans une lettre datée du 7 septembre, peut ainsi être examinée sans repousser l’ouverture à une autre date.

Dans sa correspondance, l’élu propose un début à 18 heures plutôt qu’aux heures habituelles de la journée. Il avance trois raisons : réduire les risques de confrontation, limiter les perturbations de la circulation et préserver le caractère solennel de la rentrée. Ce sont des objectifs de prévention. Ils ne permettent pas encore de savoir comment seront organisés les accès au Palais du Peuple, siège des deux chambres, ni à quelle heure les activités politiques extérieures prendront fin.

La C64 veut maintenir la pression devant le Parlement

La C64 a confirmé le 3 septembre sa mobilisation contre ce qu’elle présente comme un projet de changement de Constitution susceptible d’ouvrir la voie à un troisième mandat de Félix Tshisekedi. Cette interprétation appartient à la coalition. Le retour devant les chambres de la loi encadrant le référendum est établi, mais il ne constitue pas en lui même la preuve qu’une modification constitutionnelle précise a déjà été déposée.

À Kinshasa, l’opposition veut se rendre devant le Palais du Peuple pour interpeller les députés. Le choix du 15 septembre donne à la marche une portée symbolique évidente : la rue et l’institution sont appelées à parler le même jour, au même endroit, mais pas selon les mêmes règles.

La liberté de manifestation est garantie par l’article 26 de la Constitution. Les organisateurs doivent informer par écrit l’autorité administrative compétente lorsqu’un rassemblement se tient sur la voie publique ou en plein air. La protection de ce droit doit aller avec celle des personnes, des biens, de la circulation et du fonctionnement du Parlement.

Une seconde marche annonce le même point d’arrivée

La difficulté ne se limite plus à un face à face entre élus et opposants. La Jeunesse républicaine a elle aussi annoncé une marche pour le 15 septembre, à partir de 10 heures, de l’échangeur de Limete vers le Palais du Peuple. Cette structure dit vouloir contester les positions de la C64 et soutenir les orientations du camp présidentiel.

L’annonce a été rapportée à partir d’un communiqué de l’organisation. Elle ne permet pas de présumer du nombre de participants ni des décisions que prendra l’autorité urbaine sur l’itinéraire. Elle ajoute néanmoins un paramètre concret : des groupes défendant des positions antagonistes pourraient viser la même zone au cours de la même journée.

Dans ces conditions, déplacer la cérémonie en soirée peut réduire un chevauchement, mais pas garantir la séparation des foules. Une marche peut durer plus longtemps que prévu, des participants peuvent rester sur place et les axes empruntés par les députés peuvent croiser ceux des manifestants.

Le plan de circulation devra être lisible avant le 15 septembre

Le débat sur 18 heures ne devrait pas masquer les décisions pratiques attendues. La ville devra préciser les itinéraires retenus, les horaires, les zones réservées, les déviations et les accès maintenus pour les riverains, les secours et les journalistes. Les organisateurs ont, de leur côté, la responsabilité de désigner des interlocuteurs capables de transmettre rapidement une consigne à leurs militants.

Un dispositif crédible doit empêcher le contact entre cortèges rivaux sans transformer tout le quartier en espace inaccessible. Les restrictions éventuelles doivent être annoncées assez tôt pour que travailleurs, commerçants, élèves et conducteurs puissent adapter leurs trajets. Une information tardive déplacerait le désordre vers les avenues voisines.

L’impartialité sera le vrai test politique

Le 15 septembre ne sera pas seulement une rentrée institutionnelle. Ce sera aussi un test de gestion démocratique de la contestation. Les forces de l’ordre devront protéger les parlementaires et encadrer les rassemblements avec la même exigence de retenue, tandis que les organisateurs devront prévenir les provocations et respecter les parcours convenus.

Le bureau de l’Assemblée nationale peut encore clarifier rapidement l’horaire retenu et les modalités d’accès. L’autorité urbaine peut, elle, réunir séparément ou ensemble les responsables des mobilisations pour rendre les engagements vérifiables. Plus les règles seront publiques, moins les rumeurs pourront dicter les déplacements.

L’idée de 18 heures offre une marge d’organisation. Elle ne deviendra une mesure d’apaisement que si elle s’inscrit dans un plan complet, communiqué à temps et appliqué sans préférence politique. C’est à cette condition que le Parlement pourra ouvrir sa session et que les citoyens pourront exprimer leurs positions sans que la journée bascule dans la confrontation.

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